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L'expression des Emotions, p. 8i

les termes de métaphysique spencérienne dont la pensée s'embarrasse à la fin, c'est par un excès de pression et une accélération du poids cpic DarAvin caractérise la joie et nous ne sommes pas loin de Bernard. S'ils avaient pu avoir l'un et l'autre des moyens plus précis d'évaluer la tension artérielle, c'est sans doute de joie à hypertension qu'ils auraieut parlé.

Je crois, pour la joie comme pour la tristesse, que les deux théories de Bernard et de Lange correspondent chacune à un mécanisme particidior, cl je vais essayer de le montrer.

Dans un premier groupe de joies, la vasodilatation périphérique paraît bien être le caractère primitif, suivant la théorie de Lange.

Marie, dans les premiers jours de sa joie et dans le courant même de sa joie, présente souvent une vaso-dilatation périphérique très notable avec hypotension artérielle et accélération du cœur. Les mains, les pieds, les joues sont colotrés et chauds, l'activité cérébrale facile, le pouls des organes oiijours présent (fig. 27).

l'iG. :>.-. — Pouls digital de Marie joyeuse (hypotension). — i3 secondes.

C'est un pouls am[)le et dicrote.

La tension arléiielle rcsle basse et ne dépasse guère 10 ou 12 ce n l i m è l r(^ s de m c rc nie.

Le pouls radial se maintient dans les environs de 80 et i)ré sente, comme le pouls digilal.un dinolismelrès nel (lig. 28).

Fig. .78. — Pouls radial de Marie joyeuse (hypotension).

La respiraliou > élè\e de 12 à 20. (K^niiniI plus ample el donne le tracé sui\anl (lig. 2()) :

Respiration de Marie joyeuse

i3 secondes.

La capacité respiratoire passe de 2 litres 5oo à 3 litres.

Voilà un ensemble de symptômes qui s'opposent assez nettement à ceux de la tristesse à hypertension et que nous pourrons facilement expliquer par la vaso-dilatation périphérique.

Tout d'abord, la vasodilatation se reconnaît à Félévation du pouls digital.

Cette vasodilatation est active, c'est-à-dire qu'elle résulte ou de la paralysie des vaso-constricteurs ou de Texcitation des vaso-dilatateurs, mais non d'une augmentation de la pression sanguine. INous sommes en effet en hypotension comme en témoignent le dicrotisme des deux pouls et nos mesures directes. Cette vaso-dilatation est primitive par rapport aux autres symptômes vasculaires. Nous savons en effet, d'après la loi de Marey, que si la vitesse augmente tandis que la pression diminue c'est à la vasodilatation périphérique que l'on doit attribuer ces deux phénomènes simultanés.

Enffn cette vasodilatation, qui se traduit dans les extrémités par la chaleur et la rougeur de la peau, se traduit dans le cerveau par l'hyperhémie, et concourt, sans doute, à entretenir l'activité idéale et motrice, mais ici, comme pour la tristesse, je n'ose expliquer, parles seules variations circulatoires, les variations de l'activité cérébrale qui peut, dans bien des cas, être primitive et causale par rapport aux phénomènes a asculaires, commeje l'indiquerai plus tard. Notons seulement que cette activité paraît déterminer ici l'accélération respiratoire*.

Ce type est réalisé la plupart du temps par les paralytiques généraux excités, et favorisé chez eux par une paralysie véritable des vaso-constricteurs que j'ai étudiée il y a quelques années avec le D'' Klippel ^

1. Cf. Paclioii, op. cit. Rdle du cerveau dans la rcapiralio/i.

2. Communication au Con^Tes de Médecine mentale de Bordeaux, 1894.

pSYCiîOPTnsioi.oGfi: de

Soit E. K.., paralytique irénéral rnégalomano qui ia|)|)ollo beaucoup, ])ar ses exceniricités, le paral\ tique M. .. dont jai déjà cité robservalion.

Nous Iromous chez lui :

Vaso dilatation périphérique ;

Hypotension (lo centimètres de mercure) ;

Accélération du comu- (o-j) ;

Accélération de la respiration (19):

La vasodilatation Jie se traduit [)as par une élévation delà température ou une coloration des tissus mais seulement par un pouls di^rital très am[)le.

Ce pouls di^'-ital ne peut tenir à la pression sanguine puisque nous sommes en hypotension ; il tient donc à un étal particulier des vaso-moteurs et, dans ce cas, cet état est une paralysie des vaso-constricteurs.

Tout le monde sait en eflet, que si, après avoir fait apparaître le pouls des organes dans les doigts de la main par un léger exercice, on pique brusquement la main ou lun des doigts, une vasoconstriction presque immédiate se produit dans les artères. — Après deux ou trois secondes au plus, le tracé ondulé se transforme en tracé rectiligne et ne rede- \ient ondulé que 10 ou i5 secondes plus tard. Ce réflexe vaso-moteur a été très bien étudié par^ïM. Hallion et Comte, par MM. Binet, Courtier, Pachon, Lherminier et je Tai moimême inscrit à proj)os de rémotion-choc. — Ce qui est

intéressant ici, c'est (jue chez F. K pas plus que chez M...

le réflexe ne se jiroduil et que le tracé du pouls digital garde les mêmes ondulations, avant conuiie a|)rès la piqûre (lig. 00).

FiG. 3û. — Iléllexe vasomotour consécutif à une piqûre (-^ ) chez un normal' et cliei F. K..-,

Malgré riiypolension, le clicrotisme apparaît à peine, comme si les artérioles relâchées avaient perdn leur élasticité.

Ce premier symptôme une fois posé, les autres symptômes vasculaires s'ensuivent nécessairement et, si je n'insiste ]>as sur cet enchaînement, c'est que je n'aurais qu'à me répéter.

Je citerai cependant comme exemple de joie à hypotension un dernier cas ohservé chez Charles B.., une sorte de malade assez complexe, qui a été l'objet de plusieurs diagnostics contradictoires, jusqu'au moment où il a fait nettement de la paralysie g:énérale.

Quand je l'ai suivi il présentait lour à tour un jour d'excilation et un jour de dépression. Le jour où Charles est excité, il sort volontiers de sa chambre et se tient dans le couloir de l'infirmerie avec les au 1res malades ; il mange volontiers, dit qu'il se porte bien, qu'il n'est plus malade. — Le jour où il est déprimé, il reste dans sa chambre et refuse quelquefois de manger. — Quand on l'interroge sur sa santé i! répond qu'il se trouve mal et qu'il voudrait bien sortir de l'asile pour rentrer chez lui. C'est tout ; j'ajoute que, déprimé ou excité, Charles est si pauvre d'idées ou d'images que je n'ai pas cru inléressant de décrire son état mental, lorsque j'ai traité de la ps\ chologie de la tristesse et de la joie. Les sym]jtômes physiologiques eux-m''mes ne seraient pas très significatifs s'ils ne s'opposaient entre eux et ne gagnaient en netteté par celle opposition.

La journée de dépression se caractérise ainsi :

Mains froides mais pas décolorées, pas de pouls des organes ;

Pouls radiaf 96 ;

Tension artérielle 17 ;

Res])iration r8.

La journée d'excitation se caractérise ainsi :

Mains chaudes, pouls des organes marqué ;

Pouls radial 1 10 ;

Tension artérielle 1 4 ;

Respiration 24.

psYCOPTTYSiOT.or;ir. ni: i.\ ir,isiT>sr rr dt: i. v joie s>.j.)

A oici les liacôstlii prnils difiilal cl tic l.i io>|)irali()ii poiiclaiil los l\c\}\ ])('ii()(Jes (li^r. 3i cl .')'i).

Ftr.. .11. — Pouls digital do I> trislo ' ol de R. jovoiix -.

J'arrolo ici los oxoniplos do joio à liypotonsinn. — Aulant qiio j'ai \m on jii,iror. ollos sdiiI pins fivqnonlos cjno los Irislossos à livpoiionsion anxcpiollos ollos s'opprtsonl ; on los ron- (Miilio non sonlonionl clioz los cirrnlairos. clio/, los ])aial\ti- (|nos i^ônôraux, mais ohez d'antros nialados ol, par donx lois, jai (Ml rorcasion dVn oonstalor los syni])lonios choz dos phtisiqnos.

Los joios los |)lns frofjnonlos sont copondant los joios dn socond frronpo, rollos cpii sOpposonl anx liistossos à liv[)olonsion.

Dans 00 «^ronpo so olasso lo ])lns s((n^onl Mario, noiro ciicnlairo, surlont vois lo niilion ol vorsla (in do sa poriodo gaio.

Los mains, los |)io(ls. los joiios sont colorôs ol cliands. raclivitô monlalo ol physique est extrême, le pouls des oriranos, très inar((ué, |)ord un |)ou i\o son diorotismo à cause (l(^ la tension (liii. ,'v)).

FiG. .'^3. — Pouls digital de Marie joveuse (liyportonsion). — i.S secondes.

Le pouls radial é^^•\lolnonl très maïqué so niodilio dans lo mémo sons (lit--, .'i,'-)).

Fiu. .'ji>. — Pouls radial de Marie joveuso ( livportonsion).

psycnopiFv^roT.or.ir: \w.

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