‹ La troisième expédition Belge au pays noirChapitre 22 sur 33 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

i"' ))uii. — Sef bin Raschid part pour le, Maroungou et pour l'Ou-Emba, avec dix Askaris seulement et deux hommes dressés à la manœuvre nautique, Kirongozi et Mounié-Amani.

Le voyage aura lieu à bord du grand Daou sur lequel, après leur naufrage, Popelin et Roger ont pu gagner Ou-Djiji, et qu'ils se sont tait céder par son propriétaire, un Arabe du nom de Mohamed bin Rosphan. Cette belle embarcation, ne jaugeant pas moins de quinze tonneaux, a été baptisée, par moi du nom de Popelin, en souvenir de notre infortuné camarade.

— Un de mes premiers devoirs a été d'élever un mausolée rustique au chef regretté qui dort, sur une montagne, à proximité de la hutte témoin de sa douloureuse agonie. Lui-même, envisageant la mort sans terreur, a indiqué au Djémadar la place où il désirait ètn^ inhumé. — « Il ne faudra pas creuser le roc, dit-il à Ghan Mohamed, en désignant, de la main, dans la direction du nord, sa tombe prochaine. C'est tout terre végétale. »

Sur cette tombe, déjà recouverte de grosses pierres, j'ai fait construire une espèce de chapelle ardente, en troncs d'arbres joints, et décorée de matétés, couronnée d'un toit en terrasse et entourée d'une forte palissade. Un dais de Djoho (espèce de gros drap noir) symbolise le drapeau, en berne, de l'Association Africaine, et une grande étoile d'argent à cinq pointes brille au-dessus de la tète du défunt.

Quatre troncs d'arbre, enfoncés dans le sol et taillés en colonnes

funéraires, sont reliés par des torsades d'étoffe, mi-partie blanche et noire, le tout formant balusti-ade autour du bloc tunudaire portant incrusté le portrait photographique du capitaine. Sur la dalle, en bois équarri, j'ai gravé, moi-même, l'inscription suivante :

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