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nous aurons toujours le temps de nous disputer ensuite pour
savoir qui doit en être le chef. » Grâce à lui, les convulsions, le chaos qui auraient pu dès les premiers jours se produire, qui auraient gravement compromis le relèvement national, furent ainsi évités.
L'Assemblée et le Roi.
Voici done réglée une des deux questions qui s'étaient posées :
dès les premiers jours : le conflit entre l’Assemblée Nationale et le chef qu’elle s’était donnée. Il reste la seconde : la restauration monarchique. C’est à quoi l’Assemblée va tout de suite s’employer. Ici les difficultés de la solution, on pourrait même
dire son impossibilité, résultent non point de la volonté des
hommes, mais de la nature des choses.
Le nouveau Président de la République, Mac-Mahon, estavant tout un soldat peu au courant de la politique qu'il n’entend guère. Ses convictions l’entraîneraient vers une royauté constitutionnelle. Mais, loyal et consciencieux, il estime que ce changement, s’il est accompli, doit l’être par les moyens légaux, non par un coup de force.
Or, la situation est à ce point embrouillée par les divergences
profondes existant entre les deux prétendants, par le refus.
obstiné de l’un des deux de s’incliner devant les réalités, qu'une solution légale, constitutionnelle, obtenue à la suite d’un accord à l'amiable et par un vote de l’Assemblée, est pratiquement impossible, Seul, un coup de force mettant les uns et les autres
en présence du fait accompli, aurait pu surmonter cette diffi-
culté.
La solution réalisée de la sorte aurait-elle été durable? C’est
une autre question. Il est probable que non. Quoi qu’il en soit,
on s’obstina à dénouer un nœud qui ne pouvait qu'être tranché.
Le comte de Paris à Frohsdor/.
Du jour où les royalistes de l'Assemblée ont à la Présidence un homme qu’ils croient à eux, leurs efforts pour restaurer la monarchie vont devenir plus pressants. Il faut avant tout mettre enfin d'accord les deux branches dynastiques. Lettres et messages n'ayant donné jusqu'ici que des résultats-peu satisfaisants, les princes d'Orléans, sur les vives instances de certains de leurs partisans, se décident à une démarche suprème : ils se rendent à Frohsdorf auprès du comte de Chambord, recon-
pourvu que ce dernier sache se résoudre aux sacrifices néces-
saires et tenir compte des changements survenus, c’est-à-dire,
.en somme, accepter une royauté constitutionnelle. Comme le dit l’un d’eux, ils ne veulent pas signer au prétendant un chèque - en blanc. ;
Or, ces conditions qu'on cherche à lui imposer, ces limitations de son pouvoir .absolu et de droit divin, le comte de Chambord a fait connaître à plusieurs reprises déjà, de la manière la plus formelle, qu’il les repoussait. En vain essaierat-on, grâce à des formules savamment dosées, de voiler cette équivoque. Un moment vient où les voiles se déchirent et léquivoque apparaît.
Le symbole du drapeau bianc.
La question du drapeau n’est qu'un symbole. Elle recouvre une question fondamentale, celle de la royauté absolue qui, si elle tolère quelques limitations, entend les fixer elle-même au lieu de se les laisser fixer par la nation. Nous voici revenus, un demi-siècle plus tard, à la charte octroyée.
- Avec cette conception, cet état d'esprit, le comte de Chambord, le roi des Mérovingiens, comme l’appelaient ses adversaires,-fit aussi bien de ne pas rentrer. Le sort de Charles X, son aïeul, eût été presque à coup sûr le sien.
Beaucoup de ceux qui affectaient de désirer son retour, la plus grande partie des orléanistes, le désiraient-1ls vrarment, du fond du cœur ? Tous les doutes sont permis. Il paraît à cette époque un article du Times, directement inspiré, à ce qu'on croit, par le chef du Gouvernement, le duc de Broglie en personne, et exposant fort clairement les dispositions des orléanistes. Ceux-ci, disait l’article, forment un parti puissant avec lequel le prétendant doit compter. [ls sont prêts à des conces-
sions, maïs ils ne veulent pas être seuls à les faire. Et le pré-
M: ÉD IORT #
= di — are: Pr Te ne :
tendant légitimiste était adjuré de ne pas sacrifier la politique de Henri 1V à la bannière de Jeanne d'Arc. Re —
C'est toujours, on le voit, au même point mort qu’on revient, à cette éternelle question du drapeau qui recouvre et symbolise toutes les autres. Or, là-dessus, tout accord est resté impos- -sible.
Dernière tentative. — La mission Chesnelong.
Rien n’illustre mieux les difficultés au milieu desquelles on - se débat, les contradictions auxquelles on se heurte que les dernières négociations entreprises pour amener quand même un accord, pour essayer de concilier ce qui était inconciliable. Les orléanistes, le groupe le plus important de l'Assemblée Nationale, qui détiennent le pouvoir, sans qui, par conséquent, —on ne peut rien, se rallient, sur l’invitation de leur prince, au prétendant légitimiste. Mais ils ne veulent pas le voir revenir sans conditions. A Le comte de Chambord répugne à accepter aucune condition. Il a une défiance innée, on pourrait presque dire une horreur du monde parlementaire, de ses tractations, de ses intrigues. Cette défiance est telle qu’elle s'étend même aux députés de son propre parti. Elle est entretenue par son entourage, elle pénètre tous ses sentiments, inspire et explique tous ses actes. Voilà le point essentiel qu’il faut sans cesse avoir présent à l'esprit, car sans cela {out ce qui se passa alors devient à peu pe incompréhensible. Les garanties constitutionnelles qu'on ui demande, ou plutôt qu'on essaie de lui imposer, il les accepterait à la rigueur, du bout des lèvres, bien qu’elles aient pour résultat de le mettre, chaque fois qu'on lui en parle, dans la plus vive irritation. Sur la quéstion du drapeau, qui domine toutes les autres, il se montre, en revanche, irréductible. Toutes les tentatives faites pour l’amener à céder, si peu que ce soit, à accepter une formule transactionnelle, un compromis, un trompe-lœil, se heurtent à son refus obstiné. En vain essaiet-on d’envelopper d’obscurités, de nuages, cette antinomie; . c'est reculer pour mieux sauter. Au moment décisif, le prince, par quelque démonstration retentissante, une déclaration ou une lettre, déchire ces nuages. La vérité apparaît dans tout son éclat.
Une commission parlementaire composée de neuf membres est chargée d'élaborer les conditions qui doivent être imposées au prince avant que l’Assemblée Nationale rétablisse la
. LE GOUVERNEMENT DE THIERS DE Pr narchie Les chefs légitimistes les plus autorisés refusent " participer, ce qui est déjà très significatif: N’ignorant pas
véritables dispositions de leur roi, ils ne se soucient guère
see de se mettre en avant, de prendre à leur charge la responsabi- lité d’un échec qu'ils redoutent et qu'ils prévoient. Les garanties demandées visent les lois constitutionnelles : pouvoir exécutif du roi, pouvoir législatif des deux Chambres, responsabilité des ministres ; les libertés civiles et religieuses. . Sur la demande expresse de Mac-Mahon, fidèle interprète des dispositions de l’armée, une stipulation dernière est ajoutée. __ Elle se résume dans cette formule : « Le drapeau tricolore est maintenu. Il ne pourra être modifié que par l'accord du roi et de la représentation nationale. »
| Sans le drapeau tricolore, avait déclaré nettement le Prési- __ dent, l’armée ne marcherait pas. « Les chassepots, disait-il, __ partiraient tout seuls. »
Celte stipulation dernière devait inévitablement faire échouer fe reste. æ Le programme des conditions arrêté, qui se chargerait d'aller de soumettre au prince dans son exil et de le faire agréer par lui? Sachant cette mission ingrate, pleine d’embüches, les personnages les plus marquants, les plus désignés pour s’en charger parmi les légitimistes et les orléanistes, se défilent prudemment. Un brave homme s’offrit, qui n'avait pour lui que ’être un brave homme; ce qui dans [a circonstance n’était pas assez, plein d’intentions généreuses, droites, mais manquant d'expérience : Chesnelong, ancien négociant, rallié de fraiche date à la monarchie. [l ne connaissait pas le prince et ne l'avait jamais vu. Un honnête courtier, rien de Se Porteur de ce lourd message, il demande une entrevue qu'on lui fait attendre. Le prince le reçoit à Salzbourg, l'écoute longuement, le laisse — parler beaucoup plus qu'il ne parle lui-même.
La question du drapeau, la pierre d’achoppement, est enfin abordée. Le premier entretien ne donnant aucun résultat, elle est reprise dans un second, après le diner, suivi d’un troisième, beaucoup plus court, au moment du départ. Chesnelong, désireux de coûte que coûte, se met en mal d'inventions pour trouver malgré tout une échappatoire, un compromis. Le problème paraissant insoluble en bloc, il imagine de le débiter en tranches, .de le découper en trois. La question du drapeau ne serait pas posée. Le prince se réserve de la régler d'accord avec l'Assemblée. Un moment, Chesnelong espère avoir con-
verti son interlocuteur. Espérance vaine! A la dernière minute,
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NE Te x Ë r ; } A le comte de Chambord refuse son adhésion à la clause essen- | tielle, celle qui envisage, pour le drapeau, son accord avec
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l’Assemblée. Il entend régler l’affaire du drapeau à lui seul et …
selon sa propre volonté. Ïl ne veut pas dépendre en cela dela,
volonté du Parlement. | S EL
L'éguivoque.
Novice en ces sortes de pourparlers, prenant ses désirs pour des réalités, Chesnelong revient à Paris s’imaginant de bonne foi qu'il a réussi, alors qu'il a échoué. On se trouve en pleine équivoque qui se prolonge et même s'épaissit durant les. semaines suivantes. Les députés royalistes croient (certains d’entre eux, mieux renseignés, font semblant) que tout est réglé, alors que rien ne l’est, que le prince s’est finalement rallié au drapeau tricolore, ce qui n’est pas vrai. Ils s’avancent ainsi sur ce terrain mouvant qui ne peut que se dérober sous leurs pieds. Des préparatifs sont faits presque ouvertement en vue du rétablissement prochain, sinon immédiat de la monarchie. Tout le scénario parlementaire, militaire, protocolaire est réglé. Les chefs de l’Assemblée préparent le projet de loi qui doit faire remonter sur le trône le descendant d’une longue lignée de nos rois. Des carrosses de gala sont commandés. Le maître tailleur a livré l’uniforme fleurdelisé.
Républicains, bonapartistes, tous les adversaires de la royauté vivent dans l’attente et dans la crainte.
A la base de tout cela, cependant, il n’y a qu’un terrible, un tragique malentendu, qui, pour peu qu'on s'explique, ne saurait tarder à se dissiper. Or, il est impossible qu’on ne s’explique pas, trop de gens ayant intérêt à ces explications. Les orléanistes désirent que les engagements du prétendant soient précisés. Mais dès qu’on essaie de les rédiger, de les mettre, comme on dit, noir sur blanc, tout est perdu.
À Frohsdorf, d'où il suit, attentif et quelque peu déçu, toutes ces tractations qui ne lui plaisent guère, le prince a le sentiment qu'on essaie de le ligoter sous un réseau‘d’intrigues. Sa nature droite, tout d’une pièce, se révolte. Cédant à son tempérament, il écrit la fameuse lettre du 27 octobre, qui, sur son ordre formel, insérée dans / Union, l'organe légitimiste, donne le coup de massue final à ces tentatives de restauration monarchique. Il s’y déclare une fois de plus obstinément fidèle au drapeau blanc.
Dès la lecture de ce message, c’est l'abattement, la conster-
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LE GOUVERNEMENT DE THIERS © kg
3 nation parmi les royalistes ; les républicains, eux, sont dans la SOC RE «. | er 3 Ainsi, malgré les efforts des hommes, des causes toutes- puissantes, sur lesquelles personne ne pouvait rien, produisaient fatalement, inexorablement leur effet. Les voix lointaines et profondes du passé dominaient chez le prince tous les appels … du présent. Son esprit, son caractère, tels que l’avaient façonnés - les influences ancestrales, son éducation, son milieu, un long exil, ne pouvaient pas se plier aux exigences du moment. Lés conditions qu’on prétendait lui imposer lui étaient odieuses, insupportables. Si l'on voulait qu’il s’assit sur le trône de ses pères, il fallait ly laisser remonter sans condition. Mais alors, selon toute vraisemblance, il n’y serait pas resté longtemps.
Le séjour du prince à Versailles.
Ici se place un curieux épisode qui fait ressembler par moment l’histoire, surtout l’histoire de France, à un romanfeuilleton. Après le message du prince, on pourrait croire que tout est fini pour lui, qu’il a fait son deuil d’une restauration.
Il n’en est rien. Dix jours ne se sont pas écoulés que le prince, par un coup de tête qui ressemble à un coup de théâtre, décide subitement de partir en grand secret pour Versailles, afin d'entrer en rapport avec le maréchal de Mac-Mahon, de régler en tête-à-tête avec lui ce que les parlementaires intrigants et brouillons n’ont réussi jusqi’ici qu'à embrouiller. Il s’installe incognito chez un de ses fidèles, M. de Vanssay. Il demande un entretien à Mac-Mahon. Saisi à brûle-pourpoint de cette requête inattendue, le Maréchal, poliment mais fermement, refuse. Il tient, dit-il, tous ses pouvoirs de l’Assemblée Nationale souveraine ; sans l’assentiment de celle-ci, il ne peut : rien et 1l ne fera rien.
Par quels motifs mystérieux, obscurs, s’explique cette décision si imprévue du prétendant? Il y eut chez lui cette idée juste, en son principe, mais fausse dans son application, que la restauration ne peut être que le résultat d’un fait rapidement
accompli. Bien loin de la faciliter, les pourparlers, les négociations des parlementaires ne servent qu’à la reculer, à la rendre impossible. Le roi se montre brusquement au milieu de son peuple, il rentre dans son palais, il s’asseoit sur le trône de ses
ères au milieu des acclamations de ses sujets surpris et bientôt ravis de cette crâne décision. Quoi de plus simple? Quoi de plus naturel ? À quoi bon les tractations, les marchan-
RON SD ed PR RATER NS FA TN ESS
d6 LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE
dages des hommes politiques, jaloux les uns des autres, pen-
sant beaucoup plus à eux-mêmes qu’à la cause qu'ils affectent de défendre ? er
Le prince n’oubliait qu’une chose, cependant essentielle : Je fait accompli, Le coup de force, ne peut réussir que dans une période de crise, ou lorsqu'il trouve derrière lui une force capable de l'appuyer. Or, cette force-là manquait totalement.
En période normale, ce qui était alors le cas, tous les pou-
voirs appartiennent à ces RL qu'il avait en borreur,
aux ministres, au Président qui n’en sont que l’émanation. Sans leur appui, sans leur coopération, personne ne peut rien. Les événements le lui firent bien voir.
Le procès Bazaine.
Le procès du maréchal Bazaine, qui passionna le pays,
s'ouvrit à Versailles le 6 octobre 1873 dans les salons de
Trianon. |
Sous la pression de l’opinion, Thiers, qui tout d’abord n’en voulait pas, avait dû laisser instituer contre le Maréchal une enquête qui fatalement y conduisait. Le mot fameux de Gambetta : « Bazaine a trahi », était sur toutes les lèvres. Il résumait à peu près l’état des esprits.
Le Conseil de guerre composé de généraux ayant commandé en chef devant l'ennemi et de divisionnaires, était présidé par
le duc d’Aumale. L'acte d'accusation lu par le général Séré de
Rivière, s'appuyant sur des raisons strictement militaires, reprochait à Bazaine de ne pas avoir, avant de livrer à l'ennemi la forteresse qu’il était chargé de défendre et son armée, fait tout ce qui dépendait de lui pour empêcher cette capitulation.
L'accusé choisit comme défenseur Lachaux, le célèbre avocat d'assises ; 1l se défendit lui-même avec une lourdeur apathique qui n'était pas dénuée d’habileté. Sa thèse consistait à soutenir que devant la carence d’un gouvernement régulier, tous ses efforts avaient tendu à conserver au pays une armée imtacte capable, lors des négociations de paix, de jouer un rôle décisif. |
L'incident le plus retentissant fut la réponse du due d’Aumale à Bazaine, soutenant que la présence d’un gouvernement imsurrectionnel le déliait dans une certaiñe mesure de ses devoirs tels que le code militaire les définit : « Monsieur, lui dit-il, la France existait toujours ! »
À imité des voix, le Conseil condamna François- Achi le Bazaine, maréchal de France, à la peine de mort avec dégradation militaire, Les juges ayant aussitôt demandé par une lettre au Président, de ne pas-laisser exécuter la sentence, = Mac-Mahon le lendemain commua cette peine en vingt années de détention dans l'île Sainte-Marguerite, en face de Cannes. . La douceur de ce site, douceur qui s’accompagna d’ailleurside . quelques autres, rendait peu terrible cette captivité. Poussé, secondé par sa femme, Bazaine s’arrangea pour l’abréger. Il __ s’évada sans trop de peine, preuve qu’il n’était pas gardé très sévèrement, se réfugia en Espagne où il mourut dans l’obscurité, presque dans la misère. ; Les discussions qu’on a voulu instituer sur le cas « Bazaine », Je mystère dont on s’est plu à l’envelopper, n’existent qu’à la condition d'introduire des considérations politiques dans un procès purement militaire, où elles ne devraient avoir aucune place. Si l’on s’en tient à ce seul aspect, la question ne fait aucun doute. La culpabilité de Bazaine apparaît entière, indiscutable. Le Ce chef à qui Napoléon IIT a confié si légèrement le commandement de notre plus puissante armée, ignore tout ou “0 CR de son métier. Foch, dans ses études lumineuses sur | a guerre de 1870, l’a établi d’une manière péremptoire. Incapable de conduire la bataille, il ne la conduit pas. Quand elle sengage en dehors de lui, il fait tout ce qu'il peut pour la rompre. Îl éprouve une tendance invincible à ramener toujours ses troupes sous les canons de la citadelle, parce que cette solution paresseuse le dispense de tout effort, de toute respounsabilité.
La médiocrité du caractère s’ajoute, ainsi qu’il arrive souvent, à celle de l'esprit. Au lieu de tendre toute son énergie, toutes ses ressources vers la bataille et la victoire, 1l se laisse entraîner dans de louches tractations politiques où il est le jouet des Allemands. Cette armée, dont il ne doit se servir que pour faire la guerre dans le seul intérêt du pays, il songe à l'utiliser pour son intérêt à lui, afin d’être en état de jouer un rôle soit auprès de l'Empereur ou de l'Impératrice si Fempire est rétabli, soit auprès du nouveau gouvernement. [l n'accom-
A l'unanimité
plit pas son devoir de chef militaire qui consiste à lutter Jusqu’au bout, à épuiser tous les moyens pour faire le plus de mal à l’ennemi. j
Présentée de la sorte, sous son vrai jour, la question est aussi claire que possible. La condamnation prononcée contre
RCI Re ee à
: SES 0e k s : : res:
Bazaine était méritée cent fois. II ne qe point de savoir
s’il avait ou non trahi, ce qui peut, en effet, prêter aux controverses, mais bien s’il avait accompli ou non tout son devoir de
chef. La Spon à cet égard n’est pas douteuse. Si Bazaine avait
fait ce qu'il ne fit pas, son devoir, le résultat de la guerre pouvait être changé. à
Bibliographie. — De Falloux. Mémoires d'un royaliste (188$). — De Meaux. Souvenirs politiques 1871-77 (1905). — Ch. de Lacombe. Journal politique (2 vol.) (1907-08). — J. Simon, Le gouvernement de M. Thiers (1898). — De Marcère. L'Assemblée Nationale de 1871 {3 vol.). — H. Pessard. Mes petits papiers 1871-73 (1888). — L. Daudet. Le Duc d'Aumale (1898). — E. Daudet. Souvenirs de la présidence du Maréchal de Mac-Mahon (1880). — De Dreux-
Brézé. Notes el Souvenirs (1903). — Chesnelong. La campagne monarchique
d'octobre 1873. — Général du Barrail. Mes souvenirs 1894-1896 (3 vol.). — Gambetta. Discours el plaidoyers politiques IL et ILE (48S1). — Loth. L'’échec des restauralions monarchiques (1910). — Du Bourg. Les entrevues des Princes à Frohsdorf 1813 et 1883 (1910). — Souvenirs inédits du comte de Vanssay dont Gabriel Hanotaux donne de nombreux fragments dans l'histoire de la
France contemporaine. — P. F. Simon. À. Thiers, chéf du pouvoir exécutif
(1911). Procès du maréchal Bazaine (compte rendu des débats, 1874).
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