‹ La tristesse et la joieChapitre 70 sur 146 · I. Coninciidium niit.sicdc. Pt (i('not(inJ(i . u"" a ol ii · texte numérisé non relu

I. Coninciidium niit.sicdc. Pt (i('not(inJ(i . u"" a ol ii

même qu'une excitation physique agréable est celle qui convient au nerf et met en jeu son activité sans Tépuise-r, de même une excitation morale agréable est celle qui met en jeu, sans répuiser, la fonction de représentation et d'association. De même que le plaisir physique correspond à une activité moyenne du nerf, de même le plaisir moral est lié à une activité moyenne du cerveau.

Bien que nous n'ayons pas distingué deux espèces de joies morbides, nous avons cependant opposé la joie sans excitation mentale à la joie avec excitation mentale, caractérisée par un sentiment spécial de plaisir surajouté au sentiment général de puissance.

Or nous pouvons constater, chez le normal comme chez le malade, sinon deux façons différentes de réagir, du moins deux formes de joies caractérisées par la prédominance du sentiment de puissance ou par la prédominance du plaisir moral.

Dans le premier cas, le sujet ne détaille pas la dissociation et la réassociation déterminées par l'événement heureux ; s'il vient de gagner le gros lot, il prend rapidement conscience de son gain et de ses conséquences ; les représentations durent peu et ce n'est pas par la richesse de l'idéation, que de pareilles joies se distinguent.

Cette première excitation consciente et légère suffirait déjà pour tonifier son activité par un mécanisme physiologique et direct mais ce n'est pas la seule cause du sentiment de puissance qui se produit, il en est de moins directes et de plus psychologiques.

Toutes les fonctions mentales dont le jeu peut être lié à Févénement heureux sont directement stimulées ; les instincts, les désirs, l'intelligence, la volonté bénéficient de la même impulsion, le sujet sent qu'il va être plus libre de jouir, d'agir, que sa puissance s'est accrue, que son pouvoir sur le reste du monde s'est augmenté. Sous une forme plus ou moins claire, une infinité de tendances positives, de tendances motrices, s'éveillent en lui, et se traduisent par ce sentiment d'activité musculaire, de légèreté, que nous avons déjà signalé. Sans excitation cérébrale, il savoure ce sentiment.

Page 1