‹ La troisième invasionChapitre 26 sur 38 · JU · texte numérisé non relu

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devenait difficile, exigeait des forces nombreuses et n'éloignait pas toujours le péril. Les armées allemandes sur la Loire étaient forcées de doubler, de tripler leurs avant-postes et d'occuper beaucoup plus de terrain que ne permettaient les efifectifs... De corps d'armée, de bataillons, il ne restait plus que le titre, non la force et la valeur. Un corps d'armée comptait autant d'infanterie qu'une division au début de la guerre et les meilleurs éléments avaient disparu, enlevés par les balles et les fatigues. Quelques divisions, la 22^ entre autres, ne comptaient en infanterie que la valeur d'une brigade ; tout le i"' corps bavarois était à peu près de la même force. Quant au corps d'officiers, il n'y avait plus beaucoup d'accord entre les fonctions et les charges. En somme beaucoup d'officiers de réserve à la tète des troupes, beaucoup de troupe de dépôt dans les rangs... Dans beaucoup de bataillons, les hommes étaient pieds nus ; d'autres avaient des sabots ou des jambières de linge. Dans Tarmée du grand-duc il y avait des compagnies dans lesquelles 40 hommes et plus n'avaient pas de chaussures. Enfin on n'avait pu compléter les munitions ; il y en avait bien encore pour quelques combats, mais pas assez pour entreprendre une série d'opérations. »

De plus des nouvelles graves étaient parvenues au prince Charles pendant la nuit du 1 5 au 16 décembre. Cédant aux instances du ministre de la guerre, le général Bourbaki avait fait un mouvement. A ces trois corps d'armée (i5% 18' et 20') l'ennemi II. 19

ne pouvait guère opposer que les trois brigades bavaroises du général Von der Tann, dont l'effectif n'allait pas à 10,000 hommes. Ce mouvement inquiéta beaucoup les Allemands. Nous lisons dans le livre du capitaine de Goltz, qui écrit d'après les documents officiels : « Si Orléans tombait au pouvoir de Bourbaki, la 2"" armée se trouvait obligée de revenir à marches forcées ; mais alors la i^ armée française la suivait. Si Chanzy revenait alors occuper Beaugency, n'était-ce pas pour lui une véritable victoire ? cette victoire apparente ne réveillerait-elle pas la nation, n'armerait-elle pas la France tout entière? On pouvait, il est vrai, diviser les forces allemandes, combattre Chanzy avec les forces du grand-duc^ et Bourbaki avec les deux autres corps; mais c'était là risquer le sort de la campagne sur deux points à la fois. Telles étaient les réflexions qui agitaient le général en chef, indécis sur le parti à prendre. »

Mais l'inquiétude ne fut pas de longue durée. Le général Bourbaki s'arrête à Baugy. Le mouvement projeté sur Montargis fut remplacé par un nouveau projet, celui d'une expédition dans l'est, du côté de Belfort.

Le général Chanzy arriva au Mans le 19 décembre et s'occupa aussitôt de réorganiser son armée, qui avait grand besoin de repos après une pareille campagne, où, comme l'a dil le général dans sa déposition devant la Commission d'enquête, « pendant 2 1 jours, de l'aube à la nuit, le canon n'avait pas cessé de se faire entendre, les troupes n'ayant aucun répit » .

Neuf jours après, il avait reporté son armée à i3o,ooo hommes, pourvus de 35o pièces de canon, et sans attendre les attaques de Tennemi, il reprenait rotiensi\'e le 28 décembre.

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