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Cette convention, par certaines de ses clauses, déborde le cadre purement militaire, prend un caractère politique. S’ajoutant à l’accord déjà signé, elle crée entre la France et la. Russie une véritable alliance défensive.
Le dernier article établit que l'accord sera tenu absolument
secret, C’est la condition à laquelle le Tsar et ses conseillers sont le plus attachés, Difficile à obtenir dés chefs d’un gouvernement démocratique, responsable devant le Parlement, elle fut cependant acceptée par eux. Il est des nécessités impérieuses auxquelles la démocratie et le contrôle parlementaire sont bien obligés de se plier.
La flotte russe invitée à Toulon fut l’objet de manifestations eñthousiastes. Aprèsles Chancelleries, l'alliance nouvellement conclue gagnait le public.
La France, depuis vingt ans isolée, éprouva, quand elle sentit . la fin de cet isolement, une joie naturelle et des plus vives.
Elle eut conscience de reprendre diplomatiquement sa place en Europe.
Caractère de l'alliance.
Pour comprendre le caractère et la portée de cet accord, il faut, comme pour la Triple-Alliance, se rendre compte de Fétat d'esprit de chacun des deux contractants, de leurs desseins. De part.et d’autre les préoccupations sont différentes et
différents aussi les intérêts. Ce qui intéresse la Russie, en.
dehors de lappui financier de la France, auquel elle eut si copieusement recours, c'est presque exclusivement l'Orient.
+ Les empiétements de l'Autriche soutenue par l'Allemagne l'in-
quiètent autant qu'ils l’irritent. Elle veut, si cette pression s’accuse, être en état de s’y opposer, et pour cela s’appuyer sur la France pour tenir en respect l'Allemagne. , Du côté français, les menaces etle péril germaniques priment tout. L’alerte de 1875, l'affaire Schnaebelé, dont 1l sera parlé ailleurs, montrent que l'Allemagne peut toujours, d’un moment à l’autre, recourir à ses éternels procédés d’intimidation. L'alliance avec la Russie doit fournir le moven, du moins Rp on d'y résister. Hs ne telle alliance, conclue non sans bien des difficultés, des réticences, entre deux Etats dont le régime politique est différent, presque opposé, dont les intérêts diplomatiques sont autres, devait être d'une application malaisée. Chacun des deux tendait naturellement à retenir son allié, à l'empêcher de
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