‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 22 sur 112 · LES · texte numérisé non relu

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Mer ir Le jeu parlementaire.

= Entre un Président de la République conservateur, un Sénat partagé en deux parties à peu près égales mais penchant plutôt à droite, une Chambre franchement républicaine, com- ment le jeu parlementaire va-t-il se dérouler ? . Mac-Mahon est monarchiste, mais trop honnête homme pour se prêter à un coup de force contre la majorité de l’Assemblée. Toutes les suggestions qui lui seront faites dans ce sens, il les écartera, de même qu’il a écarté, quelque temps auparavant, les invites du comte de Chambord. Il se trouve dans une situation étrange : il doit collaborer à la consolidation d’un régime - qui ne lui inspire aucune confiance. Il faut l’obstination des . ministres pour lui arracher la signature des décrets révoquant - des fonctionnaires par trop compromis. Ses relations person- - nelles, son entourage, son secrétaire général d'Abzac, son secrétaire particulier, le vicomte d’Harcourt, le poussent du côté des conservateurs Il ignore et veut ignorer le monde républicain. Après ce résultat qui remplit de consternation les conservateurs, que vont faire ces derniers? Se servir des armes qui ieur restent encore et engager la lutte? Certains y songent. Dans ses intéressants Mémoires, le vicomte de Meaux raconte qu’il se rendit à l'Elysée pour conseiller au Président une résistance immédiate et énergique. Mais celui-ci se range à l’opi- - nion du duc de Broglie, conseillant de voir venir et d'attendre. Le conflit avec les Chambres n’en est pas moins fatal. Il est non pas écarté, mais différé.

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Le Seizse Mai.

La politique de temporisation, recommandée au Président

par de “es l’amène à essayer de gouverner, si c’est pos-

sible, avec la majorité de la Chambre. Îl commence par choisir dans cette majorité un homme très modéré : Dufaure.

C'est le type du républicain conservateur. Ces deux mots

peuvent-ils s'accorder, ou bien, comme le prétendait JET. Weiss,

« la République conservatrice est-elle une bêtise ? » En réalité,

la République demeura conservatrice tant qu’elle craignit d’être

étranglée par ses ennemis. C’est grâce à cette modération du

début qu’elle rallia un certain nombre de gens que leurs senti-

- ments, leurs préférences auraient plutôt portés vers la monar-

chie, mais qui s’en détournèrent parce qu'il manquait à cette

dernière uné chose absolument indispensable : /e monarque.

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même de plus fatal que cette évolution.

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