‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 16 sur 112 · NNAT. — LES LOIS CONSTITUTIONNELLES __ · texte numérisé non relu

NNAT. — LES LOIS CONSTITUTIONNELLES __

ve AA PR S È Pouvoir temporel du Pape:et Kulturkampf.

De: Au dehors, les imprudences du parti clérical, représentant

ni - la:masse principale des légimistes, autorisent des inquiétudes plus grandes encore. < nm :

- Aussitôt que la France, à peu près seule à maintenir par la force le pouvoir temporel du pape, à été vaincue sur les champs de bataille, il s’est produit ce que rien au monde ne

© pouvait plus empécher : l'entrée du roi d'Italie à Rome, le

dernier acte de l’unification italienne. Comme il ne peut y avoir deux souyerains dans la même capitale, le pape est désormais prisonnier au Vatican. Une partie du clergé français, certains évêques, s'obstinant à re pas s’incliner devant l’inévitable, rêvent de s’insurger contre cette situation acquise, de rétablir de force le pouvoir temporel de la papauté. Mais alors ce serait la guerre avec Pltalie, probablement avec l'Allemagne qui soutiendrait cette dernière. Et ce n’est pas seulement vis- à-vis de l'Italie que se manifestent ces imprudences des cléricaux. Bismarck, ayant engagé contre les catholiques allemands une lutte violente, /e Kullurkamp}f, certains évèques français, par trop oublieux des contingences, n’hésitent pas à s’immiscer ouvertement, officiellement dans cette querelle qui ne les regarde aucunement, à prendre parti èn faveur des catholiques persécutés contre le chancelier persécuteur. On pense si ce dernier, qui ne cherche qu'une occasion de nous marquer sa mauvaise humeur, s’empresse de relever vertement cette inconvenance, avive le plus qu’il peut cet incident, adresse à notre gouvernement des remontrances, entremêlées de menaces.

La grande majorité des Français s’indigne avec raison contre cette politique d’aventures qui risque de nous brouiller avec nos voisins et de plonger le pays dans de nouveaux malheurs.

Les excès du parti clérical, les agissements de la Congrégution ont été pour beaucoup dans la chute de la monarchie légitime après 1815. Ils sont une fois encore une des raisons pour lesquelles le pays se détourne d’elle maintenant.

Faire durer le provisoire.

Que va faire l’Assemblée Nationale, de majorité monarchique, le jour où elle constate que la restauration de la monarchie est impossible ? C’est la question que sn pose tout de suite le chef du gouvernement, le duc de Broglie

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE | =. CR RAC ER ” y #

La solution à laquelle il s arrête, consiste à maintenir, ll plus longtemps qu’on pourra, la situation actuelle, à consôlid, le provisoire. Cela revient à gagner du témps. Durant cet inter valle, peuvent se produire des événements : mort du prétendant … légitimiste, ete., qui rendraïent possible une restauration QU - aujourd'hui ne Fest pas. SES PRIE NE NERER

I s’agit done de donner une base solide, durable à un régime ‘de fait, de prolonger, pour une longue période, les pouvoirs du Président de la République. Cette solution-là, que le duc de Broglie fait prévaloir, non sans beaucoup d'habileté, est une arme à double tranchant. Elle présente des avantages et des inconvénients. | L AE

* L'Assemblée Nationale (419 novembre 4873) vote La loi du D septennat, prolongeant les pouvoirs du Président pour septans. + C’est une loi constitutionnelle, un des fondements de la Cons- | titution républicaine actuelle. Une première pierre vient d'être

ainsi posée. Les autres suivront. Le pouvoir existant est dela sorte consolidé; mais la République Fest par cela même, ce CE | pouvoir, qu'on le veuille ou non, étant, dans son principe et. PT dans son essence, républicain. C’est ce que Thiers et Gamnn S betta ont parfaitement discerné. Tout ce qu’on va faire désorë mais dans cette voie constitutionnelle ne peut que servir la République qui, existant en fait, va recevoir une consécration légale.

Lutte centre les républicains.

Voilà pour les royalistes les inconvénients de cette solution. Les avantages, au demeurant plus apparents que réels, sontles suivants : durant tout cet intervalle, le gouvernement, maître de la situation, disposant de la police, de l'armée, de Fadmimistration, compte engager la lutte avee le parti républieain, farre échec de toute manière à-sa propagande. C’est une politique de combat dans laquelle il s'engage, tandis que s’élaborent les diverses lois constitutionnelles.

. Cette lutte contre l'idée républicaine, qui ne pouvait qu’aller en s’accentuant, dont Faboutissement logique était [a crise de l'ordre moral, celle .du 16 mai, dressant le pouvoir exécutif contre la volonté nettement exprimée de la nation, -se marque pa un certain nombre de mesures et d'incidents. La loi sur es maires (20 janvier 1874) donne au gouvernement le droit

“3 de nommer les maires dans toutes les communes. Ainsi que ke

déclare un député de opposition, ee sont autant d'agents élecloraux entièrement entre les mains des préfets, Cette mesure

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ÿ LS ose ; D CNT Bee D Se 3 4 d 2 3 CE Ë DDR 5e 12 -Divergeneës des partis de droite.

Le gouvernement se trouve dans une situation fausse. La és.

majorité sur laquelle il s’appuie ne forme un bloc qu’en appa- =

rence; les légitimistes aigris, furieux de voir leurs espérances

__ s’évanouir, ne collaborent qu'à regret à cette œuvre de con-

FER solidation, sentant confusément que la république en: est au A

fond le principal bénéficiaire. A tout instant ils se dérobent,

contrecarrent les projets gouvernementaux, n'hésitent pas à

… S’allier aux bonapartistes et aux républicains. Le duc de Bro-..

- glie se débat comme il peut au milieu de tous ces obstacles. Il

__ est obligé de biaiser, de louvoyer. Ce même embarras pèsera

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°4 Par là s'explique le caractère de marchandage et de compro-

- mis qui marque essentiellement ces lois constitutionnelles,

. telles qu'elles vont être votées. Elles ne sont pas le résultat

272) d’une volonté claire, nette, mais une moyenne entre des thèses

qui s'affrontent, le produit des circonstances et quelquefois du *

hasard. La commission chargée de mettre sur pied les projets

gouvernementaux travaille dans la confusion. Elle est de majo-

__ rité nettement monarchique royalistes contre 5 républi-

- cains). Toutes les mesures élaborées par elle et soumises à

. “l'Assemblée devraient avoir, semble-t-il, un caractère nettement anti-répubhicain. Il n’en est rien. Les divergences entre

+ les royalistes, là politique du pire, instinctivement, simon cons-

ciemment, suivie par certains d’entre eux, les légitimistes, font

= Ja part belle aux républicains.

er Gambetta manœuvrier parlementaire.

* Ceux-ci ont des chefs derrière lesquels ils se massent avec

discipline : Thiers, surtout Gambetta, qui se révèlé un manœu- - vrier parlementaire incomparable. Il a au plus haut point le , sens des possibilités. Il guette adroitement, pour s’en Saisir,

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toutes les occasions, les opportunités. L’opportunisme en politique, auquel s’attacha par la suite un sens péjoratif, était alors,

étant donnée la majorité monarchique de l'Assemblée, la seule tactique qui pouvait valoir aux républicains des résultats satisfaisants. Ces derniers avaient tout à perdre en essayant de brusuer l’Assemblée ou le chef du pouvoir exécutif qui, disposant de la force, pouvait être tenté de s’en servir. Ils avaient tout intérêt, au contraire, à se réserver, à attendre QE le temps travaillait pour eux), à laisser les divisions entre les partis monarchiques, s’accentuer et produire leur conséquence fatale : la consolidation de la Por bines Les légitimistes manquent de chefs. Par là s'expliquent la lupart des événements qui se produisent. Leur chef véritable, le seul, se trouve à Frohsdorf, mécontent, irrité. Il se désinté-

resse de plus en plus des travaux parlementaires. Quand il intervient, de temps à autre, c’est par quelque lettre ou mes-

sage autoritaire, courroucé, ressemblant à une encyclique et ne servant qu'à brouiller davantage la situation. <

Les lois constitutionnelles.

Parmi les lois constitutionnelles dont la nécessité s’imposait,

pe quoi commencerait-on : prérogatives du Président; pouvoir

égislatif; assemblées municipales? La commission parlemen- .

taire chargée de préparer le travail se trouvait devant une tâche impossible. La seule chose qu’elle aurait voulu faire : le rétablissement de la monarchie, elle ne le pouvait pas. Ce qu’elle

pouvait, elle ne le voulait pas, ou plutôt elle ne savait pas au juste ce qu’elle voulait.

Chute du ministère de Broglie.

Sur une question d'ordre du jour, priorité en faveur de la loi municipale, le ministère de Broglie s'engage à fond, pose la question de confiance, sans s'être assuré préalablement que l'accord des monarchistes était complet. Au moment décisif, les

légitimistes le lâchent pour s’allier froidement aux bonapar-

ustes et aux républicains. Cette alliance des deux extrémités

culbute le ministère. C’est la première fois que les « chevau-

légers », comme on appelait les partisans du comte de Chambord, passent ainsi ouvertement dans le camp adverse. Ce ne sera pas la dernière.

En plus de ses victoires électorales, le parti républicain rem-

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arlementaires, qui lui sont grandement faci- ; lappui paradoxal et inespéré qu’il trouve auprès des légitimistes, bien que ces derniers soient, au fond, ses pires Maversaires. QU me x RS en

Alors, comme au temps de la Restauration, les partisans les - plus déterminés de la monarchie de droit divin font preuve. < dun manque étonnant de sens politique. Ce sens Roue existe au contraire parmi les chefs et les troupes orléanistes : be de Broglie, Decaze, etc. ; mais pris, coincés, entre les répu- . blicains, les bonapartistes, les légitimistes, réduits à leurs

à propres forces, ils ne peuvent rien.

D gs = Ministère Cissey.

- Le ministère de Broglie par terre, Mac-Mahon charge le - général de Cissey de constituer un Cabinet dont le duc Decaze, le très adroit, très habile ministre des Affaires Etrangères, et - Fourtou sont les deux personnalités les plus marquantes. C’est un gouvernement de combat qui engage vigoureusement la lutte, - à la fois contre les républicains et les bonapartistes dont un succès aux élections {le baron de Bourgoing, ancien écuyer de - Napoléon II, élu dans la Nièvre) accroît la confiance et qui se livre à une propagande des plus actives en faveur du prince impérial. |

Tant qu'il s'agit d’une besogne négative, combattre leurs adversaires, les royalistes sont d'accord. Dès qu'il faut mettre sur pied quelque chose de positif, voter les lois constitutionnelles, les divergencés apparaissent. Un nouveau manifeste du comte de Chambord (2 juillet 1874) vient à point nommé les accroître. Il proteste contre « les erreurs et les mensonges », s'étonne que « l'intelligence proverbiale de notre race » n’ait pas mieux compris sa dernière déclaration ; il dénonce les « luttes stériles du Parlement ».

Chute du ministère Cissey.

Le gouvernement se décide à suspendre l’Union qui a ublié ce manifeste, d’où le mécontentement des légitimistes. Le Chambre se sépare jusqu’à la session d’automne. Mac-Mahon, dont les amis désirent accroître la popularité, visite un certain nombre de provinces. Dès la rentrée, les difficultés recommencent de plus belle. De nouveau, sur une question d'ordre du jour, les légitimistes s’allient aux impérialistes et aux républiçains. Le ministère est renversé comme le précédent.

C'est une belle revanche pour Thiers qui voit se réaliser et suit d’un œil nanquois les di

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oglie ne réussissant pas à ère, le © cabinet démissionnaire reste en fonetion. On se décide à ‘aborder enfin cet obstacle autour duquel on tourne depuis si | lougtemps : l'établissement légal, constitutionnel, du pouvoir … » exécutif et du pouvoir législatif, les droits du Président ar ceux de l’Assemblée. lei se pose de toute nécessité cette question qui brûle toutes les lèvres, qu'on avait tout fait pour écarter : celle de la République. . SE TE Les Anglaïs ont un proverbe qu’ils citent volontiers, bien 54

qu'il ne s'applique plus aussi exactement à leur situation pré-

les troupes se débandent? Elles se débän

sente : | 2.

« Every child who's born-alive : hi -

d Must be a diberal or a eonserpatite ».. 54 («Tout enfant qui n’est pas mort-né, doit être un libéralonun

conservateur. ») sh RSR De même, tout régime qui n’est pas monarchique est forcément républicain. C'est le cas de celui sous lequel la France

vit depuis la guerre. Orléanistes et légitimistes ont-beau mon- ‘ter une garde vigilante pour empêcher le mot de s'introduire dans la place; le fait est là déjà, ce qui pour eux est plus -

grave, et il faudra bien que, d’une manière ou d’une autre, le mot détesté f:sse son apparition lui aussi. Comment le faire apparaître, le‘ plus diserèlement, le plus modestement possible, sans que, sur.le-champ, ses ennemis ne se jettent sur lui et ne, l’étouffent? C’est à quoi travaillent, avec beaucou d'habileté et de doigté, les chefs républicains de 1’Assemblée. Un certain Ventavon, royaliste et rapporteur de la commis- Sion, proposait, afin d’écarter ce péril, d'attendre jusqu’à l'expiration du septennat pour établir la constitution définitive. D'iei là, le Président exercerait les plus larges pouvoirs, nommerait mine partie du Sénat et pourraît dissoudre les Chambres. Ce système appelé par dérision le « Ventavonnat » ne réglait rien. Îl fut écarté, Le mot de Répnblique figurerait-

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