PT RO OP AT EXPANSION COLONIALE
| en face de l'ile de Nossi-Bé, se trouvant officiellement sous le protectorat français. Ces deux actes provoquèrent notre inter- vention (1883). ? } ARS
trop faibles, furent entravées par des incidents diplomatiques avec l'Angleterre, le changement par trois fois du haut com- . mandement. L’amiral Pierre occupe Majunga (mai 1883) et bombarde Tamatave. Les Chambres, en votant un crédit total de 47 mjllions, avaient nettement marqué leur désir de maintenir les droits de la France, mais en limitant les dépenses. Les négociations menées par l'amiral Miot et le consul général Patrimonio, appelé de Beyrouth, aboutissent au traité de 1885. La souveraineté de l’île entière et non pas seulement des hovas est reconnue à la reine, mais elle doit accepter à Tananarive un résident général français qui aura la charge des relations extérieures. La possession de la baie de Diego-Suarez est acquise à la France en plus d’une indemnité de 10 millions de francs. Dans l’esprit des négociateurs, le traité devait conduire à une sorte de protectorat, bien que le mot ne füt pas prononcé. Le nouveau résident général, Le Myre de Villers, ancien gouverneur de la Cochinchine, et ses successeurs, se heurtent à la mauvaise foi du gouvernement hova, spécialement du premier ministre, mari de la reine. Celle-ci entendait traiter en dehors de nous avec les puissances étrangères ; le règlement de l'indemnité due à la France risque d’entraîner, par suite d’un emprunt dont certaines clauses étaient draconiennes, la mainmise de l’Angleterre sur les finances de l’île: Les populations sakalaves, protégées de la France, sont molestées, les colons français assassinés. En 1894, Le Myre de Villers revient à Tananarive porteur d’un ultimatum qui est rejeté. Ce fut la rupture. En décembre le Parlement votait un crédit de 65 mullions. Le 12 décembre 1894, Tamatave, le 15 janvier 1895, Majunga étaient occupées sans combat.
L'expédition dura sept mois (1* mars-30 septembre 1895). Marquée par de petits combats, la manière dont elle fut conduite ‘provoqua de sévères critiques. Prévue depuis longtemps, elle avait fait l’objet d’études et de projets établis concurremment par le ministère de la guerre et de la marine. Celui-ci avait choisi l'itinéraire Tamatave-Tananarive, relativement court, mais présentant beaucoup d’obstacles : forêts, contrées fiévreuses à traverser. Le corps expéditionnaire, il est vrai, devait être composé en majorité de troupes noires, avec une petite réserve d'infanterie de marine et ravitaillé par des
Les opérations militaires et navales, menées avec dés forces
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tout au moins. Sous prétexte que les troupes françaises doivent
défendre le drapeau partout où les intérêts du pays sont engagés, le général Mercier, ministre de la guerre, eut l'idée de constituer le corps expéditionnaire en grande partie de déta=
chements prélevés sur les régiments de la métropole. Ainsi
qu'on pouvait le prévoir, chez ces jeunes soldats, nullement
familiarisés avec les chaleurs tropicales, une mortalité considérable se produisit. Sur les instances du président de la République, l'expédition fut confiée au ministère de la guerre. Le commandant choisi fut le général Duchesne, qui s'était distingué à Formose en 1885. à Dès le début, des incidents entravèrent le départ de lexpédition; les approvisionnements déposés sur la plage furent enlevés en partie par les flots. L'avant-garde débarquée le 1% mars, le gros arriva seulement en avril-mai. Il fallait se hâter pour profiter de la saison sèche (mai-septembre). On put sans grande résistance parvenir à Suberbieville d’où devaient partir les transports par terre (9-10 mai). La construction de la route, difficile en ce pays accidenté, n’avançait qu'à raison de trois kilomètres par jour : à la mi-uillet, 250 kilomètres seulement avaient pu être aménagés. Il en restait autant pour parvenir à Tananarive, Les maladies faisaient fondre les bataillons.
On ne pouvait songer à atteindre le terme de l'expédition
avant la saison des pluies. Le général Duchesne prit la seule décision possible : constituer avec les éléments valides une colonne volante de 4000 hommes, ravitaillée par mulets et qui marcherait à raison de 15 kilomètres par Jour.
Partie le 14 septembre, victorieuse aux combats du 15, 19 et25 septembre, elle contourna Tananarive pour donner l'assaut par l’est et le nord-est. La première ligne de hauteurs emportée, il suffit de quelques obus pour amener la capitulation. Sur un total de 18000 hommes, le chiffre officiel des pertes fut de 6000 morts de maladie dont 4189 Européens, 14 tués au combat; celles de la colonne légère, pour dix-sept jours de marche, avaient été très faibles (22 morts, B2 blessés).
Le 1° octobre 1895, le protectorat français était, par traité, établi dans l’île : la reine gardait son gouvernement; un' résident général français contrôlerait la politique extérieure et l’administration. La France fournirait les forces militaires nécessaires. Le protectorat, tel qu’il était constitué d’après ce traité, ne dura pas. Le gouvernement français, par débanes
. AT FE x: Le © + 4 : SN ES DIGTES É, pe VÉr 15 nent SRE animaux de bât. Le ministère de la guerre préféra l'itinéraire Êl Majunga-Tananarive, plus long, mais plus facile, en apparence
r la prise de possession de lile par la France. La reine accepta ce changement ; l'annexion, notifiée aux puistrangères, transforma l’ile en une colonie (loi du üt 1896). Le résident civil fut rappelé et le colonel Gal- 1, nommé général, fut envoyé dans File comme résident et commandant en chef, - Er «Ë.
__ grand’soldat colonial. Après avoir donné les preuves de son __ intelligence au Soudan et au Tonkin, il arriva en pleine révolte, suscitée par les ministres hovas écartés du pouvoir. Deux __ mumistres hovas furent jugés et mis à mort, la reine déportée en Algérie (1897). Gallieni, secondé par son chef d’Etat-Major, le colone! Lyautey, appliqua le système qui allait devenir au Maroc le fondement de notre action. Nos troupes n’occupaient effectivement qu'une zone restreinte ; la conquête de l’île entière s’imposait. Pour protéger les parties déjà soumises, on est fata-
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le repaire des révoltés. Cette extension progressive doit s’opé- rer en combinant judicieusement la politique et la force. Pas de coionnes isolées, mais des postes solides, composés d’indigènes fidèles, avec des cadres français. À mesure que la pacification progresse, l’organisation civile se substitue à l’organisation mihtaire. L'unité de commandement est le pivot de cette œuvre. La souplesse et l'intelligence à tous les degrés de [a hiérarchie, le moyen. L'œuvre de Gallieni, après neuf années, se mesurait aux résultats : tout le pays était en paix; le personnel européen peu nombreux comptait 310 fonctionnaires pour 1 259 commis indigènes. En 1908 l’île fut placée sous l'autorité d’un gouvereur général civil. , De cette doctrine, il resta les principes et les disciples : le plus remarquable d’entre eux fut Lyautey.
= Madagascar avec ses dépendances nourrit une population de 3382000 habitants. L'élément hova, plus assimilable, compte dans ce chiffre pour moins d’un tiers (950 000 environ). Les régions les plus riches sont situées sur la côte orientale, la ‘plus malsaine, ou sur le plateau intérieur. La construction du chemin de fer de Tananarive à la côte a permis le développement de la culture du riz dont 48 000 tonnes ont pu être exportèes en 1923. Le maïs, les patates, les haricots suffisent à la consommation intérieure. Les cultures riches se sont développées à l’est : vanille, dont Madagascar est le premier producteur mondial, canne à sucre, café, cacao, plantes à parfums. Le