CHAPITRE XXI
Les choses se gâtent à Karénia. Quatre de mes Askaris, qui s'y étaient rendus, en sont revenus sans fusils et la face ensanglantée.
Le soldat est le même partout. En Europe, chaque changement de garnison laisse en souffrance bon nombre de dettes ci-iardes, d'un recouvi'ement difficile. Pourtant, les tbui'nisseurs trop confiants peuvent encore s'y faire rembourser, en éci-ivant au colonel du régiment. Mais, en Afrique, le moyen de courir après les mauvaises payes?
Nos Askaris doivent donc (pickpies bagatelles, qu'on leur a réclamées avec défiance, sachant qu'ils se trouvent sur leur départ. Au lieu de s'adresser à moi, qui aurais exigé payement et, au besoin, soldé le tout sur la somme due à la côte, on leur a cherché querelle. Ils ont eu beau promettre de s'exécuter, le parti jeune, encouragé par la politique ambiguë du Sultan, s'est livré à des voies de fait et, après avoir blessé ces quatre malheureux, les a dépouillés de leurs fusils.
Il faut agir et, cette fois, sans faiblesse. Le retour des hommes, couverts de sang, a d'ailleurs causé dans la colonie une émotion profonde. Les camarades des soldats blessés menacent de se porter en armes sur le village, si satisfaction ne leur est donnée, et, fort probablement, nous nous ti'ouverions impuissants à les arrêter.
Désireux de m'enlourerde tous les renseignements, et voulant jusqu'au bout mettre la justice de notre côté, j'ai fait mander Kanghérennghèré, resté mon grand ami malgré sa dernière déconvenue. L'ancien ministre me coniirme (|ue les quatre Askaris n'ont, rien fait pour s'attirer un pareil traitement. Le Mganga assure qu'il y a eu un coup monté, ce dont je me doutais, du reste, bien un peu.
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Quelque temps après l'agression, nous envoyons au village Bilali, l'un (lesAkidas de M. Slorms, accompagné de quatre Askaris armés. Je fais dire à Yassagoula que j'accepte la responsabilité de toute dette, grande ou petite, contractée par mes honmies; que de plus, je m'engage à punir ceux d'enti'e eux qui seraient convaincus d'un fait blâmable quelconque.
En retour, j'exige le châtiment des indigènes (pii ont blessé mes Askaris, et surtout de ceux qui ont osé s'emparer de mes fusii'i.
Yassagoula, qui reçoit fort mal mes ambassadeurs attitrés, me fait insolemment répondre qu'il n'a pas à intervenir dans les querelles de SCS enfants. Or, je m'étais déclaré absolument responsable des miens.
Toutefois, je me résous à tenter un nouvel effort, pour vider pacifiquement le conflit.
Une seconde ambassade exige qu'on nous amène immédiatement les hommes qui ont blessé les nôtres, et leur ont volé nos fusils.
Yassagoula, comme je m'y attendais, me répond dans le style de Léonidas : — « Viens les prendre.. » Aussitôt je fais faire une distribution de cartouches à mes soldats et à une vingtaine d'Askaris de 31. Storms, embrigadés à part à cause des jalousies régnant entre les nègres civilises d'Oungoudia et les denii-saui'ages du littoral. Mes hommes, au nombre de soixante, sont divisés en trois pelotons, Ynn commandé par moi, un autre par Forhan, et le troisième par Bilali, notre premier envoyé. Vers six heures et demie, nous nous mettons en route, sans rencontrer âme qui vive sur notre chemin. Nous franchissons en silence, et dans l'ordre le plus parfait, la montagne qui nous sépare du village. Mes hommes, tous aguerris et disciplinés, aff'ectent la plus entière confiance. Quant à 31. Storms, il est resté à la Station pour faire face, de son côté, à une attaque éventuelle.
Arrivés près de la rivière, située à quatre cents mètres à peu près du Boma, j'envoie deux Akidas sommer une dernière fois le Sultan d'avoir à nous faire réparation. Ils reviennent porteurs d'une réponse outrageante.
Mon ordre de bataille est communiipié. Deux pelotons, contournant le Boma, vont se poster devant les deux entrées secondaires, tandis que je marche sur la grande porte, toute large ouverte. Rien n'indique qu'on fasse des préparatifs de défense. Un silence profond
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ri'giio, et la luiio, l)rillant dans Yaviu', jette sur la campagne sa clarté blafai'do. Nous entrons. Aussitôt, de l'intérieur, s'élève une vive fusillade. Mon bon et fidèle Réhani tombe, trappe de trois balles dans le venlic. Un autre est légèrement blessé à la main. Je commande l'assaut du point d'où part le feu, pendant cpie les deux autres pelotons forcent leurs poi'tes respectives et brûlent de nombreuses cartouclirs. J/ciiuemi, surpris par cette tactique, pourtant si simple, court d'un côté à l'autre. Pour éclairer le théâtre du combat, Foi'han a mis le feu à une hutte, dont il a délogé les tirailleurs. Nous voyons (|U(' nous avons affaire à quatre ou cinq cents hommes, armés de fusils, d'arcs et de lances. Évidemment, ces braves gens s'apprêtaient à nous rendre visite, si nous ne les avions prévenus. Atl'olés et démoralisés, ils tirent au hasard, le bras tendu, sans viser. Peu de leurs coups portent. Mes hommes, qui savent, d'ailleurs, que c'est de moi qu'ils tiennent leur haute paye, font des prodiges de vaillance. Mohamed 3Iaskam se tient obstinément devant moi, et le vieux Djémadar, qui ne me quitte pas d'une semelle, se bat connue un Réloutchi : c'est tout dire.
Cependant, l'incendie va grandissant, et une véritable pani([ue s'empare de l'armée assiégée, mise en déroute par une i)oignée d'hommes.
Se voyant pris de tous les côtés, et exposés à un feu bien auti-ement sur et meui-trier que le leur, les Rougas-Rougas du Sultan fuient en désordre par les portes laissées libres, abandonnant leurs feunnes et leurs enfants. Rilali, commandant l'entrée de l'Ou-Fipa faisant face au midi, canarde les fugitifs et fait un grand nondire de prisonniers. En moins d'un (juart d'heure, nous sommes maîtres de la place. Une vingtaine de fenunes sont resté(\s avec leurs (Mdants. On les emmène à la Station et, quoique conduites par quelques hounues seulement, aucune iw fait mine de s'échapper. Quant au Sultan, il a pris la fuite avec ses héros imbei'bes. Le vieux Kanghéreimghèré, lui-même, s'est sauvé dans le Pori.
Ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que l'incendie a gagné la moitié du village. Mais au bout de trois semaines, il n'y paraîtra plus. On a pu sauver heureusement la plus grande partie des réserves de maïs.
Cependant, quelques hommes de la petite caravane campée
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juoinciitanéiiieiit sur iioli'c territoire, nous ont suivi en maraudeurs, sans que je m'en sois apeiru. Croyant qu'il s'en allait comme de toutes les guerres africaines, où le pillage est de rigueur, ils se sont niis en devoir de faire leur main.
Je surprends l'un d'eux en train de désarliculci-, avec son couteau, le pied d'une épouse du Sultan fugitif, pour s'emparer du jambelet, en ivoire gravé, qu'on met aux femmes destinées à la couche royale, alors qu'elles sont toutes jeunes encore, et qui leur demeure rivé au-dessus de la cheville.
Sans m'amuser à parlementer, je casse, d'un coup de revolver, la tète du misérable, et remets la malheureuse entre les mains de ma suite, après un premier pansement.
Les maraudeurs soiit chassés à coups de crosse, avec menace de fusillade s'ils s'avisent de reparaître.
Une vingtaine d'Askaris, seulement, restent commis à la garde du Boma à moitié détruit, et je retourne, avec les deux tiers de ma ti'onpe, au fort Léopold, où le pauvre Réliani a été transporté sur tuie civière de feuillage.
Nous ne le sauverons pas.
Ses souffrances sont horribles, et il se tord comme un serpent blessé, en demandant, en gi'àce, ipi'on l'achève.
Vers le matin, il expire, seule, mais lamentable victime d'une expédition couronnée de succès.
Le lendemain, tout est rentré dans l'ordre. Les femmes prisonnières, bien ti-aitées, bien nourries, et laissées libres de vaquer à leur désir, ont l'air, de trouver toute simple leur nouvelle position.
Nos travaux ont, d'ailleurs, repris, comme si de rien n'était. On continue à faire des briques et à entourer les champs de clôtures de malétés. Nos vingt iiommes campent toujours à Karéma, dans la prévision, non réalisée, d'un retour offensif. Ici, nous nous contentons de doubler les soldats préposés à la garde de notre pèchei'ie et des hangars sous lesquels se ti'ouvent remisées nos deux embarcations. Quant à Yassagoula et à ses sujets, ils ne donnent plus signe de vie.
Ce n'est que le lo octobre que j'en entends parler. Vers neuf heures du matin, j'avise la tète du vieux Kanghéreimghèré, au menton duquel trétille une petite bai-biche grise, ressortant et dispal'aissant, par intervalles, derrière un bloc de rocher
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C'est moi qu'il guette apparemment, eai" j'ai toujours eu d'excellents procédés pour ce forgeron diplomate, rentré probablement en laveur et dépêché comme médiateur.
Sitôt que je l'aperçois, je me hâte d<> lui faire des signes engageants et il vient à moi, d'un air timide, en frottant les paumes de ses mains contre les peaux de bique qui lui servent de vêtement, geste considéré ici comme la marque d'un grand eml)arras et d'une profonde humilité.
— Eh bien! lui dis-je en souriant, GJiabari gaiii? (Quelles nouvelles?)
L'ambassadeur enti'C en propos :
— Ce sont, dit-il, des jeunes gens, sans expérience. Si lui, Kanghérennghèré, était resté ministre, jamais rien de })arcil ne serait arrivé. Mais le Sultan ne l'a pas consnllé... Il s'est cru plus sage que les vieux et plus fort que les blancs. Yassagoula confesse ses torts et s'en repeiit... Il donnera satisfaction au puissant Mouzoungou...
— Quelle réparation? Je suis maître de son village et de son territoire. S'il s'avisait d'y retourner sans mon agrément, il tomberait sous nos fusils.
— Il est vrai... Tu es le maître et tu l'as toujours été... Mais je te sais bon et généreux... J'ai consulté Mousamouéra...
— Comment? Tu oublies que l'Esprit habite chez nous, et ne veut plus rien avoir de commun avec les traîtres, lâches et oublieux habitants de Karéma?...
Il baisse la tète avec confusion.
— Mouami, la saison des pluies approche... C'est le temps des cultures et, nous n'avons plus rien à mang(M'!... Permets que nous rentrions sur nos terres... Plus jamais tu n'aui'as à te plaindre de nous... surtout si le Sultan me rétablit dans ma charge.,. Tout le malheur vient de ce qu'on m'a destitué.
Je me mets à rire. Le vieux renard n'a vu, dans tout ceci, qu'une excellente occasion de repêcher son ancien ministère.
— De par la volonté de Miranibo, vous me deviez respect et obéissance. Quand môme ton Sultan aurait remporté la victoire, ta position n'en aurait été que plus critique. Mon ami Mirambo serait accouru et vous aurait tous massacrés jusqu'au dernier !... J'avais sur vous une autoi-ité absolue... Vous l'avez méconnue... Lorsijue j'étais assez indulgent pour ne réclamer qu'un simple Chaouri, vous vous
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T'ies armés contre moi... J'auiais pu vous réduire en esclavage, je ne lai pas fait... Pourquoi? Parce que les hommes blancs ne font la £!,uerre que lorsqu'ils y sont forcés et n'abusent jamais de la victoire... Eh bien! soit. Je vous permets de rebâtir votre village, avant les jiluies, et de reprendre vos cultures... Mais vous payerez tribut, en travail, à mon frère blanc. Seulement, je vous préviens qu'il a moins de patience que moi... A la premiéi-e faute, gare à vous!... Il vous tuera sans pitié...
Kanghérennghéré s'en est retourné, enchanté de l'issue de sa négociation. Il va s'en faire gloire auprès de son piteux souverain, et dire qu'il a tout fait. Pour lui faciliter sa rentrée aux affaires, j'ai exigé qu'il assistât au Chaouri fixé pour demain. Le voilà du coup plus puissant que jamais, et lié, à notre égard, par ses intérêts les plus immédiats.
IG octobre. — Grand Chaouri. Vers neuf heures, Yassagoula arrive, avec ses dignitaires, de Katissya, où il s'était réfugié. Kanghérennghéré l'accompagne, avec une mine aussi triomphante que celle de son maître est défaite et contristée. Siranda a été mandé comme conciliateur. Quant à Tchiata, il a envoyé Tongo, son Nyampara en chef. Chaque Sultan, ou délégué, est entouré d'une suite nombreuse qui encombi-e le Barza, où nous siégeons solennellement, le lieutenant Storms et moi. Prévenu de l'ébouriffante pipe, mon successeur, plus patient que le capitaine Popelin, parvint à garder son séi-ieux. Pour ce qui me regarde, je suis de longue date cuirassé contre le rire.
Le Chaouri commence. Yassagoula, d'une voix sourde et end)arrassée, balbutie quelques plates excuses. D'après la commode méthode africaine, il rejette la responsabilité de sa trahison sur quelque mauvais Esprit, qui l'aurait ensorcelé. Je lui fais observer qu'il lui faudra soigner ça, attendu que si le mauvais Esprit s'avisait de revenir, nous serions obligés de le déloger à coups de fusil.
— Quel motif de haine avais-tu donc contre nous? lui dis-je d'une voix sévère. Avant notre arrivée ici, vous étiez pauvres et misérables. Grâce à nous, vous possédez tous, aujourd'hui, des étoffes et vous jious vendez ce que vous voulez. J'ai fait plus. Lorsque 31ii'ambo voulait brûler ton village et réduire tous tes sujets en servitude, je suis intervenu et lui ai demandé grâce. Était-ce agir en bon maître
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et 011 vri'itahle ami? Coinincnt les giMis de Karénia et toi, leur chct i'esponsal)le, avez-vous reconnu ces services? Une première t'ois, vous avez massacrr et pillé une caravane qui venait de chez nous... Vous avez voulu faire de même pour des soldats (pii avaient été à notre service... Entin, vous avez blessé quatre de nos honunes et poussé l'audace jusqu'à voler nos fusils. Et lorsque je t'ai demandé satisfaclion, tu m'as l'époudu avec insolence!... Nous avons pitié de toi, parce que tu n'es qu'un entVnt!... Mais garde-toi de retond)er dans le même péché!... Mon frcre blanc, dont j'ai dû arrêter le bras, te tuerait comme un buffle,.. Sois tldêle et dévoué, et tu auras tout à gagner avec nous... Nous oublions ton otTense... Les Oua-Zoungous savent pardonner... Toutefois, leur patience a des bornes, souvienst'en. Et souviens-toi pareillement de la maxime de Salomon, le grand pi-ophête des Arabes : « Celui qui creuse la fosse tombera di^dans et la pierre retournera contre celui cpii l'aura roulée. »
Ce beau discours, que Kanghérennghêré appuie en hochant coml)laisanun('nt la tête, laisse Yassagoula sans l'éponse. L'ex-ministre se })orte garant de la conduite à venir et,, séance tenante, est rétabli comme premier conseiller delà couronne. Nous concluons la paix. Une chêvi'c, pauvre animal faisant fonction de bouc émissaii'e, la scelle de son sang innocent. On la partage en deux. Une moitié est déposée sur la natte, devant Yassagoula, et l'autre devant le lieutenant Storms. Comme tribut et indemnité de guerre, nous exigeons une somme de travail à fournir par les habitants de Karéma, et (jui sera déterminée plus tard. Cette dernière clause est indispensable pour sauvegarder notre prestige. L'abandon de toute réparation matérielle serait regardée comme un acte de faiblesse et une prime d'impunité, que nous ne tarderions pas à solder durement; ce serait à recommencer tous les jours. Déjà, la remise gratuite des femmes prisonnières, dont la loi africaine nous autorisait à disposer souverainement, provoque un étonnement indicible, non seulement chez le jeune Sultan de Karéma et Kanghérennghêré son ministre, mais encore chez les médiateurs présents à l'entrevue. Ils ne comprennent pas qu'après avoir consacré des sommes importantes à faire venir du Maroungou nos colons et leurs femmes, nous nous dessaisissions d'esclaves conquises les armes à la main , et dont les vaincus n'aïu-aient pas songé, seulement, à réclamer l'échange.
Tout à fait rassuré par cette restitution, pour lui stupétiante.
Ai; l'AYS NOIU
reffi'oiilO Ya.ss;ii;'()ul;i on ])rolil(' pour nous dcnumdt'r (|u<'l(|iics rtoffos. On peut toujoui's essayer. IMais, par ex(Mnple, nous le l'envoyons à Karénia, voir si nous y soninios.
Au résumé, (.-qWo atlaire, si heureusement terminée, ne nous coûte (pi'un mort et quehpies blessés. Les ennemis, eux, ont laissé dixsept honmies sur le carreau. Quant à l'incendie du villai^e, c'est une bagatelle. Avant les premières pluies, tout sera rebâti, et la prochaine l'écolte remettra nos cIkm's voisins complètemi^nt à tlot.
Quelque douloui'euses qu'ell(\s soient, nos pertes ne peuvent entrei- •en comitaraison avec celles qu'une plus longue impunité aui-ait poussé les hal)itants de Karéma à nous intîiger.
Grâce à cette répression sanglante, déjà un peu tardive, le district sera accessible aux caravanes et nous n'aurons plus à songer qu'à nos travaux, tout pacititpies.
Xovi'inln'c. — L(^s ti'avaux se sont poursuivis avec un i-edoublement d'activité. M. Storms se trouve au coiu'ant, aujourd'hui, des moindres détails, et l'exhaussement des luurs de la Station étant terminé, il a assuuié la dii-eetion de tous les services.
Quant à moi, qui n'ai plus l'ien à faire, je procède à lues derniers emballages.
J'ai trouvé dans les magasins toute une charge de cuivre et quelques l'oupies, deuieurées sans emploi par suite du décès des capitaines Popelin et Ramaeckers. Jointes à ma réserve particulière, elles constituent un trop-plein assez difficile à écouler. Une occasion se présente. Mes Askaris, embarrassés de leur batterie de cuisine, se bornant en temps de marche au strict nécessaire, viennent me proposer de la racheter. Je leur prends le tout en bloc et distribue les ustensiles, encore en bon état, à nos colons du Maroungou. Cet acte de libéralité sera mon cadeau de départ.
Il excite dans le Borna une véritable ivresse. Cond)ien il est facile de rendre heureux ces pauvres gens, pour lesquels tout obj(>t nécessitant une main-d'œuvre quelconque, constitue un trésor! Grâce à une centaine de francs, je fais le bonheur de cinquante familles! Mes Askaris ne sont pas moins satisfaits, car ils pourront payer en monnaie leurs derniers fourrages.
27G LA THOISIÈMK KXI'KDniON liEI.r.K