I. La Guerre en province, page
Frédéric- Charles, dont rentrée en scène plus tard devait être si funeste pour nos armes. »
Le ministre répondit au général d'Aurelle : « Vos hésitations et les craintes exprimées dans votre dépêche en date de Blois, le 28 octobre, 10 heures 20, m'obligent à renoncer à un plan sur la valeur duquel mon opinion n'a pas varié. En conséquence, arrêtez le mouvement et prenez de bonnes positions, en faisant exécuter immédiatement des ouvrages de défense, en utilisant la forêt de Marchenoir et en commandant les deux rives de la Loire. Avertissez des PaUières , auquel d'ailleurs j'envoie une dépêche. »
Le lendemain, la chute de Metz était officielle, le gouvernement de Tours l'annonça au public par cette proclamation :
(( Français,
(( Élevez vos âmes et vos résolutions à la hauteur des effroyables périls qui fondent sur la Patrie.
« 11 dépend encore de nous de lasser la mauvaise fortune et de montrer à l'univers ce qu'est un grand peuple qui ne veut pas périr, et dont le courage s'exalte au sein même des catastrophes.
« Metz a capitulé.
(( Un général sur qui la France comptait^ même après le Mexique, vient d'enlever à la Patrie en danger plus de cent mille de ses défenseurs.
« Le maréchal Bazaine a trahi.
« Il s'est fait Fagent de Thomme de Sedan, le complice de renvahisseur, et^ au mépris de Tarmée dont il avait la garde, il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent vingt mille combattants, vingt mille blessés, ses fusils, ses canons, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la France, Metz, vierge, jusqu'à lui, des souillures de l'étranger.
(( Un tel crime est au-dessus même des châtiments de la justice.
(( Et, maintenant. Français, mesurez la profondeur de Tabîme où vous a précipités FEmpire. Vingt ans la France a subi ce pouvoir corrupteur, qui tarissait en elle toutes les ressources de la grandeur et de la vie. L'armée de la France, dépouillée de son caractère national, devenue sans le savoir un instrument de règne et de servitude, est engloutie, malgré l'héroïsme des soldats, par la trahison des chefs dans les désastres de la Patrie. En moins de deux mois, deux cent vingt-cinq mille hommes ont été livrés à Fennemi : sinistre épilogue du coup de main militaire de Décembre. -
(( Il est temps de nous ressaisir, citoyens, et, sous Fégide de la République, que nous sommes décidés à ne laisser capituler ni au dedans ni au dehors, de puiser, dans Fextrémitémêmede nos malheurs, le rajeunissement de notre moralité et de notre virilité politique et sociale. Oui, quelle que soit l'étendue du désastre, il ne nous trouve ni consternés ni hésitants.
(( Nous sommes prêts aux derniers sacrifices, et, en face d'ennemis que tout favorise, nous jurons de
ARMEE DE LA LOIRE. loi
ne jamais nous rendre. Tant qu'il restera un pouce du sol sacré sous nos semelles, nous tiendrons ferme le glorieux drapeau de la Révolution française.
c( Notre cause est celle de la justice et du droit; TEurope le voit, l'Europe le sent. Devant tant de malheurs immérités, spontanément, sans avoir reçu de nous ni invitation ni adhésion, elle s'est émue, elle s'agite. Pas d'illusions ! ne nous laissons ni alanguir ni énerver, et prouvons par des actes que nous voulons, que nous pouvons tenir de nous-mêmes l'honneur, Tindépendance, l'intégrité, tout ce qui fait la Patrie libre et iière.
(( Vive la France! Vive la République une et indivisible !
(( Les membres du Gouvernement :
(( Ad. Crémieux, Glais- Bizoin, Léon Gambetta. »
Les sentiments exprimés dans cette proclamation étaient bien ceux de toute la France à ce moment. D'ailleurs la plus vulgaire prudence faisait un devoir de hâter les opérations, avant que les 180,000 hommes du prince Frédéric-Charles, rendus libres par la trahison de Bazaine, eussent eu le temps d'arriver à Paris et à Orléans.
Mais le gouvernement de Paris ne le comprit pas, et il se laissa jouer avec une étrange naïveté par M. de Bismarck, dont Tintérét était au contraire de gagner du temps. M. Thiers lui-même, qui venait de
parcourir vainement toute TEurope et qui s'était partout heurté à la même indifférence^; qui, par conséquent, avait pu constater Tisolement absolu auquel la Prusse avait su condamner la France, et qui aurait dû comprendre que, dans de pareilles circonstances et au lendemain de la capitulation de Bazaine, les exigences de M. de Bismarck devaient être aussi excessives que possible, M. Thiers, on ne sait pourquoi, se flattait encore d'obtenir du chancelier des conditions acceptables.
Il ne comprit pas que, si le ministre prussien feignait alors d'accepter ses ouvertures, c'était uniquement dans rintention d'arriver à une suspension réelle des hostilités, jusqu'à ce que l'armée du prince
I. L'Empire n'avait pas laissé à la France un allié. Le seul souverain qui fût disposé personnellement à venir au secours de la France était le roi d'Italie. Mais ses ministres s'y opposèrent, et l'opinion publique approuva les ministres. C'était l'effet naturel de cette politique insensée, qui, par sa perpétuelle intervention dans les affaires d'Italie, avait complètement effacé les souvenirs des services rendus en 1859 pour ne laisser subsister que celui des humiliations ultérieures. L'Angleterre, dès le commencement, pour se ménager une raison décisive de ne rien faire, avait organisé la ligue des neutres, dont chaque membre s'engageait à ne pas sortir de la neutralité sans en prévenir ses alliés. Quant à la Russie, qui était liée par un traité formel avec la Prusse, il est bien évident que les bonnes paroles par lesquelles elle accueillit M. Thiers ne pouvaient avoir aucune suite utile. L'Autriche était paralysée par ce même traité qui assurait à la Prusse l'appui des armées russes en cas de complications. La France, surtout au lendemain de la capitulation de Bazaine, et quand les nouvelles armées créées par la Délégation de Tours n'avaient encore rien fait, semblait donc condamnée à subir les conditions les plus injurieuses. Et c'est ce momentlà que choisissaient, pour négocier, le gouvernement de la Défense Nationale et M. Thiers !
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Frédéric-Charles pût entrer en ligne et écraser les troupes françaises, démoralisées par l'inaction et par les négociations antérieures. Déjà le général d'Aurelle de Paladines en était à chercher des prétextes pour ne pas exécuter le plan qu'il avait accepté. Au lieu de tomber tout a coup sur Tennemi et de le surprendre avec des forces supérieures, il restait immobile, au risque de se trouver bientôt réduit à Timpuissance.
M. de Freycinet avait un vif sentiment des dangers qui pouvaient résulter de ces ajournements. Il écrivit à M. Gambetta, pour dégager sa responsabilité, une lettre qui peint très-exactement la situation.
Tours, le 4 novembre 1870, 9 heures du matin.
Monsieur le Ministre,
« Je vous prie de vouloir bien me donner des instructions exactes et précises sur la conduite que je dois tenir à Tégard de nos opérations militaires.
(( Depuis quelques jours, Tarmée et moi-même ignorons si le gouvernement veut la paix ou la guerre. Au moment où nous nous disposons à accomplir des projets laborieusement préparés, des bruits d'armistice tout à coup répandus jettent le trouble dans Tâme de nos généraux. Alors se produisent de leur part des objections, comme celles contenues dans la lettre ci-jointe du général d'Aurelle, qui dissimulent mal leur désir de se soustraire à une responsabilité qui
les inquiète. Moi-même, si je cherche à remonter leur moral et à les pousser en avant, j'ignore si demain je ne serai pas désavoué. Déjà, vous le savez, la nouvelle de la capitulation de Metz, répandue dans Tarmée de la Loire, à la suite du passage d'un de nos hommes d'Etat à travers nos lignes, a arrêté un mouvement qui devait infailliblement nous conduire à Orléans et nous faire mettre la main sur un corps prussien et une nombreuse artillerie.
« Je ne saurais accepter, pour ma part, de voir constamment. nos projets militaires déjoués par la politique. Mais il est une considération plus puissante qui s'impose aux méditations du gouvernement.
(( Tandis que notre armée hésitante n'ose faire un pas en avant, les Prussiens, qui poursuivent leur but avec ténacité, se concentrent de plus en plus au-devant de nos forces, et d'un rnoment à l'autre se trouveront rejoints par l'armée de Metz. Ils choisiront leur jour et leur heure, et attaqueront victorieusement le général d'Aurelle, coupé entre Blois et Marchenoir. Ainsi nous laissons passer l'occasion propice, pendant que l'ennemi prépare une partie à son gré !
« Cette situation ne saurer durer. Il faut que le gouvernement dise résolument si nous devons faire la paix ou la guerre. Dans le premier cas, nous abandonnerons nos lignes, nous repasserons la Loire, et nous ramènerons l'armée en arrière sur un point où elle n'ait rien à craindre de Tennemi. Dans le second
ARMEE DE LA LOIRE. io5
cas, nous reprendrons nos combinaisons interrompues et nous ferons un mouvement olFensif avant que Tennemi ait réuni des forces supérieures.
« Je vous prie donc, Monsieur le Ministre, de vouloir bien me faire connaître d'une manière catégorique :
(( Si nous devons pousser vigoureusement les
opérations en nous plaçant au seul point de vue
militaire ;
(( Ou si, en prévision d'un armistice prochain,
nous devons éviter les engagements et dès lors nous
replier en arrière. Car, je le répète, le maintien pur
et simple de nos positions actuelles serait dangereux
et pourrait, au gré des Prussiens, aboutir à un
désastre pour nos armes. »
M. Gambetta lui répondit le jour même :
c( Tours, 4 novembre 1870.
(( Monsieur le Délégué,
«Je constate avec vous, avec une égale inquiétude, la détestable influence des hésitations politiques du Gouvernement, dont le résultat évident est d'énerver et de déconcerter nos efforts militaires et le moral de nos généraux et de nos soldats. Il faut réagir et redoubler d'énergie. J'ignore si le Gouvernement de l'Hôtel de Ville est enclin à tiaiter. Pour moi, je ne connais que mon mandat et mon devoir, qui est la guerre à outrance.
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(( En conséquence , en dépit de toutes fausses manœuvres, de toute mauvaise direction diplomatique ou autre, ne vous laissez arrêter ni retenir par des tentatives de négociations dont je repousse la responsabilité.
(( Nous avons eu le malheur de voir une première fois notre plan offensif, si sagement combiné, entravé
par rintervention de Il ne faut point rester plus
longtemps sous le coup de cette ingérence. 11 faut
reprendre notre ligne de conduite et arrêter dès aujourd'hui nos mouvements en avant, dont vous me communiquerez tous les moyens d'exécution. Je mettrai à votre disposition les mesures les plus énergiques, et, si la fortune peut être forcée par notre résolution, nos études, nos dévouements, la Patrie ne pourra rien nous reprocher, et nous trouverons dans notre conscience la récompense du devoir accompli.
(( Donc c'est la guerre ; ne perdez pas une minute, et en avant ! »
Le 7 novembre, l'armée se mit donc en marche en suivant la Loire. Le général des Pallières, qui devait opérer un mouvement tournant, et avait par conséquent un plus long chemin à parcourir, était parti dès la veille d'Argent et d'Aubigny, en se dirigeant sur Gien. Il devait gagner Orléans par la route comprise entre la forêt et le fleuve. Une division d'une douzaine de mille hommes, sous les ordres du général Faye, avait ordre de marcher sur Orléans en même temps que le reste de l'armée, et de menacer
le pont de pierre qui donne accès à la ville par la route de Vierzon. Le chiffre total des troupes qui devaient prendre part à l'action était de 1 10,000 hommes.
La journée du 8 fut marquée par quelques engagements partiels, où l'avantage nous resta. Le soir, le général d'Aurelle, encore une fois pris des mêmes scrupules, sollicita un nouvel ajournement. Le Gouvernement résista, et, le 9, la bataille de Coulmiers vint prouver qu'il avait eu raison de ne pas se laisser ébranler par les hésitations du général.
Ce jour-là, le général Chanzy, qui avait remplacé à la tète du 16^ corps le général Pourcet, fit preuve de l'énergie et de la décision qui devaient prochainement le faire appeler au commandement de la 2^^ armée. Le général Borel, de l'état-major, et l'amiral Jauréguiberry se distinguèrent, ainsi que MM. Lipov^ski et Cathelineau. Les régiments de la garde mobile de la Dordogne et de la Sarthe, les 3^ et 6^ bataillons de chasseurs à pied et le 37^ de marche furent mis à Tordre du jour.
Le général d'Aurelle constate lui-même dans son rapport que les troupes placées sous ses ordres avaient fait preuve d'un entrain et d'une solidité remarquables : « Je ne saurais trop vous dire, monsieur le ministre, combien j'ai eu à me louer de la vigueur que l'armée tout entière a montrée dans cette journée. Il serait trop long de citer tous les actes de courage et de dévouement qui me sont signalés. » Ces éloges, il faut l'avouer, ne s'accordent guère avec la défiance que témoignait le général avant la victoire
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et qui, chose plus étrange ! devait bientôt se reproduire après.
Le rapport officiel allemand mentionne 42 officiers et 65 o hommes tués ou blessés. Mais il ne mérite aucune créance. Il va jusqu'à dire que ce la retraite s'effectua dans un ordre admirable et avec fierté, parce que les soldats avaient conscience que, malgré leur infériorité numérique, ils avaient réellement rompu Tattaque de Tennemi, et que, s'ils opéraient une marche en arrière, c'était uniquement en vertu d'une libre résolution de leur général ».
Tous les témoignages constatent, au contraire, le désordre de cette retraite. Le major Blume porte les pertes des Allemands à 54 officiers et 1,112 soldats. Le général d'Aurelle déclare qu'il restait entre nos mains 2,5oo prisonniers, sans compter les blessés. Nous avions perdu i,5oo hommes.
C'était une victoire, et notre première victoire depuis le commencement de la guerre. Il est vrai que notre supériorité numérique était considérable, 45,000 contre 3 5, 000. Mais il ne faut pas oublier que les Allemands occupaient des positions fortifiées à l'avance, et que le nombre de leurs canons était égal à celui des nôtres.
Cette victoire, malheureusement, ne donna pas tous les résultats qu'on n'aurait pu s'en promettre. On avait calculé que la bataille aurait lieu le 1 1 , et les mouvements avaient été calculés en conséquence. Il en résulta que le général des Pallières, qui devait couper la retraite aux Bavarois par un mouvement
tournant sur la droite, ne put arriver en temps utile. Le général Faye, qui devait aussi concourir à Topération, en fut également empêché par la précipitation qui fit devancer le jour fixé pour Tattaque, et qui eut pour résultat de bouleverser les plans précédemment arrêtés.
Mais tout cela n'aurait sans doute pas suffi pour sauver les Bavarois d'un véritable désastre sans rinintelligence du général Reyau. Ce général, qui commandait les 3o escadrons de Tarmée de la Loire, avait reçu des instructions précises. Il était chargé de tourner la droite de l'ennemi et de menacer à la fois les routes de Chartres et de Paris, les seules par lesquelles Fennemi pût s'échapper. Il ne devait pas prendre part à Taction, et son rôle ne commençait qu'au moment où les Bavarois dessineraient leur mouvement de retraite. Au lieu de cela, il s'en alla, avec de la cavalerie, se heurter contre les batteries qui défendaient la position de Saint-Sigismond ; il fit tuer le général Ressayre, y épuisa vainement ses munitions, se fit repousser et mit ses cavaliers dans une telle situation qu'ils furent obligés de fuir le combat que vint leur offrir la cavalerie ennemie. Pour comble de malheur, après tout cela, il prit les francs-tireurs de Lipow^ski pour des Prussiens, et, se croyant menacé, il se hâta de regagner ses cantonnements de Prénouvelon et d'abandonner à l'ennemi les deux routes qu'il était chargé de garder.
Le résultat de cette série de contre-temps et de maladresses fut que la bataille de Coulmiers, qui
iio LA TROISIÈME INVASION.
aurait pu se terminer pour les Bavarois en un irrémédiable écrasement, finit simplement par une retraite précipitée.
Le soir, les éclaireurs de Cathelineau entrèrent dans Orléans.
Cette première victoire de la jeune armée française frappa de stupéfaction les Allemands\ Ils en étaient arrivés à croire fermement qu'ils ne pouvaient
I. M. de Freycinet cite un extrait d'une lettre, écrite le 12 novembre par un officier bavarois, qui fut saisie quelques jours après sur le courrier de Prusse, arrêté par uïie bande de francs-tireurs. Nous le reproduisons malgré sa longueur, parce qu'il s'y trouve plus d'un détail intéressant pour nous.
c( Il n'y a plus d'armée de la Loire, disait-on ; les forces de l'ennemi sont épuisées ; et maintenant je trouve tout un corps bien organisé, avec une artillerie formidable, une cavalerie admirablement montée et une infanterie qui nous a prouvé ce dont elle était capable à la bataille de Coulmiers. D'après mon opinion, la position a changé pour nous d'une façon des plus inquiétantes, et je crains que la fin de tout cela ne soit aussi déplorable que le commencement a été heureux et glorieux. Le pays tout entier s'est levé ; la faim et le mauvais temps décimeront nos armées, et la question des approvisionnements deviendra très-grave pour nous, si les francs -tireurs réussissent à détruire les lignes de chemin de fer que nous avons occupées...
« Je suis traité avec toutes sortes d'égards, dont je ne saurais assez me louer. Au lieu • de me faire marcher, comme nous avons fait à l'égard des officiers français prisonniers, on m'a donné une voiture, dans laquelle le grand prévôt de l'armée lui-même m'a accompagné à Orléans, et il a été permis à mon domestique de me conduire lui-même. Aux Ormes, les officiers français m'ont hébergé de la façon la plus prévenante et, au lieu de me laisser dormir sur la paille, un d'eux m'a donné son lit et a pris ma place sur la paille. Je suis ici dans une chambre magnifique de la préfecture, mon domestique est près de moi et je suis hébergé sans qu'il m'en coûte rien. Un domestique du préfet s'informe deux ou trois fois par jour de ce dont je puis avoir besoin, et un lieutenant de la garde nationale de faction ici a été, aussitôt après mon arrivée, me chercher des cigares. Voilà les soins et les prévenances dont je suis l'objet dans un
plus être vaincus. La fortune allait-elle donc nous revenir déiinitivement ! Beaucoup, en France, se firent cette illusion. Elle ne devait pas tarder à se dissiper.
pavs où nous avons brûlé les villes et les villages, égorgé les vieillards et les entants, et où la soldatesque a commis les brutalités les plus révoltantes. Je suis prisonnier, tandis qu'on a fait fusiller en masse les francs-tireurs qui sont tombés dans nos mains; on me donne à manger et une chambre bien chauffée, tandis que des milliers de Français ont été laissés par nous sans abri, après que nous leur avons eu enlevé leur dernier morceau de pain. Quelle terrible chose, si l'on usait de représailles envers nous! mais bien au contraire, tout le monde ici m'assure qu'on aime beaucoup les Bavarois, et qu'on sait bien que nous ne faisons la guerre que contraints et forcés.
« Faites connaître partout et le plus que vous pourrez combien les prisonniers de guerre sont traités humainement en France atin que chez nous les prisonniers français soient également bien traités, car si on savait ici qu'on ne se conduit pas bien envers eux, on aurait certes assez d'occasions de nous rendre la pareille. »