CYR
> peu froide et distante, la clarté, la lucidité mêmé dans les pro- . pos, sa longue existence {les hommes d’une apparence chétive, = vivant comme repliés sur eux-mêmes, donnent peu de prise à la mort) lui permetd'enjamber l'intervalle d’un demi-siècle qui sépare les deux guerres.
es travaux publics dont il à la charge Foccupent, et il s’en occupe fort bien. If dépose et fait aboutir un vaste plan concermant les voies ferrées, les canaux et les ports. En maï 4878 s'ouvre à Paris une Exposition universelle, qui attire dans la capitale quantité de visiteurs de la province et de l'étranger. C'est une de ces foires monstres qu’on voit se renouveler de dix ans en dix ans.
Elles contribueront dans une large mesure à faire de Paris une sorle de ville mondiale, dont les représentants de toutes les races, de tous les peuples, l’ancien continent et le nouveau, prennent de plus en plus le chemm. SR Le parti républicain s’étant emparé de la Chambre, il lui .reste à conquérir le Sénat. La première de ces victoires
SUR re Ms LAS PR: ‘à PE PTUIœE LAS tn. 2 ”! LL” EN UT LPSC PES # à si s “7 F “ ; + + :
go EE LA TROISIÈME REPUBLIQUE
entraîne nécessairement la seconde. Aux élections du 5 janvier 1879, portant sur le tiers sortant du Sénat, soixante-six répu-
blicains sont élus contre seize conservateurs. La majorité républicaine est maintenant d’une cinquantaine de voix. La Chambre haute n’est plus d’une couleur politique sensiblement différente de celle de la Chambre basse. Toute cause de conflit entre les deux Assemblées se trouve par cela même écartée.
Démission de Mac-Mahon.
Une autre conséquence de cette victoire est le remplacement du haut personnel administratif qui, nommé en grande partie par des ministères conservateurs et plus où moins royalistes, devait forcément céder la place à des républicains. C’est à ce changement, on a prononcé parfois le mot d’ « épuration », que le ministère s'attache. Tant qu'il s’agit des civils, Mac-Mahon, bien qu'il en soit au fond de son cœur assez navré, laisse faire, Dès qu’il est question de toucher aux militaires, il se révolte. Il se regarde toujours comme le chef suprême de l’armée qu'il considère comme sa chose à lui. Le remplacement de quelques généraux qui avaient d’ailleurs atteint, sinon dépassé, la limite d'âge, provoque ses hésitations d’abord, puis son refus. Décidé au fond de lui-même à s’en aller, il trouve là l'excellente occasion qu'il cherchait.
Le 30 janvier 1879, il adresse aux présidents du Sénat et de la Chambre sa lettre de démission.
Son départ marque la fin de cet état provisoire qui durait depuis la guerre. C’est la dernière résistance, d’ailleurs beaucoup plus apparente que réelle, que vient d’emporter le régime républicain.
Par qui va-t-on remplacer Mac-Mahon? il est un homme dont le prestige et le talent s’imposent à tous; qui, Thiers excepté, a fait plus que personne pour la consolidation de la République : Gambetta. Le Président désigné, ce serait lui. La logique des choses voudrait qu’il fût, sans discussion, choisi pour le poste vacant.
Place aux vieux
Mais la logique des choses n’est pas, il s’en faut de beaucoup, celle des hommes, surtout des hommes politiques, Gambetla a tout d’abord contre lui une raison très forte : il est trop Jeune. Place aux vieillards ! Tel est le mot d'ordre qui va de
Jules Grévy, le Président à favoris.
Jules Grévy est élu le 30 janvier. Né en 1807, ila à ce moment soixante-douze ans, ce qui, pour un Président comme pour un Pape, est un âge excellent. Avocat de profession, il a été, en 1848, membre de la Constituante où il a d’ailleurs proposé de supprimer la Présidence de la République, ce qui ne le prédestinait guère, semble-t-il, à devenir Président lui-même. Membre de la Ta ve. le coup d'Etat du 2 décembre le ramène au . barreau. En 1868, les électeurs du Jura l’envoient au Corps législatif. Très «renfermé, ce paysan Jurassien, froid, distant,
s’écarte de la mêlée moins par antipathie que par calcul ; il se tient soigneusement hors de la lutte où il risquerait de recevoir des coups. Les initiatives, les coups d'énergie et d’audace ne sont pas son fait. Il ne participe pas au gouvernement de la Défense Nationale : il s’abstient lors du vote des lois constitutionnelles ; il s’efface au moment de la crise du 16 mai.
Il suit la queue tranquillement, sûr que son heure viendra. La présidence impersonnelle, grisâtre, en redingote et favoris, voilà ce qu'il va instaurer à l'Elysée. Entre Gambetta et lui, l'opposition, le contraste sont absolus. Rien ne les rapproche et tout les sépare. L'un, le plus vieux, déteste de tout son
Recoucv. — La Troisième République.
LE ER ae vor ete F - NV CR nn. Per 4 CNRS Mages." S à Ke \ è U Ces * REX CEA FRITES
cœur le plus jeune qui, d’ailleurs, le lui rend copieusement. Il a horreur de ses allures bon garçon et bohèmes, de sa faconde, surtout de sa popularité. Il fera tout ce qui dépendra de lui pour le tenir le plus longtemps possible à l'écart du pouvoir.
Un homme comme Gambetta à la Présidence alors que la
fonction toute fraîche gardait encore, dans ses contours, quelque
plasticité, la République aurait eu un chef plus agissant, plus rayonnant, faisant sentir davantage sa direction et son autorité. Avec Jules Grévy, on s’acheminait, au contraire, vers la conception qui devait prévaloir, du Président soliveau. ;
Le ministère Dufaure n’avait été qu’un cabinet de transition, destiné à préparer les voies. Il céda naturellement la place à un ministère plus nettement républicain, où les autres groupes de la gauche étaient représentés.
A défaut de la Présidence de la République, Gambèêtta était tout désigné pour la Présidence du Conseil. Jules Grévy, désireux de ne pas la lui donner, l’aiguilla vers la Présidence de la Chambre. Waddington, un diplomate qui avait dignement représenté la France au congrès de Berlin, fut chargé de former le ministère, février 1879. Il accomplit une besogne de liquidation, après quoi il fut remplacé par un cabinet Freycinet qui ne constituait guère qu'un replâtrage.
Deux faits importants marquent sa brève durée : le transfert du siège du gouvernement à Paris, 19 juin ; la mort du prince impérial, tué dans une embuscade au cours d’une expédition contre les Zoulous, à laquelle il avait demandé à participer comme volontaire.
Mort du prince impérial.
Il ya quelque chose de tragique dansla mort de ces fils des Césars. Le premier, le Roi de Rome, « l’Aiglon », s'éteint dans un exil qui ressemblait plus ou moins à une prison. Le second succombe obscurément au fin fond de lAfrique, tué par les sagaies de quelques sauvages.
La chance continue à poursuivre la République. Le rival qui pouvait être au fond le plus dangereux pour elle, n'existait pe Les deux prétendants royalistes continuaient à s’annihier l’un l’autre. Le légitimiste, le comte de Chambord, devait, quatre ans plus tard (1883), mourir lui aussi, sans héritier. L'incident qui se produit à ses funérailles et qui empêche le comte de Paris d'y assister (il était présent à Frohsdorf Mais la comtesse de Chambord refusant de lui accorder la pré-
L'ART ARE La EN Es ï NSOLIDATION DE LA RÉP
UBLIQUE
que la scission reste entière entre les deux branches. que de se rallier aux d'Orléans, les plus exaltés des stes aiment mieux reconnaître, d’une manière fort que, au demeurant, la branche des Bourbons d’Espagne,
ésentée par Don Carlos. on,
théo er * oi | image d'Epinal, gardait en France des racines assez profondes.
Survienne une période de crise, de désordres, l’idée bonapar- ‘A = Pi
- de rallier autour d’elle un très grand nombre de partisans.
Or, la mort du fils de Napoléon IIL, la dispute qui s’élève entre ses héritiers le prince Jérôme et le prince Victor, sont pour le bonapartisme un affaiblissement très marqué.
Bibliographie. — Voir la bibliographie du chapitre précédent.
vx H, Gautier. Pendant le seire.mai (1881). — Comte d'Ideville. Les petits côtés 4 de l'histoire (4885). — L. Favre. Histoire politique de l'année 1877 (1878). — - L. Teste. La monarchie sous la troisième République (181). — Barboux. Jules Grévy. — A. Chuquet. Le général Chanzy (18X3). — Journal des Gon- court, — À. Houssaye. Confessions (1885-1X89). — V. Fidus. Le Prince Impé-
| rial (1890). — P. Ribot. Le suffrage universel (1874). — Camille Pelletan. Le :
Théâtre de Versailles (1875). — A. Picard. Les chemins de fer.
| n’assista pas à 1 inhumäation qui eut lieu à Goritz), an
bonapartisme avec son côté populaire, démagogique,
tiste, qui représente avant tout le principe d’antorilé, a vite fait