‹ La tristesse et la joieChapitre 76 sur 146 · Année i)sycltulu^i(iuc, iî^<J7. J». <j:i · texte numérisé non relu

Année i)sycltulu^i(iuc, iî^<J7. J». <j:i

phénomènes constants. Sans entrer dans des détails aussi précis de pliysiologie, Spencer' n'hésite pas à considérer que tonte émotion-choc se traduitd'ahord par des phénomènes d'excitation nerveuse, et c'est une opinion généralement acceptée.

Ce qu'il faut se dire, pour sortir de cette apparente dilïiculté, c'est que Fe^icitation nerveuse n'est pas nécessairement [)ro[)ice au ibnctionnemcnt régulier de la pensée.

Sans doute si on la considère sous sa forme la plus atténuée (légère accélération de la respiration et du pouls, légère vaso-dilatation cérébrale et légère vaso-constriction périphérique), il se peut qu'elle soit, pour la vie mentale, un stimulant, mais en général, sous sa forme courante, elle constitue une dépense exagérée et inutile, elle est ce que Spencer appelle une décharge diffuse d'énergie, et, comme telle, on conçoit bien qu'elle puisse être épuisante. — Le même phénomène, qui se traduit dans l'ordre mental par la prédominance des éléments automatiques sur les fonctions de synthèse, se traduit dans l'ordre physique par l'incohérence et l'exagération des phénomènes moteurs ; c'est, de part et d'autre, une réaction épuisante qui échappe à la volonté, qui la paralyse et, pour im temps, la dissout.

Telle est la physiologie de l'émotionchoc, qu'elle soit ou non suivie de l'émolion- sentiment de tristesse ou de joie qui nous occupe.

Mais une émotion-choc, qui se produit ainsi avant la tristesse et la joie, peut aussi bien se produire pendant la tristesse et la joie, et dès lors, il devient intéressant de comparer au point de vue physiologique les réactions émotives du triste et les réactions émotives du joyeux.

Nous avons déjà fait, chez Marie, la comparaison psychique de deux émotions- chocs provoquées par la même cause, l'une pendant la tristesse, l'autre pendant la joie, et nous avons pu constater que l'émotivité très faible pendant la tristesse était très forte pendant la joie. — La comparaison physiologique des deux états est tout aussi instructive.

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