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ION DE LA RÉPUBLIQUE

KSOLIDAT

D ne 1 … Ministère de combat.

Le 17 au soir, le nouveau ministère est constitué. Il appar-

Broglie, et de ses collaborateurs, en indique clairement les tendances. Il comprend uniquement des légitimistes, orléanistes, aimpérialistes. Il se présente le jour suivant devant les Chambres, portant en manière de déclaration un manifeste du Maréchal justifiant sa politique. Les deux ministères précédents, dit-il, E- n'ont pu réunir une majorité solidement acquise à ses propres . idées. Dès lors, un ministère ne pouvait être constitué qu’en faisant appel à une autre fraction du groupe républicain (union ;

républicaine et radicaux). Le Président se déclare opposé, par -sa conscience et son patriotisme, à cet essai qui serait désastreux

pour le pays. C’est la raison qui lui a dicté le choix de ce nouveau ministère. |

En somme, Mac-Mahon prétend choisir le cabinet dans les groupes politiques es ont ses préférences. IL laisse prévoir la dissolution à laquelle tout le monde s’attend.

Caractère du conflit.

4 On a parlé, à propos de cette crise, de l’opposition existant entre le pouvoir personnel et les droits de la Constitution, Ce n’est pas une manière exacte de présenter les faits. Cette opposition n'existait pas nettement dans la réalité. Les choses étaient

__ beaucoup plus compliquées.

- À défaut d'un roi, Y Assemblée Nationale avait élu pour sept ans un Président, investi de pouvoirs très considérables. Une

. Constitution républicaine avait été votée ensuite, dans des con-

__ ditions embrouillées, obscures, avec uné majorité des plus

faibles. Le Président estimait, en son âme et conscience, que

la Constitution ne supprimait pas ses droits. La majorité de la Chambre entrant dans une voie qui lui paraissait dangereuse,

il usait contre elle des armes que la Constitution elle-même lui

fournissait. D'accord avec le Sénat, il en appelait au pays. Cela

faisant, il prétendait ne sortir aucunement de la stricte légalité. Il n’en serait sorti que si, le pays s'étant prononcé, ayant renvoyé, bien que légèrement diminuée, l'ancienne majorité républicaine, il avait essayé rontre elle un coup de force. Il en eut un moment le dessein, mais il y renonça très vite. Les gauches, sentant venir la lutte, commencent par réaliser

tient entièrement à la droite. Le choix de son chef, le duc de

tenté contre les institutions. républicaines: À Ja Chambre,

este de protestation. Par un accord tacite, Gambetta estchargé

EE ai à DRE En LU ON DES LS £ à PE EX ON EN PAR De RE" + LU

#4 $ LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE ire ss Fe ; . leur union. Au Sénat, le groupe des gauches se déclare con-

vaincu que la Haute Assemblée ne s’associera à aucun act 345 députés, après le discours de Gambetta, votent un manide la direction du parti. 4 sr

\ = Appeldes 3632

pagande, de la distribution des tracts et des brochures, etc... Le 363 signataires du manifeste sont invités à former, dans chaque chef-lieu de canton, des comités d'action. DE. Le gouvernement prépare la lutte en renouvelant de fonds … en comble le personnel préfectoral. Du 20 au 29 mai, = 207 préfets ou sous-préfets sont révoqués ou déplacés. Dès la convocation des Chambres, le 16 juin, les positions respectives sont prises. La Chambre vote un ordre du jour de défiance contre le gouvernement. Au Sénat, le duc de Broglie apporte la demande de dissolution ; acceptée le 20 juin par la commission (six voix favorables sur neuf), elle est combattne par Jules Simon et Béranger. Le décret paraît le 25. D’après la Constitution, les élections doivent avoir lieu dans les trois mois, c'est-à-dire au plus tard le 25 septembre. Une interprétation littérale, d’ailleurs des plus contestables, permet au gouvernement de convoquer les électeurs, par un décret paru le. 22 septembre, pour ‘la date du 14 octobre. C’est un délai supplémentaire, de quelques semaines que le gouvernement et le Maréchal ont voulu s’accorder afin de mieux préparer, de mieux cuisiner ces élections.

La campagne électorale.

Une campagne extrêmement violente commence aussitôt, où le gouvernement recourt à tous les procédés mis en usage -par l’Empire : candidatures officielles recommandées par des affiches

de bois:

‘ordre d'entreprendre des tournées officielles dans leur dépar-

tement. Le Maréchal lui-même donne l’exemple. Il se montre dans l'Ouest, le Centre, le Sud-Ouest, afin d'agir sur l’opinion ati fai rent se précise au cours de deux mamiestes (19 septembre et 13 octobre). Les Français … sont invités à choisir entre le parti de l'ordre et du désordre, “entre le principe d'autorité et la démagogie. Pénétré de son “devoir, supérieure manifestation du verdict populaire, le Maré-

chal annonce que les élections favorables au « radicalisme » me Jui feraient pas abamdonner son poste. Il espère que ce mot __ radicalisme agira sur les votants comme un épouvantail. Fait qui donne le diapason de cette lutte, le 5 juillet, un candidat de droite, Cunéo d'Ornano, écrivait dans le Suf/rage Universel

des Charentes : « Nous ferons des républicains une pâtée dont

les chiens eux-mêmes ne voudront pas. » | - Pour déjouer cette tactique du Maréchal et du gouvernement,

me jou

ie les républicains présentent aux-électeurs Thiers comme le suc- È cesseur désigné du Maréchal si ce dernier est vaincu. La mort … de Thiers (3 septembre), de celui qui, dams la mémorable | GREEN : .

EX

séance du 16 juin avait été salué du titre de « libérateur du - territoire », «st un coup sensible pour les partis de gauche. . Jules Grévy est candidat à Paris. On désire ainsi montrer aux … = modérés que Gambetta n’est pas le successeur désigné. En fait, c’est lui qui est l’âme du mouvement. La Chambre dissoute, un comité, formé des À pr ag des trois groupes républicains du Sénat, dirige les élections. Près de lui, un autre . comité juridique publie des avis motivés sur les abus de pouvoir gouvernementaux. Les 363 sortants se présentent tous avec le même programme : à chaque candidat conservateur est opposé un républicain. Les conservateurs n'avaient pu trouver s de-candidats que dans 490 circonscriptions sur 531 (moins les colonies): Les bonapartistes effrarent leurs alliés légitimistes et orléanistes par les excès de langage de leurs journaux, à tel point que le Maréchal «est obligé de faire publier des motes destinées à rassurer les modérés.

Gambetta avait prédit que les 363 reviendraient 400. Bien

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que cette prédiction ne se réalise pas entièrement, les élections sont une victoire incontestable pour les républicains. Ils obtiennent au total 327 sièges contre 208 aux conservateurs, soit ‘une forte majorité. : e RARES

Le 4 novembre, les élections de: la moitié des conseils généraux confirment cette victoire des gauches. La majorité passe aux républicains dans 45 départements, 41 restant acquis aux conservateurs. : ,

Ainsi, en dépit d’une pression officielle des plus fortes, les élections marquèrent la défaite du Maréchal et de son gouvernement ; elles assurèrent la victoire des républicains. Pourquoi ? C’est d’abord que ceux-ci firent preuve de sens politique et

d’habilèté. Ils se soumirent à une discipline très stricte. Les

violents, les avancés, d’autre part, eurent la sagesse de s’effacer devant les modérés qui avaient tout ce qu’il faut pour rassurer le pays. Thiers étant mort avant la bataille, c’est Jules Ferry qui prit sa place. Gambetta, bien qu’il eût dépouillé toute violence, et tout excès, bien qu’il fût devenu un homme de gouvernement, eut la sagesse de comprendre que son nom, son programme, pouvaient effrayer un certain nombre d’électeurs dont l'appui lui était indispensable. Il s’effaça intelligemment devant un homme plus âgé, moins avancé que lui.

Le parti républicain eut des chefs excellents, un programme, une doctrine. Il savait où il allait, ce qu'il voulait.

Rien de pareil chezses adversaires. Là est la raison profonde de leur défaite. À supposer qu'ils Femportent devant les électeurs, que feront-ils ? Quels sont leurs desseins, leur plan? Si l’on eût posé la question au plus intelligent d’entre eux, le duc de Broglie, il aurait été bien empêché d'y répondre. En réalité, cette campagne des droites n’a pas de but lointain et ne peut pasenavoir. Elle se propose uniquement de consolider le provisoire. Ce n'est pas là un programme qui puisse séduire un pays. Restaurer la monarchie, il n’y faut pas songer. Les mêmes

causes qui ont empêché cette restauration il y a trois ans,

l’empêcheraient de nouveau, beaucoup plus maintenant qu'avant, puisque la majorité de la Chambre est devenue républicaine .

Maintenir éternellement au pouvoir un Président de la République qui est à la fin de sa vie, quiaura bientôt quatre-vingts ans, ce n'est pas là non plus une politique offrant, beaucoup de consistance. Ceux qui engagèrent ainsi la lutte n’y voyaient donc aucune issue. Comment s'étonner, dans ces conditions, qu'ils l’aient assez mal engagée?

Ajoutez-y les divergences entre les trois fractions : légiti-

A CR RE I TS mn Up A te D ee LE SEIZE MAI. — CONSOLIDATION DE LA RÉPUBLIQUE PER

… miste, orléaniste, bonapartiste qui, confondues dans une alliance beaucoup plus apparente que réelle, gardaient, chacune d’elles, ses idées et ses préférences. F5

Toujours partisans d’un coup de force, d’une politique à poigne, les bonapartistes, par l’excès de leur langage, la violence de leur campagne, effrayaient à juste titre bien des gens qui se souvenaient trop des malheurs apportés par l'Empire pour souhaiter de le voir recommencer.

Les excès des légitimistes, prenant à leur compte l’agitation cléricale, la campagne en faveur du pouvoir temporel du Pape, n'étaient pas moindres. Cette campagne était une menace . directe pour la paix. Elle irritait profondément l'Italie. Elle la poussait littéralement dans les bras de FAllemagne. Bismarck, sentant la Russie lui échapper de plus en plus, surtout depuis que la guerre russo-turque avait commencé en Orient, désireux de remplacer, dans cette triple Alliance qu’il avait rêvée, la Russie absente par l'Italie, se servait à merveille de l'arme excellente qui était ainsi mise entre ses mains. |

La modération, la sagesse, la paix au dedans comme au dehors, beaucoup de gens les voyaient non pas dans un gouvernement de droite, mais chez les républicains.

£ . Hésitations de Mac-Mahon.

Qu'’allait faire Mac-Mahon après ces élections? S’incliner - devant la volonté du pays ou continuer la lutte? Le dilemme posé par Gambetta, se soumettre ou se démettre, bien que

arfaitement vrai dans le fond, ne se vérifia pas tout de suite. Le Maréchal, tout en refusant de quitter son poste, songea d’abord à résister. Il y était poussé par une partie de son entourage; mais ici encore ses conseillers n'étaient pas d'accord. Ce désaccord explique les indécisions, les hésitations qui se manifestèrent dans son attitude, Un certain nombre d’orléa- ‘ nistes, à commencer par le prétendant lui-même, le comte de Paris, avaient vu sans aucun enthousiasme la lutte entreprise contre les Chambres. Ils n’en attendaient rien de bon. A plus forte raison, maintenant que les événements leur donnaient raison, désiraient-ils ne pas la voir se continuer.

Si La bataille devait s'engager, sur quel terrain fallait-il l’entreprendre? Sur le terrain politique, parlementaire, elle était perdue d'avance ; le bloc solide des républicains à la Chambre détenant la majorité, devait finir, quoi qu'on fit, par imposer son autorité. Restait le coup de force. Les bonapartistes,

I se décida donc, faute de mieux, pour un moyen terme, une olitique de demi-résistance qui ne pouvait pas se prolonger jee longtemps. LR RS Le cabinet de Broglie reste en: fonctions. comme si de rien n’était. Sur un désaccord avec le groupe orléaniste du Sénat, de Broglie, très atteint par les élections, démissionne. ve Par qui va-t-on le remplacer? le Maréchal choïsiwa-t-1l un mimis-

tère dans la majorité républicaine de la Chambre? Dans ce cas, c’est la soumission‘pure et simple, prophétisée par Gambetta. Désireux de gagner du temps, il fait appel à un mimistère extra-

parlementaire dont: ik confie la direction à un de: ses vieux

camarades, le général de Rochebouët, commandant le corps d'armée de Bordeaux. >

Considérant non sans raison ce ministère comme un défi, la Chambre refuse d'entrer en rapport avee lui. Le budget reste en souffrance. La machine parlementaire est arrêtée.

Comment sortirdecette impasse? IL faut, ow que le Maréchal se décide enfin à aceepter un ministère républicain, ow biem qu’il fasse appel aux baïonnettes et renvoie le Parlement. Un coup d'État ? avec quoi? contre quoi ? en faveur de qui? À cette dernière question surtout, il est impossible de fournir aucune réponse. Cette impossibilité est la raison profonde pour laquelle on renonce au projet. Mac-Mahon, poussé par certains de: ses conseillers, songe à faire marcher les soldats. Le général de Rochebouët tenait déjà tout prêt un ordre dans ce sens. Mais: l’armée marchera-t-elle sans aucune défection ? Là-dessus les avis sont très partagés. Le mot de la situation est dit par um des généraux présents à ce conciliabule : « A supposer que l'opération réussisse, et après ? »

Le coup de force exelu, il ne restait plus qu'à se soumettre. C'est à quoi se décide Mac-Mahon. Il mande Dufaure, une vieille connaissance, une de: ces « utilités » qui, dans un régime parlementaire comportant des crises fréquentes, reviennent

périodiquement, tels les figurants du Châtelet ; il lui confie le

soin de former un ministère républicain.

Ce ministère comprend surtout des hommes nouveaux : Bardoux, Freyeinet; il marque la défaite définitive du Président j le système parlementaire a raison du pouvoir personnel.

Le soir à l'Élysée, Mac-Mahon, lorsqu'on lui présente le décret nommant les nouveaux ministres, à un moment d’hési-

sel

? ane . =: * L s a c 7. - ch : . { LT plus r'assister en spectateur impuismesures prises par le nouveau gouverne-

désapprouve, ce qui est le cas pour la majo-

er

ee 2h LS PARE EE AC PANIER US Défaite du Maréehal représentant le triomphe du système emen aire, comportant un affaiblissement du pouvour exéÿa cutif, révocable désormais par le Parlement,.et d’ailleurs sou- vent révoqué; consolidation de la victoire républicaine qui se marque, ainsi qu'il est naturel, par quelques représailles exercées envers les. vameus : mvalidations assez nombreuses, modi- fication de la loi sur la presse. Les élections complémentaires, en vertude la vitesse acquise, ne manquent pas d'accroître encore la majorité républicaine.

Freycinet, qui fut dans le

CRE à S Le ministère Dufaure.

rt | gouvernement de la Défense - Fr = Nationale le collaborateur intime de Gambetta, est un des . hommes marquants du nouveau ministère. Il est impossible 4 Er ‘imaginer, par le caractère et le tempérament, quelqu'un __ d'aussi différent de Gambetta. Petit, fluet, d’ume élégance un

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