‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 40 sur 112 · PES · texte numérisé non relu

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La colonisation avait suivi pas à pas la conquête. Incer-

taine, hésitante au début, peu encouragée par les autorités, elle se développait cependant d’un mouvement continu, attestant les richesses du sol, l'énergie, l’endurance de ceux qui

essayaient péniblement, sans se laisser rebuter par les échecs,

de les mettre en œuvre. Beaucoup de vieilles familles algé- :

riennes descendent de ces pionniers qui s’installèrent dès la première heure dans le pays. En dépit des difficultés et des

obstacles, la plupart de ceux qui s’y étaient une fois établis, |

ne se décidaient plus à le quitter, si vifest l'attrait qu'il exerce.

Il n’est pas de contrée au monde où le Français, quelle que soit sa province originaire, se sente aussi rapidement chez lui. Provençaux et- Languedociens retrouvent sur le littoral, avec un climat plus chaud, une végétation plus luxuriante, les paysages, les formes de vie qu'ils ont quittés. La vigne, à la culture de laquelle ils s’adonnèrent de bonne heure et avec le plus grand succès, ne tarda pas à devenir une des richesses de la colonie. A cette « riviéra algérienne » succède une région de hauts plateaux, propices aux céréales et aux pâturages. Cette haute région vient choir dans les terres sahariennes, pays des oasis et des nomades.

Politique de « rattachement ».

Comment gouverner, administrer un pays aussi varié, aussi divers, où l'élément français, quelle que soit son importance, ne représente cependant qu'une minorité ? La direction s’exercerait-elle de Paris ou d'Alger ?

On essaya tout d’abord de la première méthode. Ce fut la période dite de rattachement. Après le départ de Chanzy, le gouverneur militaire fut remplacé par un gouverneur civil, l'administration algérienne confondue avec les administrations similaires de la France. Les affaires de l'Algérie dépendaient de huit ministères différents, ce qui ne rendait pas, comme on pense, les solutions très faciles ni très rapides. Un rapport magistral de Jules Ferry signala les inconvénients et les absurdités de cette situation.

La nouvelle formule.

Le rattachement, condamné officiellement en 1895, fut modifié par le décret du 10 mai 1896, augmentant considéra-

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* ‘LEXPANSION COLONIALE 19

blement les pouvoirs du gouverneur général. Le décret du 21 août 1898, la loi du 19 décembre 1900 instituèrent un bud- get spécial, les Délégations financières, véritable parlement

Le çais autres que les colons, indigènes), délibérant séparément, votant les projets de budget préparés par l’administration ; un conseil supérieur réorganisé avec une majorité de membres

élus et révisant sans droit d'initiative. Les recettes ne pouvaient être perçues que par la loi de finances de la métropole, qui conserve ainsi un droit supérieur de contrôle sur les

dépenses nouvelles que le gouverneur général seul peut auto-

riser. Les dépenses militaires sont, comme A

colonies, à la charge de la métropole, avec une garantie d’intérêts pour les chemins de fer. L'Algérie, dotée de la personnalité civile, a le droit de conclure des emprunts, de concéder des voies ferrées. Il y avait désormais en Algérie quelque chose de plus que les territoires de ses trois départements, administrés comme en France par des préfets : il y avait PAIgérie elle-même, avec sa personnalité propre.

Telle qu’elle subsiste, cette formule administrative apparaît

. comme un compromis. Le gouverneur général est le délégué collectif des différents ministres. Les préfets des trois départements ont le rôle et les fonctions des préfets de France. Les territoires du Sud constituent un groupement indépendant (loi du 24 décembre 1902) avec un budget, une administration distincte. Ces territoires qui, d’ailleurs, furent sans cesse

- diminués, jouent le rôle de confins.

Pour mettre en œuvre ce système qui accorde à l’Algérie une large autonomie, la bte sut choisir quelques administrateurs excellents : Jules Cambon, au début d’une magnifique carrière administrative et diplomatique, Revoil, Jonnart.

Envoyé en Algérie par Waldeck-Rousseau au commencement de ce siècle, au lendemain des troubles RAR par les menées antisémites d’un agitateur, Max Régis, Jonnart exerça ses fonctions pendant plus de dix ans. Il retourna en Algérie à la fin de la guerre. Par une politique indigène libérale et intelligente, par son influence dans les milieux parlementaires, ses qualités d'administrateur, il donna le plus admirable essor à l'Algérie qui est moins, à l'heure actuelle, une colonie proprement dite, qu’une partie de la métropole.

La grande guerre, avec ses conséquences de toute nature, a permis de mesurer la solidité de notre établissement L'Algérie, qui s'était révoltée en 1871, ne bougea pas durant ces quatre

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local, composé de trois catégories de délégués (colons, Fran-.

es. autres

années d’hostilité, en dehors de quelques troubles sans importance dans l'Aurès (1916). #2" "x Ps

ge La province algérienne.

Toutes les provinces de la France, de préférence celles du Midi, y sont représentées. Un large afflux de sang italien dans A la province de Constantine, espagnol dans celle d'Oran, v'aifaiblit en rien le caractère essentiellement français de cette population. Le fils de l’immigrant des Baléares, d’Alicante ou de Murcie, francisé par la loi, faisant son service militaire dans les zouaves, se battit, durant la guerre, avec le même courage que le descendant des purs colons français. ES ER :3

Quelques jours seulement avant la bataille de la Marne, durant cette mémorable retraite à travers la plaine de Champague, l’auteur de ces lignes, officier dans la Division du. Maroc, rencontra un régiment de zouaves où presque tous les -soldats ne parlaient qu'espagnol, ce qui ne les empècha pas de combattre une semaine plus tard, avec le même héroïsme que les Francais. |

La race qui s’est constituée de la sorte, par le mélange de tous ces sangs différents, dont le romancier Louis Bertrand a peint quelques types particulièrement saisissants, possède toutes les qualités des paysans français. Elle a de plus: quelque chose qui manque à ces derniers : le goût et l’amour du risque. Les grandes entreprises ne leffraient pas. Le colon algérien met rarement dans une banque ou un bas de laine le montant de ses économies. À peine sont-elles faites, quelquefois même avant, il les place audacieusement dans une entre- prise nouvelle. Il n’y a pas de pays où la spéculation sur les terres, une spéculation très saine au demeurant, puisqu'elle a à sa base l'énergie et Le travail, ne se développe sur une aussi | vaste échelle. Les grandes propriétés de vignes, dans la région d'Oran, de Bône et d'Alger, par la perfection de leur outillage, l'emploi des machines les plus modernes, n’ont pas leurs. pareilles dans la métropole. Les Algériens se sont mis ces

derniers temps à la culture du coton et les résultats sont des plus encourageants,

À DiuE

La conquête du Sahara.

On passe sans transition des hauts plateaux dans le pays des oasis et la région désertique. L'un est la continuation de

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Zoccupatio dupremier, pour être solide, devait fataraîner la conquête et l’occupation du second. -

agriculteurs des hauts plateaäux et lés Ksouriens, des oasis, dont les palmiers et les dattes eonstirincipale ressource, les pasteurs nomades forment

Lrachale

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