I. F.es Sentiments
dances; c'est, de part et d'autre, la limite extrême où la tendance disparaît pour faire place à Pacte lui-même ou à la complète paralysie.
Quand les tendances d'arrêt ou de mouvement sont inconscientes, on appelle plus spécialement appétit le complexus qu'elles forment. Quand elles sont conscientes, on l'appelle plutôt désir et c'est sous cette espèce qu'elles se prêtent le mieux à la description et à l'analyse.
Prenons donc comme exemple un désir organique, la faim, et tâchons de détailler son contenu psychique et son contenu moteur.
« Dans son degré le plus faible, dit M. Beaunis \ la faim (( consiste en une légère sensation épigastrique qui mérite à « peine le nom de malaise et que l'on considère plutôt « comme agréable. Il serait cependant bien difficile de dire « si cette sensation prise en elle-même est réellement « agréable ou si plutôt elle ne le devient pas, par l'idée que « nous avons que nous pouvons satisfaire, quand nous le (( voudrons, ce besoin de manger. Si ce besoin n'est pas (( satisfait, les sensations de la faim augmentent et deviennent (( franchement désagréables et même pénibles. Elles sont en (( général rapportées à l'épigastre et, à un degré plus intense, « envahissent toute la région abdominale ; c'est à la fois une (( sensation de vide et une sensation de resserrement qui « parcourt tous les degrés et présente de nombreuses va- « riétés, constriction, crampes, tiraillements, pincements et (( arrachements. Mais ces sensations ne se localisent pas seu- « lement à l'épigastre et dans le ventre ; elles s'étendent à « la poitrine et à l'arrière-gorge ; il y a des battements, de « la céphalalgie, de la constriction des tempes. » Ce tableau ne serait pas complet, si nous omettions la sensation générale due à l'appauvrissement de l'organisme et à l'insuffisance de la nutrition, sensation qui résulte, elle-même, d'une infinité de sensations confuses, mal définies et partant des diverses régions du corps.