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ipita ne Gallieni envoyé en mission (30 janvier 1880), est au près de dix mois en captivité par Ahmadou (1880-81).
(1881-83), créa les postes de Kéta et de Bammako, ets'il ne put,
à cause de ses faibles effectifs, infliger une défaite totale à __ Samory, du moins il étendit jusqu’au fleuve notre zone de
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pacification. En 1887, Samory renonçait officiellement à la rive
= gauche du Niger. Ahmadou acceptait notre protectorat.
À la fin de 1888, le Soudan français comprenait un petit noyau d'Etats soumis, et un groupe de territoires placés sous
- un protectorat plus ou moins théorique. La France, solidement établie sur le Niger, débordait au nord et au sud du fleuve. Mais elle y trouvait des voisins, les Anglais, de même que sur la côte, les possessions de la Gambie anglaise, de la Guinée pese, u Sierra-Leone, de la république de Libéria, du
ogo allemand venaient limiter notre expansion.
En dehors des comptoirs du littoral, la région intérieure appartenait au premier occupant. La tentation était grande de pousser dans la forêt équatoriale des explorations dont les
ains territoriaux nous demeureraient acquis. Justement la Conférence de Berlin = Nan 1884-février 1885) avait reconnu les droits de la France sur le Haut-Niger, mais décidé que toute prise de possession devait être suivie de l'occupation effective du sol: Une ‘véritable course de vitesse s’instituait ainsi entre les puissances du littoral qui pouvait amener des incidents et des conflits. La France possédait sur ses rivales un atout décisif, le cours du Sénégal et du Haut-Niger, corde de l'arc immense tracé par la double voie fluviale. Elle pouvait aborder la région intérieure à la fois par le Nord et par le Sud. Des traités successifs réglèrent le partage ‘des sphères d'influence." La convention de délimitation avec l'Allemagne (décembre 1885), avec le Portugal (1886), avec l’Angleterre (4882 et 1889), créèrent notre colonie de Guinée, dont la capitale fut Konakry.
Sur la Côte d'Ivoire nous n'avions, depuis 1870, que les simples postes de Grand Bassam et d’Assinie, possessions paraissant si dénuées de valeur que nos intérêts y étaient confiés à un simple commerçant, et qui ne commencèrent à compter qu'à partir du jour où les explorations prouvèrent la richesse de l’arrière-pays ; la colonie fut organisée en 1889 après un règlement de frontières avec l'Angleterre.
Le Dahomey enfin, sous le nom primitif d’établissement du golfe de Bénin, comprenait le pays de Porto-Novo sur lequel
: Dahomey Behanzin était hostile à notre influence. De tous les
(février 1890) qui aboutit à ur-compromis nous rendant Kotonou,
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notre protectorat, établi dès 1863, était rendu effectif en 1885,
et les ports de Kotonou et de Wyddah (1864-1876). Le roi du
souverains indigènes rencontrés sur notre chemin, il se montra l'adversaire le plus redoutable. Il avait une armée dévouée, une garde de femmes-soldats. Il fallut recourir à une expédition
moyennant le paiement d’une rente au roi. Des conventions avec … Please (1885) avaient réglé les frontières du nouvel Etat. À
Les établissements de la côte pouvaient ainsi se prolonger vers l’intérieur. Dans l’arrière-pays il restait à soumettre les : ” chefs toucouleurs, à prévenir RE dans la course vers l'embouchure du Niger. L’admirable exploration du lieutenant d'infanterie de marime Binger, partant, seul Européen avec quelques indigènes (septembre 1887), traversant les États de Samory, atteignant Kong (20 février 1888), le pays Mossi, Ouaghadougou, revenant à Kong et enfin à Grand Bassam (20 mars 1889), avait rectifié bien des idées erronées sur la géographie du pays, fait évanouir la légende des « monts de Kong » et révélé la richesse de ces contrées. Par les traités conclus avec les chefs indigènes, Binger avait relié le Soudan à la Côte d'Ivoire. DE
Il s'agissait de savoir qui, de la France établie sur le Haut- Niger, ou de l’Angleterre dont une compagnie à charte détenait la souveraineté du Bas-Niger, posséderait le restant du fleuve. Chefs militaires qui décident et commandent ces expéditions, $ explorateurs qui leur ont ouvert la voie (souvent, les deux se confondent), traités délimitant les zones, de part et d’autre une extraordinaire activité : c’est la ruée des grands Etats colonisateurs à la conquête du continent noir.
La pacification prit du temps. Archinard, commandant supérieur du Soudan, entreprend de briser par trois campagnes (1888-1890) la puissance d’Ahmadou. Après la prise de sa capitale, Sigou, ce dernier fut réduit à s'enfuir dans le désert. Reconstituant ses forces, seule, une nouvelle campagne put en 1893 en venir à bout. Il s’en alla mourir chez les Sokoto: (1898). Durs combats, menés un contre dix, avec des effectifs très réduits, quatre où cinq pièces de petite artillerie, contre des adversaires courageux mais armés du seul fusil à pierre. Les colonnes expédilionnaires comprennent à peine un noyau d'Européens. Tout le reste est composé de troupes noires qui bien vite, et à condition de posséder un solide encadrement, font le coup de feu sans faiblir. Le ravitaillement est réduit à
lats « solas » se servaient du fusil à tir rapide: Il savait e choisir judicieusement ses positions de combat. Les ui étaient d'autant plus dévouées que le butin collectif, du pillage, était équitablement partagé entre elles. Les Combes (1892) permirent de refouler le chef toucouleur vers NS le Nord ou vers l'Est : vers la fin de 1893, les possessions françaises s'étendaient sans interruption de la source du Niger __ - Le moment était venu de pousser plus avant. De sa propre initiative, le commandant de x petite flottille du Niger, le lieutenant Boiteux, se porte sur Tombouctou. Il atteint le 12 dé- __ cembre 1893 la cité mystérieuse, qui depuis Mungo-Park (1805) n'avait été visitée que par quatre explorateurs européens. J Boiteux, avec la dizaine d’Européens qui l’accompagnent, sy __ + trouve bientôt en danger. Son second est massacré. Le colonel Bonnier, successeur d’Archinard, marche à son secours en deux colonnes : tandis qu'il descend lui-même le fleuve, le com- mandant Joffre conduit par terre la seconde colonne sur la rive ‘gauche du Niger. Bonnier est massacré au bivouac avec tous ses hommes, par les Touaregs. Joffre se rend maître de la ville (9 février 1894) dont il dégage les abords. | L'ensemble des possessions françaises du Soudan, par son extension progressive, nécessitait une réorganisation administrative. Notre colonie de Guinée vit ses limites fixées par les . nouvelles conventions franco-anglaises (1891 et 1895). La Côte d'Ivoire où, par la timidité du ministère des Colonies, le colonel Monteil ne peut venir à bout des bandes samoristes qui s’étaient - infiltrées dans le pays, fut organisée en colonie indépendante par décret du 10 mars 1893. Le Dahomey enfin, où une révolte du roi Béhanzin rendit nécessaire une double expédition du colonel Dodds, aboutissant à la capture et à la déportation du prince nègre (1892-1894), fut élevé au rang de colonie spéciale en 1894.
Entre ces colonies, augmentées du Sénégal et du Soudan, il était indispensable d'établir un lien commun, Le Décret du 15 juin 1895 créa le gouvernement général de l'Afrique occidentale française qui, laissant en dehors de ses limites le Dahomey, conservait à chacune des autres colonies leur indé- pendance administrative, mais faisait du gouverneur général,
de ces convois
ampagnes des colonels Archinard et Humbert, du colonel
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136 LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE lui-même gouverneur du Sénégal, le chef des opérations miltaires. Que À PSS Le Bas-Niger échappait à la France. Trois compagnies anglaises s’y étaient établies. En 1879, elles fusionnèrent et englobèrent les factoreries de deux compagnies françaises, inca- | pables de lutter contre leur concurrence (1885). L'ensemble des te ces territoires, appelés Nigeria, assurait en fait le monopole de
là navigation à l'Angleterre, malgré le principe de la liberté de navigation du fleuve, inscrit à l’acte de Berlin (1885). Une convention du 5 avril 1890 fixa la délimitation des zones d’influence respectives. Le domaine français s'étendaitjusqu’à la ligne joignant Say sur le Niger, à Barroua, sur le lac Tchad. L’Angleterre se réservait les parties paraissant les plus riches et les plus peuplées. A la France, elle consentait à reconnaître la terre légère du Sahaïa où, selon le trait d’un de ses hommes d'Etat, « le coq gaulois pourrait user ses ergots ».
Afin de reconnaître la sphère française, le colonel Monteil suivit, la ligne limite et traversant après le Sokoto et ie Bornou, tout le Sahara, arriva à Tripoli au cours d’une exploration de deux années. Le lieutenant Mizon (1890), chargé de lexploration du sud du lac Tchad et de la Bénoué, eut à subir l’hostilité des agents anglais de la Compagnie du Niger.
Le passage leur étant interdit par le nord, les Français vont apparaître par le sud, par le Haut-Dahomey dont la conquête réelle commencée en 1892 s’achevait en 1894. Sans arrêt, des missions rejoignaient le Dahomey au Niger, au Soudan, à la Côte d'Ivoire, ou bien exploraient la navigabilité du fleuve (expédition Toutée, 1895, lieutenant Hourst, 1895-1896), luttant de vitesse avec les Anglais du Bas-Niger, les Allemands du Togo. L'Allemagne reconnaît notre zone (juillet 1897).
L'Angleterre, après une tension diplomatique assez vive, signe avec nous le 14 Juin 1898, une convention qui met fin à la lutte pour le Bas-Niger. Un an plus tard, rachetant la charte de la Royal Nigeria Company, elle transforme la Nigeria en colonie (1899). Cette année 1898 marquait ainsi le terme des rivalités européennes. Elle voyait de même la fin de la lutte contre Samory : obligé de se retirer dans le pays de Kong (1895) coupé des routes de l’est et du nord, il ne trouva d’autre moyen, pour échapper aux colonnes lancées à sa poursuite, que de fuir vers l’ouest à la lisière de la forêt équatoriale et de nos postes les plus méridionaux du Soudan. Il avait environ dix mille guerriers et traïnait une horde de plus de cent vingt mille sujets, capüls, femmes et enfants qui ravageaient tout sur leur passage.