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* ra geant, dès qu'il estimait que ce principe, cette idée étaient cause. Il ne fallait pas poser la question de la manière dont on. la posa si lon ne voulait pas le contraindre à répondre É « Non ». ) L'erreur de ceux qui désiraient son retour fut de laisser ladiscussion s'engager sur ce terrain. 100 Quand on vit exilé dès sa plus tendre enfance, on finit par | se faire à l'exil. Le prince, grand chasseur, s’était arrangé une existence supportable. Le vieux burg de Piten, château féodal juché sur son roc à pie, et dominant fièrement la vallée, lui offrait un rendez-vous de chasse pittoresque et plaisant. À quelques kilomètres est lechäteau de Schwartzau où vit, depuis la perte de ses stats, son parent le duc de Parme, entouré d'une très nombreuse famille. Deux descendants des Bourbons se trouvent ainsi tout près l’un de l’autre. Ce voisinage, l’étroite amitié qui les lie, est pour chacun d’eux une consolation.
La fusion.
Pour que la restauration de la royauté ait quelque chance de s’accomplir, il faut avant tout que les deux prétendants se mettent d'accord, que l’un s'incline et s’efface devant l’autre. C'est à quoi travaillent les royalistes. Aussitôt l’abrogation des lois d’exil votée, les princes peuvent rentrer en France. Cédant à de vives instances, le comte de Paris écrit à son cousin le comte de Chambord, qu'il est prêt à se rendre auprès du chef de la Maison.
Seulement, cette fusion s’accomplit du bout des lèvres beau-: coup plus que du fond du cœur. En réalité, les voix du passé sont les plus fortes; une méfiance indéracinable subsiste. Le comte de Chambord, pour éviter tout malentendu, tient à faire connaître son programme. Îl pose tout de suite la question du drapeau, dans le manifeste du 29 janvier 1872 qui se termine ainsi : Henri V ne peut pas abandonner le drapeau d'Henri IV.
Dès lors et quoi ques lasse, les dés étaient jetés. Le prince, auprès de qui on multiplie vainement les efforts et les démarches, ne démordra pas de son idée : « En dehors de mon principe, déclarait-ilobstinément, je ne suis qu'un gros homme boiteux ». Cette obstination, ces scrupules, qui d’ailleurs ne sont pas sans beauté {avec moins de noblesse et de droiture, il aurait pu promettre, quitte à ne pas tenir), traduisent une volonté inébranlable. Le prétendant se rend compte obscurément — c’est une intuition plus qu'une idée — qu'entre la France telle qu'il
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r uverai et lui, il y à un abime. Comment le combler? ays ne bougera pas. C'est donc lui, le prétendant, qui accomplir tout le chemin, et à quoi bon? pour quel
u quelques mois, comme son grand-père, le chemin de l'exil ? sont les sentiments et les réflexions qui, d’une façon
4 comment le faire avec une Assemblée dont la majorité ne veut
placer ?
L'œuvre de relèvement.
\ Libération du terrilotre.
… : - Tant qu'il s’agit de la réorganisation du pays, Thiers par son ascendant, son prestige, impose à peu près ses directions. . Cequ il faut avant tout, c’est libérer lesol national del’envahisseur qui l'occupe jusqu’au paiement intégral de l’indemnité. Un emprunt de deux milliards, souscrit en un seul jour, fournit les - fonds nécessaires et permet d'obtenir. bien avant les délais __ fixés, l'évacuation d’une première tranche. Le pays revient très vite à l’ordre. Une revue passée au Bois de Boulogne fait __ acclamer l’armée dont on presse la réorganisation, sur le prin- cipe du service obligatoire, comme en Prusse. Organisation des assemblées municipales et cantonales; réforme des finances ; création d'impôts indirects ; second emrunt de :trois milliards, sauf quelques menues frictions, Thiers -et l'Assemblée s'entendent là-dessus. De cette collaboration, découlent les plus heureux résultats.
Thiers qui n’était que le chef du pouvoir exécutif est, en septembre 4871, nommé Président de la République. Ce n’est qu’une solution provisoire. Le Président est seulement le délégué
t? Pour être obligé de reprendre, d’ici quelques années
Pr Te 454 DCR RE Eh Sn US 5 rs 36. | LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE | | de l’Assemblée qui conserve ses droits souverains. Thiers, en somme, est, en même temps que Président de fa République, Président du Conseil. Les élections du 2 juillet 1871 marquent un succès incontestable pour sa politique. Elles sont un échec
pour les royalistes. Elles montrent que la consultation qui s’est
faite pendant la guerre, dans des circonstances exceptionnelles,
ne représente pas la véritable opinion du pays.
L'Assemblée Nationale, dès lors, aurait pu et aurait dû s’ins-
taller à Paris où l’ordre est depuis longtemps rétabli, où sont demeurés les Ministères. Mais elle tient, par une volonté nettement délibérée, pour marquer sa défiance de la capitale, à demeurer à Versailles.
Voilà üne étrange situation. Paris a toujours été et demeure la capitale de fait, rien au monde ne pouvant lui enlever cette primauté. Mais, par l'effet d’une décision arbitraire, par une
wéritable fiction, Versailles est promue au rang de capitale
eonstitulionnelle. :
Entre l’une et l’autre, la distance heureusement n’est pas grande, même à cette époque, où le chemin de fer, à défaut de l’automobile, existe déjà. Le va-et-vient incessant de Paris à Versailles, les trains parlementaires, l’arrivée et le départ à la gare Saint-Lazare, les déjeuners à l'hôtel des Réservoirs, l’attente anxieuse des nouvelles, les jours de grandes séances, sont un des traits de la vie politique durant cette période.
Le conflit est latent, inévitable entre Thiers et l'Assemblée qui ne le supporte qu'avec peine. Le succès des républicains aux élections (celles du 9 juin 1872 confirment celles du mois de juillet précédent) mécontente les monarchistes qui sentent que, faute d’une action énergique et décisive, la partie sera définitivement perdue pour eux.
Premier incident.
La première bataille s'engage au sujet de la discussion finaneière. Impôt sur le revenu, taxes sûr les matières premières,
mérites respectifs des impôts directs ou des impôts indirects, il
est déjà question de tout cela dans cette discussion dont certains traits rappellent celles qui se poursuivront sur le même sujet un demi-siècle plus tard. C’est que lorsqu'un Ktat, comme un individu, a besoin de remettre en ordre ses finances, les solutions qui se présentent, les remèdes auxquels il peut recou- “ir sonten nombre strictement limité.
Thiers est mis en minorité à propos d’un vote sur les ma-
+ US ie fé oeti + Ar ? LE En LEA + Fe » " 14% LEA ñ s EE e < = “ ;
LE GOUVERNEMENT DE THIERS AT QU A Ê— tières premières. Il donne sa démission que, sur les vives ins-
__ tances de la plupart des députés, il reprend d’ailleurs aussitot après. L’incident semble réglé ; mais c’est un signe avertisseur de la crise dar Il prouve que la majorité royaliste et conservatrice de l’Assemblée est résolue à se séparer, dès qu’elle le pourra, d’un chef avec qui, touchant le point essentiel de sou programme, elle ne se sent pas d'accord. ;
L'Assemblée, en somme, se résout à subir Thiers tant qu’elle estime confusément qu’elle ne peut pas se passer de ses services. La tâche primordiale, la libération du territoire n’est pas encore accomplie. Il reste de gros paiements à effectuer à l’'Allemagne ; 1l reste à obtenir d'elle l’évacuation de plusieurs départements de l'Est, y compris Belfort. Ce sont là des négociations difficiles. Les Amendes. surtout Bismarck qui mène tout, sont partagés entre deux désirs : celui de toucher leurs milliards le plus vite possible, ce qui est bon à prendre étant bon à garder, et la France qu’ils jugent toujours beaucoup plus désordonnée, beaucoup plus révolutionnaire qu’elle n’est, pouvant être secouée par quelque nouvelle convulsion, qui retarderait inévitablement les paiements. |
Cependant, tout ravis qu'ils sont d’empocher cet argent beaucoup plus vite encore qu’ils ne s’y attendaient, ces règlements anticipés, la facilité avec laquelle ils s’accomplissent, leur démontrent l’étonnante vitalité de leur adversaire, la rapidité miraculeuse de son relèvement. Ils craignent, ou ils font semblant de craindre que ce relèvement trop prompt n’incite à la revanche « l'ennemi héréditaire ».
De là la mauvaise humeur de Bismarck, sur qui les militaires essaient de faire pression, ses accès de brusquerie, parfois de grossièreté, lorsque, notamment au sujet d’un acquittement qu'il jugeait scandaleux (assassinat d’un soldat allemand par un Français), il se laisse aller à publier une note insolente, presque outrageante pour notre pays. |
Thiers est le seul homme d’État capable de se débrouiller au milieu de toutes ces difficultés, d'obtenir, avec une fermeté mêlée de souplesse, l'évacuation rapide du territoire. L'Assemblée ne l’ignore pas, et c’est pourquoi elle le laisse au pouvoir.
Traité d'évacuation.
Le traité d'évacuation est enfin signé le 15 mars 1873. Il n'y aura bientôt plus un seul soldat allemand sur le sol français. L'Assemblée décide (elle ne pouvait guère faire autrement)
& > = Tige que Thiers a bien mérité de la patrie. C'est pour lui le capi tole. La roche tarpéienne est toute voisme. © SRE
Chaque victoire des républicains aux élections est pour L As. semblée monarchiste un coup de fouet qui la pousse à préciprter les événements, à renverser Thiers, à mettre à sa placeun homme en qui elle ait pleine confiance pour lexécution de ses desseins. D