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gouverneur, puisque à ce moment il faisait afficher dans Paris qu'il était « très-content, que cette deuxième grande bataille était beaucoup plus décisive que la précédente », et que son intention était de recommencer la lutte le lendemain. Si donc il croyait ses troupes encore capables de vaincre le gros des forces allemandes accumulées devant Champigny, et, après les avoir vaincues, de faire une marche forcée le même jour pour se mettre hors de portée d'un retour offensif, comment et pourquoi, à ce même moment, les a-t-il jugées hors d'état d'aller attaquer des positions infiniment moins difficiles à emporter, puisqu'elles étaient presque dégarnies? Nous l'ignorous et ne chercherons pas à l'expliquer. En tout cas il est regrettable que l'idée ouverte par le général Vinoy le 2 décembre, après la deuxième bataille, ne lui soit pas venue le 29 novembre, après la première. Il était dès lors évident qu'on ne percerait pas et que le coup était manqué de ce côté, et si quelques régiments de la deuxième armée étaient déjà trop éprouvés et trop fatigués pour qu'il fût prudent de leur demander ce nouvel effort, n'aurait-on pas pu faire quelques emprunts à la troisième, qui n'avait combattu, la veille, que quelques heures?
Le 3 décembre, le général Ducrot avait donné ses instructions pour une troisième bataille. Mais il changea subitement d'avis, après une rapide inspection de nos lignes, et commanda la retraite, qui se fit avec le plus grand ordre et sans être inquiétée par l'ennemi. A la tombée de la nuit, toute l'armée était
établie sur la rive droite, sauf une brigade qui continuait à occuper Textrémité de la boucle de la Marne, à Poulangis. Il est bien certain c[ue dans les conditions où nous avaient placés les dispositions prises par le général Trochu, après toutes les fautes accumulées dans ces trois journées % n'ayant que des troupes harassées, sans réserves, à opposer à un ennemi auquel les renforts arrivaient de toutes parts, il eût été insensé de poursuivre la lutte, au moins sur ce point. Nous ne saurions donc faire au général Ducrot un reproche d'y avoir renoncé, malgré sa promesse de ne rentrer que « mort ou victorieux » . 11 s'était assez vaillamment battu pour pouvoir dire que s'il n'était pas mort, ce n'était pas sa faute. Quant à être victorieux, cela dépendait encore moins de lui, et Ton peut dire, après avoir vu ce qu'il a fait pendant les quatre mois du siège de Paris, qu'une victoire remportée par le général Ducrot aurait été surtout Toeuvre du hasard. Il a donc bien fait, n'ayant pu se faire tuer, de rentrer dans Paris. Mais pourquoi, avec de si bonnes raisons à opposer aux railleries, a-t-il été imaginer de dire qu'il avait cru de son devoir de rentrer pour combattre les révolutionnaires de Paris? A ce moment Paris, tout enfiévré de patriotisme et d'espoir, ne songeait qu'à la défense, qu'au salut de la patrie. Trompé par les dépêches triomphantes du gouverneur et de la Délégation de Tours, il était, le 3 décembre, tout entier à la joie. Le gou-