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7 ne Jours du printemps et à l'automne, en quelques

points de passage qui font communiquer ces deux régions, à El

Kant antara, notamment, près de Biskra, se déroule, pendant des semames, le défilé ininterrompu des tribus nomades qui s’éloignent ou se rapprochent du désert. Sous la lumière étincelante de l’extrème sud, parmi les tourbillons d’une poussière dorée, tout un peuple en mouvement, hommes et femmes, vieux et

__ Jeunes, bêtes et gens, suit l’antique voie des migrations périoà .. diques. Fromentin, dans son livre célèbre, a fait de ce défilé une description magnifique où jamais n’a été poussé plus loin __ le pouvoir magique de-créer de la couleur avee des mots. Cet-

exode des tribus s’appelle en arabe l’achaba, ce qui signifie la quête de l'herbe. C’est en effet le souci des pâturages pour la : nourriture des troupeaux qui détermine, en même temps qu'il . les règle, ces déplacements d’un peuple de pasteurs. Certaines de ces tribus, les Larba, par exemple, poussent, pendant l’hiver, jusque bien au sud de Ghardaïa, presque à la hauteur de . Ouargla, et remontent pendant l'été dans la région de Ténietel-Had, soit un trajet de mille kilomètres à Paller et au retour. D’année en année, et même de siècle en siècle, ce mouvement s'opère avec une régularité, une fixité absolues, Sur ces migrations de pasteurs, le temps a glissé sans appor- ter le moindre changement. Ils sont tels que les décrivait Virgile au troisième livre des Géorgiques, .. - « Durant des jours et des nuits, pendant des mois entiers, le troupeau va paissant le long de ces déserts immenses, sans - jamais s'arrêter sous un toit : si vastes sont ces étendues ! » La conquête du Sahara s'imposait. Elle s’opéra par leflet __ d’une sorte d’instinct plutôt qu'à la suite d'un plan raisonné et méthodique. Un traité conclu en 1862 avec les Touaregs } était resté lettre morte. Ouargla fut occupé en 1871, El-Goléa en 4873. Le colonel Flatters, faisant partie d’une commission jour reconnaître le tracé éventuel du chemin de fer saharien, atteignit en 1880 le lac Mingou. Il repartit en décembre et fut assassiné par les Touaregs, le 6 février 1881.

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‘Dans le sud oranais, l'insurrection des Ouled Sidi Cheiïk, établis sur la frontière et fanatisés par le Marabout Bou- Hamama, provoqua notre intervention. La révolte fut domp-

tée et l’agitateur se réfugia au Maroc. Un poste fut créé

à El-Goléa. La Convention franco-anglaise du 5 août 1910 englobait le Sahara dans notre zone d'influence. En 1898, la mission Foureau-Lamy quitte Biskra, pour rejoindre deux autres missions qui partent l'une du Soudan, l'autre du Chari. La jonction s’effectua en février-avril 1900. | cos

Une nouvelle convention avec l'Angleterre reconnaissait à la France tout le Sahara entre l'Algérie, le Tchad et le Soudan. La route saharienne était dès lors ouverte depuis l'Algérie jusqu'à Tombouctou et au Niger. Ouargla, In-Salah, le Hogar, le Pays des Touaregs, Tombouctou la mystérieuse, enfin êe rives du Niger, le pays des Noirs, telles sont les étapes qui jalonnent la traversée de cette région de la soif.

Cette conquête, l’organisation des territoires sahariens, s’effectua le plus aisément du monde, grâce à la création du corps des méharistes qui, d’anciens voleurs promus à la dignité de gendarmes, patrouillent le désert et y font régner une sécurité suffisante.

Du côté du Maroc, les incursions des bandes pillardes étaient contenues par les postes fortifiés que la France avait installés dans le Touat. En 1899 In-Salah est occupé. Cette occupation s'étend au Tidikeld et au Tafilelt; la voie ferrée s’avance progressivement jusqu'à Aïn Sefra puis Beni Ounif, porte de la merveilleuse Oasis de Figuig, une des plus curieuses, des plus colorées du sud algérien, puis jusqu'à Colomb- Béchar.

ee années suivantes furent employées à la conquête du Touat.

Occupation de la Tunisie.

En 1881, la Tunisie entre dans le domaine français. Dans , + . .

l'Afrique du Nord, les lignes de relief courent de l'Ouest à l'Est. C’est selon cette direction que se sont, au cours des siècles, propagées les grandes invasions, celle des Romains, puis celles de l'Islam.

La France, au contraire, par une sorte de paradoxe politique et géographique, avait occupé l'Algérie en allant du Nord au Sud, du rivage vers les hauts plateaux, puis vers le désert. Les nécessités naturelles lui imposaient de revenir aux

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voies historiques, de s'étendre des deux côtés : vers l'Ouest

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pouvait, sans mettre en péril son établissement algérien, laisser

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s'installer une puissance rivale, qui serait venue limiter son

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“occupation de la Tunisie fut conçue et exécutée, très aisément d’ailleurs, par un grand homme d'Etat, le même qu’on + a à l’origine de nos conquêtes coloniales : Jules Ferry. CE DT

La Tunisie était gouvernée par des beys de race turque, et habitée par des populations de langue arabe, très pacifiques. Les dépenses excessives des beys leur avaient fait contracter en Europe (1852) des emprunts à des taux si lourds, qu’en 1869, une commission internationale, réduisant la dette par concordat, reçut mission d’administrer leurs finances. Tâche difficile, car le personnel de la commission n’était pas d’accord avec les ministres beylicaux et les consuls européens se disputaient entre eux. To életére et lItalie s’opposaient naturellement à linfluence française : Wood, consul d’Angleterre, en place depuis vingt-trois ans, déjouait les efforts de notre consul : Roustan. En 1874, l'Angleterre obtenait la concession de la ligne reliant notre réseau algérien à la Tunisie. Quant à l'Italie, elle se prévalait de sa proximité géographique, du nombre de ses nationaux établis dans la régence. Des incidents nombreux soulignaient cette opposition : une intervention armée de la France s’imposait pour la sécurité de son œuvre algérienne. Elle ne pouvait avoir lieu sans l’acquiescement de tete sinon de l'Italie, et sans l'appui de lopinion

ublique. Le Congrès de Berlin nous donna l’un, le ministère ules Ferry prépara l’autre.

En 1878, à Berlin, Lord Beaconsfield et Lord Salisbury déclaraient en termes non équivoques à notre plénipotentiaire Waddington que la Grande-Bretagne ne s’opposerait pas à notre action en Tunisie : c'était La contre-partie de la mainmise anglaise sur l’île de Chypre. Le consentement de l’Angleterre ainsi obtenu, la situation nouvelle est notifiée à l'Italie. En France, l’opinion publique, si peu d’années après les désastres de 14870, ne voyait pas, sans quelque appréhension, cette expédition coloniale : les milieux parlementaires se laissèrent entrainer par Gambetta, converti lui-même par le baron de Courcel, directeur politique aux Affaires Etrangères. La mauvaise humeur italienne précipita notre intervention. La ligne Tunis-La Goulette concédée en 1874 à une compagnie anglaise, vendue à la

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‘annulation de la vente par une société italienne, à un en

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130 L __ LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE compagnie française de Bône-Guelma, avait été rachetée après

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atteignant près du double de ladjudication antérieure. Une autre affaire financière assez louche (celle de 1 Enfida, 4 inars 1881) permit à l'Italie de rendre plus mtensé sa+propa- : gande antifrançaise. Un incident de frontière, bande de Khrou- æ mirs envahissant le territoire de l'Algérie (31 mars 1881), détermina notre action. d > Ee

Le ministère Jules Ferry obtint. facilement du Parlement des crédits, d’ailleurs minimes (5 millions). À la Chambre, une cinquantaine de députés à peine s’abstinrent : Clemenceau luimême vota pour. En fait, la répression des Khroumirs était le prétexte, non le but de l'expédition ; le gouvernement, décidé à tout autre chose qu'à une opération de police, nosa pas cependant s'ouvrir de ses intentions devant le Parlement ms -

La première campagne dura à peine trois semaines :

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31 000 hommes de troupe, venus de France ou d'Algérie, se concentrèrent en deux colonnes : l’une le long de la mer pacifia:

sans difficulté Le territoire des Khroumirs; la deuxième, après

de petits combats, atteignit le Kef qui ouvrit ses portes. La véritable surprise fut l’apparition de notre escadre devant = Bizerte, où les tribus rebelles pouvaient venir se réfugier, son. occupation sans combat par un corps de 8 000 hommes sous le commandement du général Bréart (1* mai 1881). Tunis pou- : vait ainsi être investi à la fois par le nord et par l’ouest.

Il n’y avait pas eu, entre le gouvernement beylical et la France, de rupture diplomatique. Le bey avait seulement refusé de nous aider à rétablir l'ordre. Notre consul Roustan s’assura qu'un parent du bey accepterait éventuellement la succession au trône. Le 12 mai, le général Bréart entrait à Tunis avec une simple escorte et le bey acceptait le traité du Bardo qui établissait le protectorat français sur son pays : notre occupation militaire devait être étendue à tous les points jugés nécessaires; un résident français était le seul intermédiaire entre la France et les autorités de la régence ; aucun acte international ne pouvant être conclu par le bey sans l'approbation de la France. 2

L'expédition était terminée, sans même que Tunis füt occupée par nos troupes, et la moitié environ du corps expéditionnairé quitta aussitôt le territoire de la régence. A la veille des élections générales, le gouvernement Jugeait habile de limiter le plus possible les frais de notre expédition.

À peine nos troupes sont-elles parties qu'une insurrection

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Le 16 juillet 1881, Sfax, bombardée par notre escadre, enlevé par un corps de débarquement ; ce fut le tour de ès le 26 juillet. 30000 hommes sont expédiés dans la nce, qui portent le total des troupes à 50 000. Le général ussier, commandant en chef, fait d’abord occuper Tunis .. de Tunis et de Sousse. La résistance est à peu près nulle, Kai- rouan ouvre ses portes sans combat {octobre). Un an plus tard (octobre 1882), le bey Saddok étant mort, son frère Ali, en vertu des lois dynastiques, lui succède, et le traité de la Marsa vient compléter celui du Bardo (8 juin 1883). AS ei L'équilibre financier fut réalisé en Tunisie très vite et sans aucune peine, par le simple contrôle d’un haut personnel fran- çais. Les budgets se soldèrent constamment par des excédents. Les ressources agricoles et minérales du pays sont considéne rables : céréales, vin, huile d’olive, ete..., ete...

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tares, au sud de Sousse et de Kairouan, est due à la sagacité vraiment miraculeuse de Paul Bourde, secrétaire général du gouvernement. Comme Le Verrier découvrit une planète par ‘effet du calcul, Bourde, de la lecture attentive des textes latins, de restes de vieux moulins, déduisit l'existence, à . lépoque romaine, de vastes olivettes dans des régions qui, re a an près de vingt siècles, étaient incultes et désertiques. Le bétail est abondant dans la région du nord plus pluvieuse. Les phosphates sont la principale richesse. Epars le long de la

frontière algérienne et concédés à plusieurs compagnies, la production des gisements était de 2250 000 kilogrammes en 1923, faisant de la Tunisie le premier producteur mondial, avant l'Algérie et le Maroc dont la concurrence s'annonce redoutable. Le minerai de fer (774000 kilogrammes) est presque en totalité exporté en Angleterre. Le commerce extérieur (403 millions en 1900, 322 millions en 1913) a atteimt — 1 371 millions en 4923. La France absorbait 41 pour 100 des exportations en 1913. | Sur ce territoire de 125000 kilomètres carrés, vivent 2400 000 habitants (recensement de 1922), Musulmans et [sraé- … Jites sont en très forte majorité (environ 92 p. 100), les Euro- De «péens sont au nombre de 156 000. Les Italiens y sont plus . nombreux que les Français; mais ceux-ci détiennent la plus grande partie de la richesse.

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+ Le PTS F- ee a os s dans le Sfax, Gabès, Kairouan la ville sainte, aux mains des insurgés. Un nouvel effort est indispen-

(octobre) puis il dirige sur Kairouan trois colonnes, de Tebessa,

- La création d'immenses olivettes couvrant des millrers d’hec-

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Cette prépondérance numérique des Italiens s'explique par la proximité de la péninsule, par la fécondité de la race. Elle n’est pas sans créer une situation préoccupante, d'autant que les Italiens restent fortement agglomérés et jouissent de nombreux privilèges, en particulier scolaires, auxquels leur gou-

- vernement, loin d'y renoncer, voudrait donner une extension nou-:

velle. La petite colonisation n’a pas attiré, comme en Algérie, beaucoup de familles françaises. Les exploitations les pie étendues appartiennent à de grands propriétaires français dont certains ne résident pas.

Le Soudan.

Le Soudan était pour les Français, en 1870, une contrée presque inconnue. La France, en fait de territoire, ne tenait que l'embouchure du Sénégal, des comptoirs établis le long du fleuve, quelques ports à Casamance, dans le Rio Nunez, à Grand Bassam et Assinie et sur la future côte d'Ivoire, Ces acquisitions dataient, les dernières, du deuxième quart du xix° siècle, le Sénégal, de la fin du xvr° siècle. C'était le temps où l’on ne songeait, de l'immense Afrique, qu'à posséder l'embouchure des fleuves ou quelques points bien choisis des côtes.

Faidherbe, gouverneur du Sénégal (1854-1861 et 1863-65), vit plus loin. IT transforma d’abord notre colonie en la pacifiant et en étendant sa zone d'influence sur le haut fleuve. La guerre de 1870 nous empècha de prolonger son action, de pousser, comme Faidherbe le voulait, jusqu'au Niger. Sauf au Sénégal, notre domaine restait confiné au seul littoral. Les projets de Faidherbe furent repris sous l’impulsion du colonel Brière de L'Isle, gouverneur depuis 1876. D'une part on entreprit de relier par une voie ferrée le Sénégal au Niger, entre les pas extrêmes de navigation des deux fleuves, de Kayes à

ammako. Une voie ferrée fut établie de 1882 à 1885 entre Saint-Louis et Dakar. Le premier tronçon de la nouvelle ligne, autorisée par la loi du 26 février 1884, atteignait péniblement en 1888 à peu près le quart du trajet total. Cette avance, d'autre part, se heurtait à deux conquérants loucouleurs : l'un Ahmadou, fils d'El-Hadj Omar, ce marabout dont Faidherbe avait obtenu la soumission en 1885; l’autre Samory. Tous deux, à la tête de leurs guerriers musulmans, exerçaient leur brigandage sur les populations noires des deux rives du

Niger.

4 Te frs . Ê 4 : E x : g Le colonel Borgnis-Desbordes, en trois campagnes successives

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