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(( Si toutefois Votre Excellence jugera à propos de s'en convaincre par un de ces officiers, je ne manquerai pas de le munir d'un sauf-conduit pour aller et revenir.
(( Agréez, mon général, Texpression de la haute considération avec laquelle j'ai Thonneur d'être votre très humble et très obéissant-serviteur.
(( Le chef d'état-major y
(( Comte DE MOLTKE. »
Le général Ducrot et plusieurs des membres du Gouvernement virent dans cette lettre une invitation à entrer en négociations et insistèrent pour qu'on en profitât. Le général Trochu ne fut pas de cet avis et répondit à M. de Moltke :
(( Votre Excellence a pensé qu'il pourrait être utile de m'informer que l'armée de la Loire a été défaite hier près d'Orléans, et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.
(( J'ai l'honneur de vous accuser réception de cette communication, que je ne crois pas devoir vérifier par les moyens que Votre Excellence m'indique. »
11 est bien probable que le comte de Moltke avait vu surtout dans cette communication un moyen d'ajouter
Vartillerie, dans les combats qui venaient d'avoir lieu, avait été particiil ièrement énergique et efficace ; au contraire V infanterie, si elle avait fait preuve d'un incontestable élan, n'avait pas montré une solidité suffisante pour vaincre de sérieux obstacles naturels. En conséquence, il fallait chercher un champ de bataille sur lequel on pût uûUsqv plus particulièrement l'artillerie et rendre plus facile l'action de l'infanterie.
au découragement qu'il devait supposer avoir été produit par Finsuccès des journées précédentes.
N'étant plus pressé par le temps, on remit au 2 1 Topération qu'on avait projeté de commencer le 6. L'objectif principal était le plateau à rampes douces, sur lequel monte la route de Bruxelles, après avoir •traversé le Bourget. Cette route traverse deux ruisseaux, la Mollette et le Morée, qui coulent dans des terrains marécageux. Il fallait donc commencer par enlever le Bourget. La gauche de Tarmée française devait s'appuyer à Saint-Denis, la droite au plateau d'Avron.
En même temps, des attaques étaient commandées de divers côtés, afin de diviser la défense. Le général \^inoy avait ordre d'enlever le village de Neuilly-sur-Marne et de pousser jusqu'à la Villa- Évrard et à la Maison-Blanche, dans la direction de Chelles et de Gournav. D'autres démonstrations devaient être faites contre Stains , Pierreflfitte et Épinay, pendant que, au sud et à l'ouest, toutes les troupes restées disponibles et des bataillons de garde nationale se déploieraient sur les hauteurs, comme pour menacer partout les positions des assiégeants.
Le i8 décembre, suivant l'usage, le gouverneur fit afficher une proclamation, et le général Schmidt avertit la population que les portes seraient fermées à partir du 19 décembre, à midi. C'était leur manière de garder le secret sur les opérations projetées.
Le 21, vers sept heures et demie du matin, commence Tattaque du Bourget. Des wagons blindés
ouvrent le feu, puis quelques régiments se portent sur le village et y pénètrent assez rapidement. Mais des renforts arrivent de toutes parts à Tennemi, et nos progrès s'arrêtent. A onze heures, nous commençons à reculer et, à midi et demi, le gouverneur retourne à Aubervilliers, après avoir informé le général Ducrot, qui était au Grand-Drancy,que ce Tattaque du Bourget paraissant avoir échoué, il ne devait encore prononcer aucun mouvement et en informer le vice -amiral Saisset », La canonnade continua cependant toute la journée, mais sans effets sérieux. Nous avions perdu 1,200 hommes, les Allemands la moitié seulement.
Pendant ce temps, le général Vinoy s'était emparé de la Maison-Blanche et de la Villa-Evrard ; mais, en apprenant Téchec de Faction principale, il les avait abandonnées. Les autres démonstrations n'avaient produit aucun résultat appréciable. On avait encore une fois mis en mouvement toute l'armée de Paris, sans modifier en quoi que ce fût la situation respective des belligérants.
Comme on l'a fait remarquer, « le village du Bourget que nous n'avions pas su défendre contre deux divisions prussiennes, les Prussiens l'avaient défendu contre toute l'armée de Paris. Ce village, dont la perte avait été acceptée d'un cœur si léger par le général Trochu, suffisait à paralyser nos efforts et à faire avorter notre deuxième tentative de sortie en masse* ». Les Prussiens, disséminés sur l'immense