DR RERO CP L'EXPANSION, COLONIALE PUIS
Abyssinset de se concerter avec eux pour devancér les Anglais sur le Haut-Nil. Elle se composait de 150 tirailleurs sénégalais % __ que le capitaine Mangin instruisit en secret (mai 1896-janvier 4 1897) ; en juillet 1897, l’étonnante odyssée commença. Partant de Brazzaville, on remonta l’Oubanghi, et on descendit le . Soué, affluent du Babr-el-Gazal. Avec Marchand et Mangin se trouvaient Baratier, Largeau et Germain qui réussit le tour.de __ force de couper en morceaux un bateau de 15 mètres de long, d’en transporter les débris à travers 160 kilomètres de brousse
‘ et de le remonter. :
Ë La mission devait arriver sur le Nil, avec toutes ses forces ; | plutôt Ee de traverser les steppes, elle avait décidé de franchir le Bahr-el-Gazal. Les pacotilles qu’elle transportait suffirent à assurer, contre échanges, son approvisionnement en . vivres, et le 10 Juillet 1898 la colonne occupait le fortin en - ruines de Fachoda, sans avoir tiré un coup de fusil: le
: 25 avril 1898, deux vapeurs remplis de derviches défilèrent sous les murs. Quelques salves en eurent raison et Marchand signait avec le chef indigène de la contrée, un traité qui la mettait sous le protectorat de la France.
Le 26 septembre, Kitchener avec cinq canonnières arrivait devant Fachoda : par ordre de son gouvernement, il prétendait l’occuper. Marchand lui notifia qu'il détenait Fachoda au nom de la France. Cette fois les prétentions de la France et de l'Angleterre s’affrontaient. Le gouvernement anglais n’hésita pas ; il se montra décidé à aller jusqu’à la guerre.
Le gouvernement français, estimant que l’enjeu était vrai-
- ment hors de proportion avec le risque, céda. La Convention de Londres, du 21 mars 1899, reconnut à l’Angleterre tout le bassin du Bahr-el-Gazal, le Darfour, le Kordofan, et à la France le Baghirmi, Ouadai et Kanem, c’est-à-dire le bassin oriental et septentrional du lac Tchad.
Ainsi était constitué l’ensemble de ces colonies qu'un décret, en 1908, réunit sous le nom d'Afrique équatoriale et qui reçut sa division administrative (Gabon, moyen Congo, Oubanghi, Chari, Tchad), chacune d’elle conservant son autonomie financière, sous la haute autorité du gouverneur général, résidant à Brazzaville. En 1916, le Tchad fut érigé en colonie autonome. L'Afrique équatoriale était encore, en 1911, étendue par la pacification du Ouadaï, dont le sultan fit sa soumission après la prise de sa capitale Abecher, et par l'occupation du Borkou et du Tibesti. Cet immense territoire de 2 200 000 kilomètres carrés avait, en 1911, une population évaluée à 4 millions et
1921 cette pop tants : la perte
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uent po : L éshéritée de nos colonies. La lenteur de son déve
LA villages désertés ; on circule, des journées entières, sans ren- - LS contrer visage humain. Les routes manquent, sauf dans FOu- Re: banghi : partout ailleurs ce ne sont que pistes ou sentiers. : Les richesses sont peu exploitées : la forêt équatoriale offre des essences variées. C'est seulement depuis la dernière guerre que l'exploitation en a commencé. Le caoutchoue, l'huile de palme, l'ivoire, le café, le cacao fournissent à l'exportation des quan- . tités croissantes : de 1908 à 1913, le commerce à doublé (26 à 4
a. 57 milliards). Mais la situation économique ne s'améliorera que si l'outillage se crée et se développe. Seule de toutes nos Ë colonies, l'Afrique équatoriale n’a pas actuellement une voie 3 ferrée achevée : en 1908, un emprunt de 2 millions fut con-"
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senti par la métropole pour létude d’un chemin de fer; le.
Congo et ses affluents offrent de bonnes voies d'eau : mas le
Congo cesse d'être navigable à 400 kilomètres de la côte. Les
| = exportations du moyen Congo et de l'Oubanghidoïvent emprun- à s ter la voie ferrée belge Kinchassa-Matadi dont le trafñie est # à ä limité. Un emprunt de 171 millions fut fait en 1914. Les tra
Le É k vaux de la voie de Brazzaville à Pointe Noire, commentés ““ E- en 1922, sont arrivés au tiers du trajet. C’est seulement par" ‘1 l’achèvèment du chemin de fer que la colonisation ire < à
Francis Garnier) qui, après la campagne de-Chine, remontèrent le Mékong. Garnier découvrit le fleuve Rouge et redescendit le : use di
Re + à ce monde nouveau, à peine connu. Quelques commerçants,
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es conditions ethnographiques et climatiques sont en grande artie analogues, autorise tous les espoirs. | de
L'Indo-Chine. : à
L'expansion française, en Indo-Chine, comme en Afrique, avait débuté avant 1870. |
La France avait conquis la Cochinchine en deux étapes (1861- 1867). Simple initiative d’un amiral qui, après un débarque-
ment maiheureux à Bouram, pour punir des massacres de mis- sionnaires, délourna, les courants marins aidant, les forces à sa disposition sur le delta du Mékong (1859). Le pays appartenait au roi d’Annam Tu-Duc; vassal nominal de la Chine. En 1863, la France acquit le protectorat du Cambodge. La géographie du pays était des plus incertaines. Elle se précisa
me à l’exploration de deux officiers de marine (l’un était
ng (1866-68). La métropole ne s’intéressait guère
dont l'attention avait été attirée vers la Chine, crurent que le bassin du fleuve Rouge, le Tonkin, ouvraient une voie vers la
Chine du Sud.
C'était le moment où des bandes, les Pavillons Noirs, infes-
taient les provinces de la Chine méridionale. Un-négociant * français, Dupuis, fut chargé par le gouvernement chinois de
rawitailler en armes l’armée qui opérait contre elles dans le
Yunnam. Le fleuve Rouge paraïssait la route la plus directe. » Dupuis vint vainement à Paris solliciter l'appui du gouverne-: ment de Thiers pour cette expédition commerciale qui pouvait se transformer en expédition militaire. Parti de Haïphong
. (novembre 1872), il accomplit sa mission et rentra à Hanoï
(avril 1873). Ayant eu à subir des dommages de la part des mandarins annamites, il réclama des indemnités. Le gouverneur de la Cochinchine envoya Francis Garnier et 175 marins, avec mission de régler ce litige et de conclure avec l’Annam “un traité de commerce. Les négociations n’avançant pas, Francis Garnier, de sa propre initiâtive, employa la mamière forte.
Il enleva la citadelle d’Hanoï et en six semaines les petits for-
| tins du delta. Les négociations reprirent. Les Pavillons Noirs,
au service cette fois du gouvernement annamite, attaquèrent la citadelle de Hanoï. Garnier les repoussa mais fut tué dans une sortie. Sa conquête fut abandonnée par le gouvernement de Mac-Mahon. Des inimitiés personnelles vinrent compliquer la
situation. Dupuis ne réussit pas à se faire régler ses indemni-
tés, la veuve de Garnier sa pension. Le traité de Saïgon (1874) reconnut la souveraineté de l’empereur d’Annam, avec l'appui de la France pour maintenir l’ordre et contrôler la politique extérieure. La navigation du fleuve Rouge était libre, tous les ports ouverts au commerce européen. C'était un protectorat, en fait, sinon en droit. :
Le souverain d’Annam, pour faire échec à l'influence française, se souvint qu'il était vassal de la Chine. En 1880, l’ambassadeur chinois à Paris éleva une protestation contre le traité. Les Pavillons Noirs attaquaient nos postes. Pour réglerces difficultés, le gouverneur de la Cochinchine envoya au Mons le capitaine de vaisseau Rivière (1882) avec ordre de réclamer l'exécution stricte du traité. Ce fut le recommencement de l'aventure de Francis Garnier, le même début et la même fin. Rivière, à la tête de six cents hommes, soucieux de ne pas s’attarder à des négociations sans fin, réclama la livraison de la citadelle d'Hanoï et la prit d'assaut (avril 1883). L’ambassadeur chinois à Paris protesta aussitôt ; sa réclamation fut écartée, la France soutenant que le conflit ne concernait que l’Annam et elle-même. Rivière s’empara des autres forts du delta et comme Garnier, assiégé dans Hanoï, il fut tué dans une sortie, par les Pavillons Noirs (mai 1883).
Jules Ferry était président du Conseil depuis le 21 février ; il avait déjà conduit avec maîtrise l'opération de Tunisie. L’opinion publique s’intéressait un peu plus maintenant aux expéditions coloniales. Il résolut d'aller jusqu'au bout dans cette affaire. L’amiral Courbet avec une division navale fut envoyé dans le Delta ; les forts furent bombardés. Le roi Tu-Duc étant mort, les ministres qui gouvernaient en son nom demandèrent la paix qui fut signée à Hué (25 août 1883). On l'appela le traité Harmand, du nom de son négociateur. L’Annam passait sous le protectorat de la France.
La Chine alors SR de son hostilité, Suzeraine de l’Annam, elle prétendait que le conflit touchait à une partie de son territoire ; elle envoya d'abord des troupes régulières soutenir
les Pavillons Noirs au Tonkin, puis elle déclara la guerre:
(octobre 1883). Une petite expédition coloniale se transformait
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