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LES MŒURS ET LES TRANSFORMATIONS DE LA VIE

Le coût de la vie. — L'aviation. — L'aspect de Paris.

Durant le demi-siècle qui suit la guerre de 1870, les vingtcinq dernières années notamment, l'extraordinaire amélioration des moyens de transport, l'automobile et l'aviation, l'électricité, le téléphone apportent aux conditions de l'existence une modification beaucoup plus grande qu’au cours des deux ou trois siècles précédents.

L'automobile est un des principaux agents de cette trans-. formation. Bien que les voies ferrées se soient multipliées dans des proportions considérables : 51 000 kilomètres en 1912 contre 9600 en 1860, soit près de six fois plus, cette augmentation s’est opérée graduellement. L’accroissement des transports automobiles au contraire se fait sur un rythme beaucoup - plus rapide. Les changements qu’il introduit sont plus étendus et plus marqués.

Le chemin de fer laissait en dehors de lui certaines régions écartées, des bourgs, des villages dont l'aspect, la vie quotidienne n'étaient pas sensiblement différents . ce qu'ils étaient il y a cent ans. Avec l'automobile, par suite de la grande richesse de notre réseau routier, il n’est plus de contrée, plus de village et même de hameau, si reculé soit-il, qui ne soit .atteint. Le chemin de fer avait fait abandonner les routes et les auberges qui les jalonnaient ; elles ne servaient guère plus que pour les besoins locaux. Voici que l'automobile, d’un coup de baguette magique, leur rend l’animation et la vie. L'aspect de la province tout entière, le rythme de son existence en sont. transformés.

Dès son apparition, vers les dernières années du siècle, dès

Les Etats-Unis, où il n’est presque aucune famille, si pauvre t-elle, ne possédant sa voiture, marquent le sens et la portée e cette évolution. Par le rapprochement entre les campagnes à . et les villes, elle est en train de modifier les rapports qui exis- | tent entré elles’ Les grandes agglomérations où la vie devient difficile : rareté et eherté des logements, encombrement crois- | - ” sant des rues, tenderont à déborder sur les campagnes voisines, __ à agrandir démesurément leurs banlieues. Le chemin de fer fut une des causes, avec beaucoup d’autres, de la dépopulation des * campagnes. Il fit affluer un certain nombre de ses habitants vers les centres urbains. [l se peut que, dans un pays comme la … France où les distances ne sont pas très grandes, l’automobile produise une conséquence inverse, qu'elle ramène vers les - campagnes, vers les bourgs et les petites villes, sinon vers les / villages, quelques-uns de ceux qui les avaient quittés. Elle pourrait ainsi, dans une certaine mesure, remédier à la dimi- : nution désastreuse du peuplement rural.

__ L’émigration des villages vers les villes, surtout les plus grandes, s’est manifestée pendant tout le cours du x1x° siècle et particulièrement de 1870 à nos jours. Elle à été un des facteurs de la dépopulation. Elle s'explique par des raisons multiples, à la fois matériellés et morales. Non seulement la vie était demeurée dure et même très dure, dans la plupart des | campagnes, où le confort, l'agrément ne s'étaient guère améliorés depuis un siècle. Cette existence en outre paraissait - morne, et sans attrait à beaucoup de ceux, surtout les jeunes, - qui pouvaient faire la comparaison àvec l'existence des cita- - dins. D’où la rupture d’équilibre. | La condition des travailleurs agricoles, ouvriers, fermiers, petits cultivateurs, n'avait fait que peu de progrès. Le prix de certains produits agricoles, au lieu d’augmenter, avait plutôt tendance à baisser, alors que cependant la valeur de largent . diminuait. : £ Le froment, qui valait un peu plus de 32 francs les 100 kilorammes en 1860, après avoir baissé à 19 francs en 1881, à 13 francs en 1895, était à 15 fr. 50 en 1903. Le beurre qui

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des désordres . qui se produisirent dans;le Midi : Confé- dération générale des vignerons, meetings, émeutes à N arbonne, ! à Béziers ; défection d’un régiment, le 17.

Ici comme ailieurs, la guerre apporta de très grands change-

ments. Les produits agricoles se vendent beaucoup plus cher.

La prospérité, le bien-être des populations rurales s'aceroissent. Beaucoup de villages ont maintenant l'électricité, le téléphone, E le cinéma. Le jour n’est plus éloigné où tout possesseur de quelques hectares aura son automobile, lui permettant de se

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rendre à la ville, quand il lui plaît, de jouir ainsi d’une bonne

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