‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 13 sur 112 · ET · texte numérisé non relu

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cours audacieux, et au fond très habile, déchirant les voiles,

dissipant les équivoques, il justifie sa politique. Jugeant-la

prétendants, il donne, ou plutôt il confirme son adhésion à la

3 République. S'il tombe, il entend, comme on dira plus tard, tom- % ber à gauche. Mis en minorité, il donne sa démission le - 24 mai 1873. L'Assemblée Nationale, conformémentau scénario

soigneusement préparé par la majorité, nomme à sa place le

33 maréchal Mac-Mahon.

L'œuvre de Thiers.

La France eut la chance de trouver à l’une des heures les

à plus sombres de son histoire, ce chef, ce grand chef qui, sous

réserve de quelques fautes, d’ailleurs difficiles à éviter, prit en mains ses affaires, les débrouilla, les conduisit avec autant de

prudence que de vigueur.

Pour la continuation de la guerre à outrance, pour la conclusion de la paix, peut-être une politique plus obstinée, plus militante, surexcitant toutes les énergies nationales, eût-elle permis au pays d'obtenir des conditions un peu meilleures. La

paix signée, le gouvernement de Thiers ne mérite que des éloges. Il tint tête à la Commune et la vainquit. Il releva, il réorganisa avec une rapidité qui surprit tout le monde, à commencer par nos ennemis, un pays ruiné par la guerre civile et

la guerre étrangère. Il ramena partout l’ordre et la confiance ; Il RE irstion fut réformée, les finances restaurées. En peu de temps, au dedans comme au dehors, la France reprit la position qu’elle avait perdue. Thiers (c’est en cela-qu’il se montra le plus grand), bien que du fond de son cœur 1l inclinät peutêtre vers un régime de monarchie constitutionnelle, un recommencement de [a Monarchie de Juillet, sentit très vite que la division des royalistes, d’une part, l’évolution très marquée du pays, de l’autre, rendaient le retour de ce-régime impossible. Îl voulut donc, dans l'intérêt national, écarter cette solution qui n'aurait servi qu'à provoquer de nouvelles révolutions, de nouvelles convulsions. La voie la plus sûre consistait à attendre, à faire que la question du régime se posât le plus tard possible. Tout le temps que l’on gagnait ainsi, la République l’employait à s’affermir, à se oil Cette politique intelligente, prudente, ce Nestor parlementaire dépensa pour l'appliquer et la poursuivre, un soin, une adresse infinis. « Remettons le plus

vite possible notre maison en ordre, semblait-il dire à tous,

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