I. Psychologie de l'attention, p. 4o
MLCAMSME ORIGT>EL DE LA TRISTESSE ET DE LA JOIE l85
C'est toujours à ces deux éléments, négatif et positif, que se ramènera la surprise.
Qu'elle se produise pendant qu'on s'abandonne à la reNerie ou qu'on délibère sur une résolution à prendre, elle aura toujours pour caractères essentiels de rompre les processus de notre idéalion actuelle et de cboqucr un nombre plus ou moins considérable dbabitudes.
Lélal intellectuel y est nul ou à peu près : l'état affectif y est tout: c'est le choc.
Et, quand la surprise est grande, ce choc se traduit objectivement par des phénomènes moteurs mesurables que nous étudierons plus tard et dont la conscience, plus ou moins confuse, est à la ba.se affective de la surprise. On se sent tressaillir, on sent le cœur et les muscles respiratoires s'arrêter j)our exécuter ensuite des mouvements rapides. « On reçoit une conimotioUy on perd haleine, on a la j'cspiration coupée. »
Presque aussitôt, un étal niclé d'attente et de curiosité se produit, très analogue à l'attention spontanée ; c'est une sorte de convergence automatique de la pensée et de toutes les fonctions disponibles vers le fait nouveau qui doit être reconnu et classé ; c'est la confrontation des tendances qui viennent de naître avec la cause qui les a provoquées. — Alors l'élément intellectuel, comme dit M. llibot, « reprend le (( dessus sur l'élément émotionnel' w. Le sujet entrevoit confusément que des associations nouvelles vont être formées, que des associations anciennes vont être dissoutes ; il a comme une prévision de l'émotion qui va suivre.
A cet étal intellectuel correspond l'état alfectil" de ialIcMition spontanée, c'est-à-dire, la conscience des mou\ements habituels, expressions ou gestes, qui caractérisent cette forme de l'attention ; encore faut-il y joindre quelques expressions nouNclles connue la hoiulic qui l)Mi(\ les mains (jui s'écartent, la paume en a\ant, et la conscience de ces expressions.
On ne saurait douter (pie celle première émotion niarcpie