CONGRÈS DE BERLIN. — TRIPLE-ALLIANCE
L’Autriche s’y résigne, faute tout d’abord de pouvoir faire
autrement. |
Dans un :ménage, lorsque lun des HAS est: beaucou
plus riche, beaucoup plus énergique et décidé que l’autre, force est bien à ce dernier de lui abandonner la direction. C’est le «cas du gouvernement viennois. FRE
Celui-ci, d’autre part, à mesure qu’il accentue sa poussée wers l'Orient, se heurte et se heurtera de plus en plus à l’opposition de la Russie. Il risque, à la longue, d’en résulter un choc
4 -dont, si l’Autriche était laissée à elle seule, l’issue ne serait certainement pas douteuse. Les hommes d’Etat viennois ne l'ignorent point. Ea puissante Allemagne leur sert de bouclier. Quelque crise se produit-elle, comme en 1908, lors de l’annexion de la Bosnie-Herzégovine, où l’Autriche met brutalement les Serbes et leurs patrons les Russes en présence du 3 fait accompli ? C’est l'appui décisif de Berlin qui sert à la __‘ dénouer, dans le sens le Fa favorable à Vienne. : .. Au moment le plus aigu de la crise, Pourtalès, ambassadeur d'Allemagne à Pétersbourg, tient aux Russes un langage presque comminatoire. Il les somme purement et simplement de se résigner à l’inévitable. Les Russes, très affaiblis par la guerre de Mandchourie, par le mouvement révolutionnaire qui en est résulté, sont bien obligés de s’incliner, quelque dépit qu’ils en aient.
Seulement Berlin, on peut le croire, n’accorde pas ainsi sa protection pour rien. Cette générosité, ce désintéressement seraient tout à fait contraires à sa nature. Il prend l’habitude de $ considérer l’Autrichien comme un « second » et de le traiter. comme tel. Les initiatives de Vienne dans les Balkans ne sont tolérées par l’Allemagne que dans la mesure où elles cadrent avec sa politique. Dans le cas contraire, elle n'hésite pas à signifier son veto. Il serait facile d’en multiplier les exemples. Tant que l'Allemagne restera pacifique, les Autrichiens n’arriveront pas, bien qu'ils en aient eu à plusieurs reprises l’intention, à déchaîner la guerre. Le jour au contraire où l'Allemagne, pour des raisons à «elle, sera convertie à la nécessité de cette
erre, celle-ci, à la première occasion, ne manquera pas d’éclater.
Si TAllemagne sert de protection à l'Autriche contre la Russie, elle garantit de même dans une certaine mesure l'Italie contre son allié autrichien. « Notre situation est telle, disait un jour un diplomate italien, que nous ne pouvons être vis-àvis-de l’Autriche que ses alliés ou ses ennemis. »
i Ho LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE