‹ La tristesse et la joieChapitre 74 sur 146 · I. Actes delà Société Linnéenne de Bordeaux, t. lu · texte numérisé non relu

I. Actes delà Société Linnéenne de Bordeaux, t. lu

des artériolcs de Torgane, se produisant avec synclironisme, donnent lieu à une pulsation d'ensemble qui s'inscrit comme le pouls radial. On doit toute fois noter que ce pouls des organes n'est pas constant et que pour le faire apparaître avec netteté, il faut en général faciliter la vaso-dilatation des artérioles par un léger massage de l'organe sur lequel on expérimente.

Les variations d'ensemble donnent lieu à des ascensions ou à des chutes totales du tracé, suivant qu'il y a afflux ou retrait sanguin.

MM. Hallion et Comte, par l'emploi d'un pléthysmographe à air d'application pratique qui s'adapte à un doigt de la main, inscrivent à la fois les variations pulsatiles et les variations totales.

L'expérimentateur peut ainsi combiner les renseignements simultanés que lui fournissent les variations du niveau général du tracé plétliysmographique et les variations du tracé du pouls des organes.

Je me suis beaucoup servi de cet appareil, mais, pour obtenir les tracés que j'ai publiés, je lui ai substitué le pléthvsmographe à air des mêmes auteurs, en caoutchouc cylindrique, qui inscrit les variations pulsatiles et totales de tous les doigts. — On risque, dans ce cas, d'inscrire des mouvements musculaires, mais on apprend vite à les reconnaître, pour les éliminer, et l'on obtient des tracés plus nets parcequ'ils sont plus grands.

4" La pression du sang, dans un point quelconque de l'appareil circulatoire, est, normalement, en raison inverse de la distance qui sépare ce point du sommet ventriculaire gauche. Cette pression se traduisant, sur tout le parcours de l'arbre artériel, par une tension artérielle correspondante, les termes de pression sanguine ou de tension artérielle sont écpiivalenls.

Cette pression a été très facilement évaluée, chez l^uiinial, au moyen de manomètres amorcés a\ec les artères. Chez rhoimue on emploie des appareils plus inoUensifs, mais moins précis.

Je me suis sc^vi peiidanl longtemps du sphvginomètre île Bloch et tle (îliéron (•nii>|iiiii par Ncrdin.

C'est un instrument à ressort avec lequel on écrase la radiale au poignet jusqu'à ce que le pouls ne soit plus perceptible au doigt ; la pression nécessaire à l'écrasement est évaluée en grammes au moyen d'un dynamomètre-boudin. Elle mesure la pression artérielle.

Cet instrument a été très vivement et peut-être trop sévèrement critiqué ; sans doute son emploi suppose à tort que toutes les radiales humaines ont la même largeur au poignet puisque la pression est censée s'exercer sur une surface constante, mais les variations que j'ai notées sont assez considérables pour qu'on puisse négliger cette légère chance d'erreur.

Cependant l'usage de ce sphygmomètre m'ayant attiré quelques critiques, je me sers depuis trois ans du sphygmomanomètre à air de Potain. — On écrase l'artère avec l'ampoule de caoutchouc, jusqu'à ce que le pouls ne soit plus perceptible au doigt, et on lit la pression sur un petit manomètre adapté à l'ampoule. Cet instrument est d'un usage clinique aussi pratique que le précédent et il a l'avantage de convenir à toutes les radiales, quelle qu'en soit la largeur. C'est sur le conseil de M. Marey que je l'ai adopté. Je dois ajouter toutefois que les résultats obtenus ne m'ont pas paru différer sensiblement de ceux que j'obtenais avec le sphygmomètre de Bloch et C héron.

Il y a d'ailleurs d'autres moyens de reconnaître, sinon d'évaluer, les variations de la tension artérielle par la simple inspection des tracés sphygmographiques ou pléthysmographiques. Quand la tension est très forte, on constate en général un amollissement du dicrotisme aussi bien dans le pouls radial que dans le pouls des organes. — L'artère trop distendue ne peut rendre à l'ondée sanguine toute la force qu'elle a emmagasinée.

On admet, depuis les belles expériences de M. Marey, que les rapports de la tension artérielle et de la vitesse de la circulation sont réglés par les lois suivantes :

1° La pression augmente avec la vitesse quand l'augmentation de pression vient du cœur ;

PSYCnOPIIYSIOLOGIK DE L\ THTSTESSE ET DE I.V JOIE 32.3

2° La pression diminue avec la ^ilesso quanti la diniinulion de pression vient du cœur;

o" La vitesse diminue et la [)ression augmcFite quand la circulation rencontre un f)l)stacle périphérique (constriclion et arrêt dans les vaisseaux) :

!x° La vitesse augmente et la pression diminue (piand la circulation périphérique est favorisée par le relâchement des pelils \ aisseaux.

Dans son livre justement célèbre sur In Peur, Mosso ne s'est pas servi de tous ces instruments. Il a employé le plélhvsmo- ,i:raphe à eau, cpi'il venait d'inx enter, le j)iieumo<,'-raphe, un cardiographe et un appareil enregistreur du pouls cérébral. 11 a eu en eflet la bonne fortune de rencontrer un certain n()nd)re de sujets dont le cerveau avait été mis à nu. soit j)ar des Iraumatismcs, soit par des maladies de la calotte osseuse.

Il arrivait ainsi au\ conclusions suivantes :

Sous linfluence de toutes les émotions brusques ([uelle qu'en soit la qualité, le sang se retire des mains, des pieds, des membres, pour refluer vers le cerveau et le rvthme ca Ithaque s'accélère.

l'^n même lenq)s les mouvements respiratoires présentent trois ])hases constantes : i" une inspiialion [iiofontle, •>" un ariél. \\^ une accélc'ration.

Vax iS<)(), \l\i. Binel et (^)urller ont i(>|)i'is les expériences (le M()>>(i tlaiis l(MH- labdiatoin» (ks Hautes l'^tudes (M publié le résultat tle leurs, recherches tlans l'Année psi/- (■/io/()i^/(fnc tle i<"^N)7. ('onune Mt)sso. ils ont surtout étutlié les émotit)ns cIhx^s cl non les (Muotions s(Milinients et ils prennent le soin de spt'cifier nettement Tobjel de I(mu- élude pour é\ilei- toute confusion.

C-ela \)n^('\ |(iul(>N |(»s (Muolions chocs (ju'ils éludicMit, emprise, jctie, dégoût. an\i(''t(''. leuionl paiii ^'(^xpiiuKM- pailes mêmes [)hénomènes j)h\siologi(pi(>s :

i" Il y a xaso constriclion périphériijue.

(( Dès qu'il se produit une excitation venant du dedans on « du dehors et quelle que soit la nature de cette cxcitalion.

« le pouls se rapetisse et donne les signes d'une vaso-con- « striction. Cette vasoconstriction se produit quelle que soit (c la qualité émotionnelle de rexcitation, et on j)eut ajouter: « quand même l'excitation ne serait accompagnée d'aucune (( qualité émotionnelle, coimiie par exemple un choc de surce prise qui n'est par lui-même ni agréable ni dcsagréal)lc\ »

2° Il y a accélération cardiaque :

« Nous constatons pour le cœur une tendance à l'accélé- (( ration quand l'excitation a été forte ; cl là aussi il ne « semble pas nécessaire de faire une distinction entre les «sensalions agréables et les sensations pénibles. »

3° 11 y a accélération du rythme respiratoire et en même temps une augmentation de profondeur et un effacement de la pause respiratoire ^

4° Il y a enfin, d'après MM. Binet et Yaschide, augmentation de la pression sanguine :

(( Une émotion spontanée très forte, qu'elle soit de nature agréable ou pénible, peu importe, élève la pression de trente millimètres' » (à la radiale).

Plus récemment encore MM. les D"^* Lherminier et Pachon* ont repris les expériences de MM. Courtier et Binet touchant le rapport de l'activité cérébrale et des phénomènes vasomoteurs périphériques. Dans l'exposé de leur méthode ils insistent beaucoup sur un point qui leur parait capital. — On doit tenir grand compte, pensent-ils, dans l'étude des phénomènes vaso-moteurs, de l'influence du cœur.

L'ascension du tracé peut avoir pour cause par exemple soit une dilatation active des vaisseaux, soit une dilatation passive déterminée par une augmentation de la tension artérielle d'origine centrale. La chute du tracé peut de même être produite soit par une constriction active des vaisseaux, soit par une diminution de la tension artérielle d'origine centrale.

Le phénomène de vaso-constriction ne sera donc alTirmé

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