Des Passions de l'Ame, arl
MÉCAMSME ORIGINEL UE LA TRISTESSE ET DE LV JOIE iS"
Je pourrais analyser encore certains étals plus ou moins voisins de la surprise qui précèdent parfois les émotions de joie et de tristesse, parler par exemple de la stupéfaction, où le ])reiiiier choc mental est à la fois si imprévu et si \iolenl fpi'il ne détermine aucune réaction mais au contraire une sorte de paralysie de (ouïes les fondions mentales: je prélère m'en tenir, pour une partie qui n'est pas strictement tle mon sujel. aux cas de surprise les plus courants, et je passe au second moment de lémolion-choc.
\oici la surprise passée; le sujet se reconnaît, il associe, il imagine, et suivant les cas il se lamente ou se réjouit. — Que s"est-il passé dans Tidéation? Voyons d'abord la tristesse.
« La douleur morale, dit M. Ilibot', se présente sous « trois formes :
« Positive: C'est une dépense de nlou^emenl, la repré- « sentation d'un travail épuisant, d'un effort incessant à « recommencer, qui est déjà senti dans la conscience par « anticipation. Tel est le cas d'un candidat refusé à son e.\a- « men et qui ne peut pas y renoncer.
« Négative: C'est un arrêt de mouvement, un amoindris- « sèment; la conscience d'un déficit, d'une privation, de « besoins sans cesse renaissants, sans cesse frustrés. La « mort d'une personne aimée en est le plus parfait exemple.
« Mixte : Comme chez le millionnaire ruiné ou le roi « détrôné qui se remettent à l'œuvre pour reconstituer leur « [)assé. D'une pari, représentation des longs travaux d'une « nouNclle conquête; d'autre t)art, tendances de toute sorte « jadis satisfaites, maintenant enra\ées d'une manière « inexorable. »
Je ne vois aucune objection contre celte première analyse, à condition qu'on me permellc d'ajouter que le troisième Ivpe est le [)his frécjueni, que la tiistesse absolument posi ti\e ou absolumenl iiégatiNc (^st fort rai(\ cl ((U(> la plupart des tristesses Icndciil. |)lu*> ou moins, à réaliser la ioiuic mixte.