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Re ire n’en demeure pas moins, par la beauté de l’en-
FE ble profusion anim e, colorée des détails, une œuvre 1",
dont le rayonnement et l'influence furent considé-
élo, es et les critiques qui laccueillirent, les polé- É,
3 mouvement d'opinion qu’elle suscita attirèrent, sur 4
ARE tions traitées, l'attention, la curiosité du publie et #4
e du’grand publie. 2 “ VEN AT ONE)
Renan, lui aussi, chez qui les illusions sur l'Allemagne à 4
s’eflondrent de très haut, continue, après la guerre, ses Ori- “È gines du Christianisme. L'Antéchrist est de 1873; les Evan-
iles, de 1877; Marc-Aurèle, de 1881. IL entreprend, de À
| 888 x 1894, l'Histoire du Peuple d'Israël. Les Dialoques philosophiques sont de 1876; les Drames philosophiques, de 1878 à 1886. ; #
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= Au lendemain de 1870, dans sa Réforme intellectuelle et
morale, qui paraît à beaucoup d’égaras en contradiction avec le
restant de son œuvre, il prônait la reconstruetion de la France ï
sur le modèle militaire et politique, c’est-à dire autocratique ! . de la Prusse, son vainqueur. La leçon brutale des faits l'ame- -nait à jeter ainsi par-dessus bord quelques-unes de ses idées.
Il se remit à sa grande œuvre historique, la poursuivant d’un effort régulier, ajoutant une pierre après l'autre. De temps à
|” autre, il s'échappe de ce travail d’érudition, dont les grâces de __ son tâlent ne-parviennent pas toujours à parer l’austérité. Le … goût des. idées, de la discussion en elle-même, pour le simple
__ plaisir que cette gymnastique prôcure à l'esprit, le doute phi-
losophique s'épanchent dans ses Dialoques, dans ses Drames
où éclatent, plus que partout ailleurs, les séductions de son
esprit, de son style prestigieux. ,
__ Républicains et anticléricaux, sans qu'il les y ait le moins
. du monde autorisés, le tirent à-lui, se servent de quelques-
unes de ses conclusions, dans leur lutte contre le clergé. En cela, il exerce une influence sur la politique. Ce qu’on a appelé l'esprit renanien d'autre part, son doute qui, parois, n’est pas loin. de ressembler à du dilettantisme, se font sentir jusque vers la fin du sièele.
Chez Taine comme chez Renan, les opinions et les dectrines cadrent mal avec les besoins, les aspirations d'un pays, désireux de reprendre sa place, une des premières, en Europe et dans le monde, de reconstruire matériellement et moralement
Ja puissance.française. Il y a, à bien des égards, un désaccord
entre la pensée et l’action. Beaucoup, surtout parmi les jeunes, tendent à s'échapper de ce cercle un peu froid, où leurs dirigeants intellectuels les enferment. w
Bergson. Sa doctrines
* Voici que Bergson, un des maîtres de la pensée contemporaine, vient leur ouvrir toute grande cette issue. :
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Son premier livre, l'Essai sur les données immédiates de
la conscience (1888, provoque un vil mouvement d'intérêt ;° son ‘influence est, par ailleurs, des plus grandes, par son cours au lycée Henri IV, à l'Ecole Normale, au Collège de France. Toute une génération d'étudiants, de professeurs, d'écrivains, “subit profondément son empreinte.
Qu’y a-t-il au fond de cette philosophie qui, bien mieux que la précédente, convient à l'esprit et aux tendances de la France
nouvelle ? Ainsi qu'il arrive à tout système, dont la portée et la vogue sont des plus grandes, on en tire dans tous les domaines, philosophique, intellectuel, artistique, des développements et des conclusions auxquels son auteur n'avait nulle-
ment songé. | :
A l’origine, un fait d'expérience et d'observation intérieure : le temps, tel que le définissent les philosophes (de là les contradictions, les antinomies auxquelles ils aboutissent), n’a aucun rapport avec la véritable durée, donnée immédiate de la conscience, telle qu’elle est perçue par nous. Dans cette durée, la vraie, la seule, les états d’âme se succèdent d’une manière ininterrompue, s’enchevêtrent, sans qu'il y ait jamais solution de continuité. Leur déroulement est pareil au cours d’un fleuve dont les eaux ne s'arrêtent jamais. Cette durée, telle que l'observation intérieure la fournit, n’a aucun rapport avec le temps, comme le concoivent les philosophes, ce dernier par cela même qu'il est soumis à la mesure, n'étant en réalité que de l'espace.
Lorsqu'un de nous s’écrie : « Cette minute m’a paru longue comme ün siècle », il ne fait que traduire, à sa manière, le principe fondamental, essentiel, de la doctrine bergsonienne. La minute qu'il a vécue peut, par l'intensité de ses états d’âme, la rapidité avec laquelle ils se déroulent, être, en effet, plus longue que celles qui l’ont précédée ou suivie. Cela revient à dire qu’elle ne saurait être mesurée par le mouvement d’une aiguille se déplaçant sur le cadran d’une montre.
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