ORGANISATION DE LA DEFENSE EN PROVINCE APRÈS LE 10 OCTOBRE
ENDANT ce temps, M. Gambetta, énergîquement secondé par M. de Freycinet, qu'il avait investi du titre de Délégué du ministre de la guerre, achevait les préparatifs de la grande campagne par laquelle il espérait délivrer Paris et sauver la France. Avant de reprendre le récit des faits militaires, nous allons résumer les traits principaux de cette organisation en nous aidant du livre de M. de Freycinet, sur la Guerre en province.
Tout était à faire ou à peu près. Par une imprévoyance à peine concevable, on avait retenu à Paris presque tout le personnel administratif, et la Délégation de Tours, qui devait être le vrai, le seul gouvernement de la France, se trouvait désarmée de
tout moyen d'action. Deux généraux et deux colonels constituaient tout le personnel du ministère de la guerre \
Ce qui rendait la tâche encore plus difficile, « c'est qu'à ce personnel déjà si exigu le nécessaire même manquait. Il avait été expédié de Paris si précipitamment et, croyait-on, pour si peu de temps, qu'on ne lui avait pas donné son bagage administratif ordinaire. Les archives étaient demeurées dans Paris. On ne possédait à Tours ni les dossiers de l'armée ni les cartes de Tétat-major. Ainsi on allait être condamné à constituer des cadres et à confier des commandements sans connaître les antécédents des officiers, et à faire la guerre sans se diriger sur des cartes^ »
Non-seulement on n'avait pas de cartes à envoyer aux troupes en campagne, mais l'administration centrale elle-même en manquait pour suivre les opérations engagées. Au commencement d'octobre, le secrétariat général de la guerre ne possédait pas
I Je ne puis mieux faire, pour donner une idée de cette situation, que de copier une note du livre de M. de Freycinet, p. 1 3 : « Je citerai pour exemple le personnel des 6" et 8^ directions (services administratifs). Au i^*" janvier, même après que de notables augmentations avaient été faites par la nouvelle administration, ce personnel, comparé à l'état normal de paix, présentait l'infériorité suivante :