I. Tlio Journal of mental Science New Séries, n
n'est pas là qu'est riiitérèt de notre numération ; ce qu'il faut surtout remarquer, c'est la croissance et la décroissance régulière des globules pendant la dépression et l'excitation.
Ici la période d'état n'existe pas à proprement parler, puisqu'elle ne dure que ^ ingt-quatre heures, et nous n'avons pas à nous occuper des augmentations ou des diminutions chroniques dont Marie nous offrait l'exenq^le : nous n'avons jamais aflaire (|u"à des périodes de transition; aussi trouvonsnous toujouis une augmentation subite de globules pour la dépression et une diminution subite pour l'excitation, augmentations et diminutions qni correspondent sans doute aux constrictions et auv dilatations [)érij)héri(|ues de l'arbre artériel.
Je n'ai pas Aérifié sur dauties circulaiies le rapport de l'hypo ou de l'hyperglobulie avec la tristesse et la joie, mais les constatations qui précèdent sont, je crois, assez précises, et les expériences assez nondjreuses pour me permettre de conclure :
1*^ Que la joie qui s'accompagne de Naso-dilatation périphérique s'accompagne tout d'abord d'hypoglobulie apparente ;
•2'^ Que la tristesse rpii s'accompagne de vaso-constriction active s'accom[)agne Inni (Tnlxtiel dliN perglobulie appalente;
3*^ Que les longues [)ériodes de joie s'accompagnent vraisemblablement d'hyperglobulie réelle ;
V Qiic les longues périodes de tristesse s'accompagnent \raisemblablement d'hypoglobulie réelle.
Dans le premier cas. rin[)er ou rhvpogl(»l)ulie ap[)ar(Mites résultent iVww |)]i(Mi(»nièn(' niécanicpie de \aso constriction onde vasodilatation; dans le seconil ("as, l'hyper ou l'hvpi^globuli(^ réelles traduisent un |)hénomène il'ordre chinii(|U(^ et \ilal.
M. le \y V'cnaii. diicMicnr de iln^liliil j>s\ cliiMliicpK" (l(^ Reggio. après axnii- lu dixw^ la llcviir p/ii/oso/j/tùif/o^ \c
•j. Juin ivSijy.
278 I.A rniSTESSE ET LA JOIE
coiiiplc reiulu dos rocliorclics précédeiilcs, a essayé de recommencer mes expériences sur des éludiauls en médecine; il comptait leurs globules au moment où ils étaient appelés à subir leur examen et il les recomptait cinq minutes après Tevamen, quand ils étaient plongés, dit-il, « dans la joie d'être sortis \iclorieusement de Tépreuve )).
11 a trouNé. conlrairement à ce qu'il espérait après mes reclierclies, une angmentalion moyemie de 4^7000 globules après Texamen, et il ne s'étonne pas outre mesure de celte contradiction, car il remarque très justement que nous n'avons pas opéré dans des conditions identiques.
J'ai étudié pour ma })art des sentiments très simples de dépression pénible et d'excitation agréable, en relation iwcc des étals vasculaires bien délinis.
11 a clioisi au contraire des émolions beaucoup plus complexes connue Tapprébension d'un écliec, l'inquiétude dn succès, où l'espoir, la crainte, l'angoisse et la fatigue interviennent cerlainemenl .
Mêmes remarques pour la joie qui suit Texamen et qui est beaucoup plus compliquée que la satisfaction de Marie et de C lia rie s.
De plus, j'ai mesuré des émotions-sentiments, tandis qu'il a mesuré des émotions-cliocs et nous savons combien diiïèrc la pliysiologie de ces deux espèces d'états affectifs.
Malgré ces divergences, ou mieux à cause de ces diveigences même, M. le D'" Ferrari tire de ses numérations de globules des interprétations psycliologiques très intéressantes et il pense que la globulimétrie pourra devenir un piécieux moyen d'information pour étudier la circulation péripliérique.
Je le crois aussi, mais, bien entendu, à condition qu'on ne néglige aucun des renseignements que nous fournissent en même temps la tension, le pouls^ la température et les autres symptômes de ce genre.
Aussi ai-je pris soin de marquer ceux que nous connaissions déjà, cliez nos deux circulaires, même avant toute nuniérali(jn de .globules.
CIIAPITUE \1
rs^ciiociiiMiE j)i: i.\ TiiisTrssr rr m: i.v joie
Les phéiioinèncs (l(^ nuliilion élanl îles phénomènes chimiques, c'est sous le nom de psycho-chimie que j'étudierai le rappoit de la nutrition avec la tristesse et la joie.
Ce qu'on a[)pclle nutrition, au sens physiologique du mot, r"est le douhle phénomène d'assimilation et de désassimilation. Tout élément anatomiquc vivant possède en elTet la propri('ié d'être en relation d'échanges continus a^ec le miheu qui le baigne, d attirer et de s'incorporer les principes (jue ce milieu renferme pour les rejeter ensuite, après leur avoir fait subir certaines modifications. Ce milieu c'est le sang, qui apporte continuellement aux éléments anatomiques des principes nouNcaux cl qui enlève les produits de la combustion organique.
il y a donc un courant alVéïenl cl un courant elTércnl. Le C(^urant alTérent apporte les albuminoïdes. les graisses, les b\<ba(es do caiboiie. les piodiiils miiUTanx. le ga/ owgène dont les coud)inaisons avec les substances assimilables est la source de toutes les aclixilés fonctionnelles. Il a|)p(Ml(\ on (rauli("> Iciiues, le conibii^liblc cl le ga/. combuiaiil .
Le couraiil ('iVéïcnl emporter reaii. les seU, Tiu-i'c, l'acide urifjue. I acide ( ;nl)(iiii(|ii(' et aulrc^ produil> de désassimilalioii.
()n ne coniiaîl \)n> le mecam>me intime du plieiiomèiie cential : on ignore |)ar cpiel processus la ct^llule attire à elle telle substance tlu milieu and)iant et désoxyde l'hémogloljine
des globules sanguins ; ce sont là des phénomènes élémentaires que la physiologie n'a pu encore analyser, et qui constituent, de ce chef, des actes proprement vitaux.
Pour apprécier approximativement l'activité des phénomènes de nutrition, une méthode superficielle et commode est celle des pesées.
Nasse, qui Fa employée, en a tiré des résultats importants \
Il a constaté, en particulier, que chez les mélancoliques le poids diminue jusqu'à Fapogée de la maladie et augmente ensuite jusqu'à la guérison.
J'ai fait les mêmes constatations chez la plupart des déprimés et des mélancoliques aciifs dont j'ai pu suivre révolution morbide. Chez ceux que je n'ai vus qu'en état, j'ai remarqué toujours un amaigrissement notable.
Voici d'ailleurs quelques courbes de poids.
Augustine est tombée à f\o k. et s'y est maintenue [)endant toute la période aiguë de sa maladie, avec des oscillations de I k. en plus ou en moins.
A partir de janvier 1896 elle a marché lentement vers la convalescence et a donné la courbe suivante pour les poids mensuels (fig. /ii).
SG
«ta
Jan^7i^^l8S6| Fé-T-jer
Mars Avril
Mai
Juin
Juillet
l'oids mensuels dWii/usUno.
Louise est londjée progressi\cment do 38\35o à 35'\5oo pendant la période aiguë de sa maladie, et, comme elle nous