‹ La tristesse et la joieChapitre 86 sur 146 · Landois. Traité de Physiologie humaine, p · texte numérisé non relu

Landois. Traité de Physiologie humaine, p

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(( férents, et clifTéremmcnl senties, comme peut en témoigner (( le sentiment intime de chacun » '.

Un peu plus loin', il ajoute : « Mon impression est que Lange simplifie et généralise un peu trop les phénomènes dans cette description et, en particuher, qu'il exagère le fait de Fanémie ».

Tout cela* est parfaitement juste et nous n'avons guère qu'à développer ces critiques, en les précisant.

Ce qui a fait l'indécision et finalement l'erreur de Lange, c'est qu'il n'a pas distingué la tristesse proprement dite de la tristesse active qui en diffère cependant par des caractères précis.

La tristesse proprement dilo. cesl la tristesse oii le cœur et la respiration se ralentissent, où la circulation périphérique languit. Dans une tristesse de ce genre, les larmes ne coulent pas.

Dans la tristesse active, qui se caractérise par l'accélération de la respiration et du cœur et par l'hyperhémie périphérique, les larmes coulent et elles coïncident en effet avec la rougeur du visage, le gonflement des paupières et autres symptômes d'hyperhémie locale.

Ln fait aurait dû frapper Lange comme il a frappé Darwin, c'est que la sécrétion des larmes se produit sous l'influence des émotions les plus opposées et en particulier dans la joie intense aussi bien que dans la tristesse. — Nous l'avons constaté nous-même chez nos joyeux; or, ici, nous avons hvperhémie périphérique, excitation, et le phénomène se ramène à la même loi.

Ce qu'il faudrait encore expliquer, c'est la localisation de l'hyjieractivité sécrétoire à la glande lacrymale, et ce serait là une étude très spéciale d'expression, bien plus qu'une étude généiale de circulation. Je lerai seulement remarquer qu'ici encore, on riscpierait fort de s'égarer si on perdait de vue le caractère général du phénomène pour s'attacher à des

I. Prificiples of psyc/tology, II. p. \\^.' •2. Principlcs of psYchology, II. [). \'\\.

considérations exclusivement locales. En réalité, les larmes sont sécrétées avec plus d'abondance quand il y a hyperhémie périphérique et excitation, mais il en est ainsi de toutes les sécrétions.

Ajoutons enfin que la théorie vasculaire n'explique ici comme ailleurs qu'une partie du phénomène ; considérée en elle-même, l'activité sécrétoire est, comme l'activité motrice, d'origine réflexe, et, comme telle, elle peut se lier à l'excitation des centres par l'intermédiaire des nerfs excito-sécrétoires. Dans ce cas, la physiologie de la sécrétion dans la tristesse, la soufïrance et la joie, doit faire une large place à cette influence.

Je joins aux mesures qui précèdent le résultat de quelques recherches sur les variations numériques des globules sanguins pendant la tristesse et la joie. Ces variations peuvent, comme on va le voir, nous éclairer sur les variations de la circulation périphérique.

M. Malassez, qui les a étudiées, a pu démontrer i** que le sang des capillaires et des veines est plus riche en globules rouges que le sang des artères dont proviennent les vaisseaux précédents ; ^'^que la quantité diminue par la section des vasomoteurs et qu'elle croit par leur excitation ; 3° que la chaleur et le froid produisent des effets analogues. — Ce sont là, pensait-il, des phénomènes dus à la concentration plus ou moins grande du liquide sanguin'.

Des recherches analogues conduisirent plus tard Cohnheim et Zuntz aux mêmes conclusions^.

Enfin, plus récemment, M. Chéron développait, devant l'Académie des sciences, la même façon de voir^.

Tous ces auteurs admettent que le nombre des globules est en rapport avec la concentration du sang et que ce nombre est d'autant plus grand que le sang est plus concentré.

Toutes les causes qui favorisent la diminution de l'eau

1. Comptes rendus de la Société de biologie, n» a3, II, 1889.

2. Cohnheim et Zuntz. Arch. fur. Gesch. der PliysioL, XLII, p. 3i3.

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