‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 46 sur 112 · L'EXPANSION COLONIALE AT · texte numérisé non relu

L'EXPANSION COLONIALE AT

en une guerre contre l’empire chinois. Le corps expédition- | naire porté à 9000 hommes, prit Sontay, puis renforcé à ÿe 15000 hommes, Bac-Ninh, Hung-Hoa, Tuyen-Quan (mai-juin ne 1884). Tout le Tonkin était à nous. Le 11 mai 1884, Li-Hung- Tchang, vice-roi du Petchili, signait avec le capitaine de fré- gate Fournier le premier traité de Tien-Tsin : la Chine s’enga- geait à rappeler ses troupes du Tonkin et reconnaissait les traités entre l’Annam et la France.

#1 À l'instant où l'affaire paraissait réglée, la duplicité du gouvernement chinois remit tout en question. Le traité pré- voyait les dates d'évacuation par les troupes chinoises, des laces du Haut-Tonkin. Une colonne française allant prendre possession de Bac Lé, se heurta à un détachement de réguliers chinois et dut battre en retraite. Jules Ferry n’était pas pris au dépourvu. Le 6 juin 1884, notre ambassadeur en route pour … Pékin s'était arrêté à Hué et avait conclu un nouveau traité : * - il établissait en Annam un résident français devant présider à la politi ue extérieure, l’administration locale restant autonome, au Tonkin, un résident supérieur à Hanoï et des résidents locaux auprès des fonctionnaires annamites, avec droit de les révoquer. La guerre avec la Chine fut conduite sans déclaration ce qui aurait exigé une discussion devant les Chambres : bombardement de Éétuu dans l’île de Formose et = blocus de Formose, bombardement de Fou-Tchéou (août 1884), blocus du golfe du Petchili, par où le riz arrivait à Pékin. La . Chine envoya des troupes au Tonkin, Quinze mille hommes bloquèrent la petite garnison de Tuyen Quan où s’illustra le sergent Bobillot. Le Fu de Négrier avec 7 000 hommes la, délivra et repoussa les réguliers chinois jusqu’à la frontière (2 mars 1885). Renforcés, les Chinois revinrent. Négrier fit retraite jusqu’au nord de Langson et s’enferma dans la place. Blessé il passa le commandement à un lieutenant-colonel qui, dans son affolement, et bien que la place fût en état de soutenir un siège, l’évacua sans combat (28 mars). Cet événement amena, le 30 mars, la chute du ministère Ferry. A cette date la paix avec la Chine était tout près de se lire Depuis janvier 1885 et sans aucun arrêt des opérations militaires, les négociations étaient engagées. Les préliminaires furent signés au lendemain de la chute de Jules Ferry, le 4 avril, et transformés en traité le 9 juin à Tien-Tsin. La Chine renoncait définitivement à sa suzeraineté sur l’Annam. La question était réglée désormais et le gros œuvre de la con-

quête achevé.

Le Re

général de Courcy, commandant en chef, avait propose suppression de la dynastie et l’annexion, des incidents amenè-

rent la déposition du roi et la désignation d’un nouveau souve- |

rain (août-septembre 1885). Il en résulta une révolte 1 fut . domptée sans difficulté. Le Tonkin resta jusqu'en 1897 mfesté © par les bandes de Pavillons Noirs. Ce furent les seuls désordres que nos troupes eurent à réprimer. Sans luttes sérieuses, la France s’étendit dans le bassin du Haut-Mékong : le Laos était une région de montagnes faiblement peuplées, mais dont les princes, vassaux du roi d’Annam, étaient réclamés par le roi de Siam. Or, l’Angleterre.” depuis 1886 maîtresse de la Birmanie, était voisine du Siam : une zone neutre d'Etats … laotiens devait être interposée le ne du Mékong entre le Siam et les possessions françaises. La France occupa le Laos. Le Siam refusant de reconnaître cette prise de possession, attaqua nos tirailleurs annamites : deux navires français vinrent par la Mérnam jusqu'à Bangkok : le roi de Siam céda

(octobre 1893). Le Laos avec la limite du Mékong fut reconnu à l’Annam et le port de Chantaboun fut donné en gage.

L’Angleterre reconnu les clauses territoriales de ce traité.

En 1904 l’entente cordiale franco-anglaise aplanit les dernières =

Le) difficultés avec Le Siam : Chantaboun fut évacué, et le Siam

restitua au Cambodge trois provinces au nord-ouest peuplées de Cambodgiens.

L'organisation des possessions indo-chinoises fut à son début marquée de quelques erreurs, d’ailleurs à peu près inévitables. La France n'avait, au temps de la conquête de la Cochinchine, aucune expérience coloniale. Napoléon IIT hésitait à conserver ce territoire et aurait préféré a restituer au gouvernement annamite contre une contribution de guerre. Lé monde jaune, d'autre part, nous était inconnu. Le régime militaire du début fut transformé par décret du 13 mai 14879. La colonie fut dotée … d’un gouverneur et de fonctionnaires civils, d’un conseil colonial, de tribunaux établis sur le modèle de da métropole. En 1881, les colons furent représentés, comme ceux des vieilles colonies, aux deux Chambres. Tous les autres États de l’'Indo- Chine sont soumis au régime du protectorat : le Cambodge wit son statut transformé après le nouveau traité de 4884. L’Annam fut administré d’après un système analogue à celui de Tunisie. Le Tonkin, où il n’y avait aucune dynastie indigène, est gouverné par un résident supérieur à Hanoï, des résidents locaux contrôlant les administrateurs indigènes. Le Laos conserva ses -

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princes et ses chefs sous la surveillance d’un résident supé- rieur, à Luang-Prabang, et de commissaires. - … L'ensemble de ces terriloires forme le gouvernement généra . de lIndo-Chine française, depuis 1897, auquel a été rattaché en 1898 le territoire de Kouang-Tchéou-Wan, cédé par la Chine. Ses 720 000 kilomèires carrés comptent 21 millions . d’habitants environ. La partie la plus peuplée est le Tonkin = @ millions). La Cochinchine vient ensuite avec près de 4 milions ; le Cambodge a 1200000 habitants; le Laos, sur 230 000 kilomètres carrés, 700 000 habitants.

4 L’Indo-Chine est une contrée surtout agricole. Le riz est la

principale culture, et Le premier article d’exportation. Le port de Saïgon y trouve l'élément principal de son trafic, assurant à l’Indo-Chine la deuxième place, après la Birmanie anglaise. La quantité exportée oscille, suivant les années, entre 4 million et 1800000 tonnes. Les autres cultures ont moins d’importance pour le commerce extérieur, mais leur rendement, suscep- . tible d’une extension considérable, peut faire de notre colonie uni marché important. Le coton atteint déjà une production de …. 9000 tonnes, qui, étant donnée sa progression régulière et méthodique sur les « terres rouges » du Cambodge, pourra | bientôt suffire à la consommation du pays, plus tir peut-être approvisionner partiellement la métropole. Fe jute, le mürier, = le cocotier sont aussi en progrès ; les plantations d’hevea réa- … lisées avant la guerre dans la Cochinchine orientale et le sud de l’Annam, commencent à donner de très heureux résultats. Les richesses minières sont considérables : le zinc du Tonkin fournit 30 000 tonnes à l'exportation ; la houille environ un million de tonnes.

Depuis le gouvernement de M. Paul Doumer, 2000 kilomètres de chemins dé fer ont été construits ; la voie littorale, qui irait de la Cochinchine jusqu’au Tonkin, n’est pas encore complète. Les voies fluviales, abondantes dans ce pays tropical, sont génées par dés rapides et des envasements. L’aménagement des canaux cochinchinois est une belle partie de notre œuvre coloniale : grâce à ces travaux la production du riz a augmenté (l’exportation de Saïgon triplant en vingt ans) et les travaux en cours permettent de gagner à la culture une surface de plus de 500 000 hectares.

Le commerce est en augmentation constante, De 650 millions en 4913, il à approché 2 milliards en 1924. Le riz représente 70 pour 100 de l'exportation totale. À l’importation, les cotonnades sont le principal article. La France participe pour

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80 pour 100 au moins à l'importation, pour 25 pour 100 seulement à l’exportation, part relativement faible, Je pourra grandir, D se multiplieront les produits susceptibles d’être utilisés dans la métropole.

Madagascar.

Les droits de la France sur Madagascar datent de loin. En 1626, Richelieu avait concédé la grande île à une compagnie qui, après avoir créé quelques établissements sur la côte, périclita. Ce fut aussi le sort de la compagnie des Indes © Orientales créée par Colbert; au xvin° siècle un magnat hongrois, le comte Bengowski, chargé par Louis XV de coloniser l’île, se proclama souverain indépendant de Madagascar et fut tué au cours d’une expédition française (1786).

Au début de la Révolution, aucun établissement durable n’avait pu se fonder dans cette terre lointaine. Le général Decaen, capitaine général des établissements français de l'Océan Indien, fit, sous le Consulat, occuper Tamatave; les Anglais s’en emparèrent en 1811. Les traités de 1814 et 1815 laissèrent Madagascar à la France, malgré l'Angleterre qui prétendit un moment que, simple dépendance de l'ile Maurice, elle devait en suivre le sort politique.

À l’ouest vit une population presque noire, les Sakalaves. Le plateau central'est occupé par les Hovas, de race malaise, plus énergiques, qui entreprirent de soumettre à leur domination la totalité des tribus. Ils y réussirent et fondèrent leur eapitale à Tananarive. Restée théoriquement terre française, l’île ressemblait beaucoup à une possession britannique. Les Anglais y importaient des missionnaires qui évangélisaient les notables hovas et même leur reine, des ouvriers qui propageaient leur influence. La reine Ranavalo alla jusqu'à proscrire tous les Français (1861). La lutte se poursuivit entre les missionnaires anglais et français. Alternativement furent conclus des traités favorables à la France ou à l'Angleterre (1865 et 1868). En 1878, le Gouvernement hova refusa à tous Les étrangers le droit de propriété dans l’île et confisqua à sa mort le domaine d’un de nos compatriotes, Jean Laborde qui, brigadier de gendarmerie, Jeté sur la côte par la tempête en 1831, y avait édifié par son activité, son esprit d'initiative, ses bonnes relations avec les indigènes, quelques établissements florissants. En 1889, le pavillon hova fut arboré sur un territoire de la côte ouest

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