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Le jour où la crainte d'une restauration ou d’un coup d $’évanouirent, la République cessa d’être conservatrice pour … devenir de plus en plus démocratique. Rien de plus naturel
IL en fut exactement de même de l’union entre répubheains. Un homme commé Gambetta, un radical comme Clemenceau ou quelqu'un dé l'extrême gauche comme Louis Blanc, ss wavaient que fort peu de ressemblance avec un modéré du 4 type Dufaure. Le sentiment du danger que courait la République, en pleine crise du 16 mai, par exemple, les souda 3 étroitement ensemble, mais pour un temps seulement. Le danger écarté, les divergénces reparurent. "El
Le ministère Dufaure reflétait à peu près les opinions de la : Chambre, bien qu'il fût d’une nuance un peu plus pâle. Dufaure allait-il suivre une politique résolument républicaine? Les déclarations du gouvernement (14 mars) semblaient … l'indiquer. Seulement, le mot « républicain » était loin d’avoir ù la même signification. pour toutes les fractions des gauches. … Dufaure était partisan d’une politique « d’apaisement », Gambetta, lui, se préparait avant tout à réaliser une coalition des gauches dans les deux Assemblées, un parti unique qu’il était sûr de dominer par son talent d’orateur et son prestige. Il posa … la question à une réunion du groupe des gauches avant la convocation de la Chambre. Le ministère constitué, il pressa les … républicains d’adhérer à son idée. Ni Jules Ferry, ni Grévy, beaucoup plus pour des questions de personne que de doctrine, ne s’y rallièrent. Les gauches restaient donc divisées. Cette division. était dans la nature des choses. Seul, le sentiment d'un danger immédiat pouvait provoquer l'union de tous les républicans. |
Le ministère se borne à révoquer ou à déplater un certain nombre de préfets qui s'étaient particulièrement signalés par leur attitude au ‘cours de la lutte-électorale.
Le conflit entre les deux Chambres se produit sur la doi municipale proposant de faire élire les maires, dans toutes les communes, sauf Paris, au Heu .d’en laisser la nomination au gouvernement. Jules Ferry‘etle ministère voulaient n’appliquer le‘principe de l'élection qu'aux seules communes rurales, en maintenant les dispositions. de la loi antérieure pour les chefslieux de canton, d'arrondissement, de département. La Commission, elle, était entièrement d'accord avec ‘Gambetta: Mais le Président de Ja République intervint énergiquement dans . cette aflaire. Il menaça les ministres, ainsi que la nouvelle en
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Le ministère qui disparait n'avait jamais été d'accord que superficiellement et en apparence avec la majorité, telle qu’elle sortait-des dernières élections. Dufaure, bien qu'il füt lui- même sincèrement républicain, était d'esprit nettement conser- . wateur. Mac-Mahon, après avoir pris conseil du duc de Broglie, convoque les présidents de la Chambre et du Sénat. (C'est un précédent que ses successeurs ne manqueront jamais de suivre à chacune des crises ministérielles. Dieu sait s’il ÿ en : aura !) Ni Grévy, ni d’Audiffret n’acceptent de former le Cabinet. £
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Mac-Mahon, après avoir vainement essayé un replâträge du ministère Dufaure, se résigne à confier le gouvernement à Jules © Simon qui prend l'Intérieur, mais se voit obligé de garder les __ amêmes titulaires à da Guerre et aux Affaires Etrangères. Pour
la première fois le chef du gouvernement appartient à un des groupes de la gauche (12 décembre 1876).
.. Ce ministère ne tarde pas à se trouver aux prises avec les __ mêmes difficultés que le précédent. S'il suit une politique . nettement républicaine qui lui vaudrait l'appui de Gambetta et de ses partisans, il s’aliène le Sénat et surtout le Président. Ce dernier, bien qu’il ait choisi Jules Simon, estime qu'il ale droit de contrôler activement tous ses actes, de s’opposer au besoin
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à certains d’entre eux. Il est résolu à lutter contre les tendances de la majorité de la Chambre. :
Le conflit.
Dès lors, entre le Président et le parti républicain, maître incontesté d’une des deux Assemblées, Le conflit est fatal. C’est sur la question religieuse qu'il éclate.-Une loi ayant été votée en Italie contre les agissements du clergé, le Pape (12 mars) invite les évêques à agir auprès de leur gouvernement « pour écarter tout obstacle à la pleine et réelle indépendance du chef de l’église catholique ». C’est le signal en France d’une campagne de mandements et de pétitions, réclamant une intervention en faveur de.la souveraineté pontificale. Le
journal de l’évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup, se distingue -
par sa violence. Il adresse une véritable mise en demeure au …
gouvernement (2 mai). Deux jours plus tard, la Chambre, par 304 voix contre 113, invite le gouvernement, pour réfréner l’agitation cléricale, à user des moyens légaux dont il dispose.
Dès ce moment, Mac-Mahon est décidé à renvoyer le ministère. Il ne s’agit que de trouver un prétexte. Le 15 mai, la Chambre, sans que Jules Simon s’y soit opposé, vote l’abrogation partielle de la loi du 19 septembre 1875 sur la presse : désormais, les offenses aux souverains étrangers et autres délits sont relevables, aon plus du tribunal correctionnel, mais dela cour d'assises.
Mac-Mahon, mécontent de l'attitude de Jules Simon, après avoir eu pendant la nuit un entretien avec le duc de Broglie, son principal conseiller, écrit le lendemain 16 mai, au chef du gouvernement. [Il s'étonne de l’inertie manifestée par lé président du Conseil et le Garde des Sceaux dans cette affaire. La lettre se termine ainsi : « Une explication est indispensable ; car si Je ne suis pas responsable comme vous devant le Parlement, J'ai une responsabilité envers la France, dont aujourd'hui, plus que Jamais, je dois me préoccuper. »
Jules Simon se rend auprès du Maréchal et lui remet sa démission qui est acceptée. Le ministère, bien qu'il n’ait pas été mis en minorité devant les Chambres, est renvoyé par le chef de l’État qui invoque un pouvoir supérieur, une res- PORT devant le pays, non inscrite dans la Constituion.
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