LA DÉFENSE A PARIS, DU 2 DÉCEMBRE I 87O AU 28 JANVIER 187I
'ÉCHEC de la tentative de sortie par Champigny plaçait le gouverneur de Paris dans une situation très-difficile. Il était impossible d'attendre sans rien faire Tarmée de la Loire qu'on croyait en marche sur Fontainebleau.
On résolut donc de refaire le plus vite possible les troupes si rudement éprouvées par les deux
batailles de la Marne, afin de pouvoir recommencer sans retard une nouvelle série d'opérations. La plaine Saint-Denis fut choisie pour être le théâtre de cette nouvelle action % pour les préparatifs de laquelle le général Ducrot demandait quarante-huit heures. Il comptait, dit-il, être en mesure de reprendre Foffensive dans la matinée du 6 décembre, lorsque le gouverneur de Paris reçut la lettre suivante du comte de Moltke :
« Versailles, 5 décembre 1870.
« Mon Général,
(( Il pourrait être utile d'informer Votre Exellence que Tarmée de la Loire a été défaite près d'Orléans et que cette ville a été réoccupée par les troupes allemandes.
I . Les raisons de ce choix ont été exposées par le général Trochu et par le général Ducrot. Nous les leur empruntons sans nous arrêter à ce qu'elles présentent de contradictoire. Dans son discours à l'Assemblée nationale (p. 121) M. Trochu dit : « J'étais désespéré que l'ennemi ne me montrât jamais que son canon, et j'avais le sentiment que, s'il eût amené son infanterie dans la plaine, je Vaiirais battue avec la mienne. C'était là mon espoir, ma pensée de tous les jours, et je me dis que peut-être, en conduisant l'armée dans la plaine de Saint-Denis, j'obligeais l'ennemi à déployer ses masses. » Et il ajouta pour expliquer son insuccès : « L'ennemi ne nous opposa que son artillerie; il garda toute son infanterie derrière deux petites rivières qui formaient sa ligne de défense, protégée par des villages et par des batteries de position. »
D'après un passage du rapport de M. Chaper, emprunté au journal du général Ducrot, celui-ci, qui se donne pour l'auteur de ce nouveau plan, tout comme du fameux plan de sortie par la basse Seine, « fit observer au gouverneur que l'action de