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L’AFFAIRE DREYFUS

comparaît devant ses pairs à Rennes. C’est le moment où la

bataille est la plus acharnée. Un attentat se produit contre

Labori, avocat de Dreyfus. Partisans et adversaires de Dreyfus échangent aux portes mêmes du tribunal des altercations, des

injures et des coups: Déclaré de nouveau coupable par cinq voix

contre deux, mais avec des circonstances atténuantes, l'accusé est condamné à dix ans de détention. :

Ce n’est pas un jugement, mais un simple compromis,

-s’expliquant par le milieu et le moment où il s’est produit. Car

enfin, Dreyfus est coupable d’avoir écrit le bordereau, d’avoir livré à une an étrangère les secrets militaires de son pays, ouil ne l'est pas. S'il l'est, aucune circonstance atténuante ne saurait être invoquée en sa faveur.

Le gouvernement de Waldeck-Rousseau décide, avec beaucoup de raison, peur en finir avec cette agitation, de gracier le condamné. Quelques années plus tard, la cour de cassation, toutes chambres réunies, ayant repris examen de tout le procès, abolit le verdict de Rennes et casse définitivement sans renvoi. L'affaire est judiciairement terminée.

Les conséquences devaient en être lointaines et profondes. Du jour où elle est entrée dans la politique jusqu’à son dénouement et bien longtemps après, on peut dire qu’elle a dominé toute cette politique intérieure. Elle a causé la démission, coup sur coup, de plusieurs ministres de la guerre ; elle a fait crouler un certain nombre de cabinets. | Après la mort subite de Félix Faure, trouvé mort dans son bureau (16 février 1899), Loubet est élu par les voix de la gauche contre Méline, candidat des modérés. Les nationalistes, furieux de cette élection, entament une campagne vigoureuse. Aux funérailles de Félix Faure, Déroulède et quelques-uns de ses amis essaient d'entraîner la brigade du général Roger. Ce

coup de force mal préparé échoue. Déroulède, qui se récla-

mait de la Haute Cour, est renvoyé devant la cour d'assises pour provocation de militaires à la désobéissance. Il est acquitté.

Tandis que nationalistes et royalistes essaient de se servir de l’Affaire pour renverser la république parlementaire, les socialistes d’autre part n’ont pas tardé à la mettre à profit pour engager une campagne antimilitariste. Des deux côtés les excès sont les mêmes. fe violence des discussions risque de s'étendre à la rue. ue

Fort heureusement, arrive au pouvoir un homme à la tête froide, Waldeck-Rousseau, ancien collaborateur de Gambetta

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et de Jules Ferry. Il a toutes les Sr ui ae ns de e la règle, de la discipline.

gouvernement : le sens de l'ordre, $ Îl fait entrer au ministère, pour la première fois, un socia-

liste, Millerand, donnant ainsi satisfaction aux partis avancés.

Mais il embarque en même temps, dans le même bateau, le général de Galiffet qui a la réputation d’un homme à poignes exécré des révolutionnaires et des socialistes pour

sit, de ramener l’ordre et l’apaisement dans l’armée. :

Le ministère Waldeck-Rousseau, ralliant ainst les partis de gauche que les agissements des nationalistes ont inquiétés, ouvre les voies au ministère Combes qui devait lui succéder. La politique de la France s’oriente de plus en plus vers les doctrines et les partis avancés. fe

C’est là encore une conséquence directe de l'affaire Dreyfus.

Clemenceau, autre conséquence, écarté de la vie publique après Le scandale du Panama, ayant soutenu dans son journal avee son talent de polémiste et l’ardeur de son tempérament, la cause dreyfusiste, trouve là un tremplin excellent pour opérer sa rentrée dans la politique. Il deviendra quelques années plus tard président du conseil. Il sera, à la dernière période de la ee guerre, un des sauveurs de son pays.

Bibliographie. — H. Dutrait-Crozon. Précis de l'Affaire Dreyfus (1909. — J. Reinach. Histoire de l'Affaire Dreyfus (4 vol.) (1904). — Th. Reinach.

Précis de l'Affaire Dreyfus (1924). — Jean Jaurès. Les preuves. Affaire Dreyfus. — Allred Dreyfus. Cinq années de ma vie 1894-1899 (190). — Maurice Barrès. Ce que j'ai vu à Rennes (1904), — Esterhazy. Les dessous de

l'affaire Dreyfus AE — Bernard Lazare. Une erreur judiciaire. La vérité sur l'affaire Dreyfus (1896). — L'affaire Dreyfus (deuxième mémoire) (1897). —" Edouard Drumont. La France juive devant l'opinion (4886). — Urbain Gohier. Histoire d'une trahison (1905); Leur république (1906); Le procès Dreyfus devant le conseil de querre de Rennes (1899) : La révision du procès de Rennes. Débats de la Cour de Cassation. Chambres réunies (2 vol.) (1906) ; La révision du procès de Rennes. Enquêle de la Chambre criminelle {3 vol.} (190$). — F. de Pressensé. Un héros. Le colonel Picquamt (4897). è

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e rôle qu'il a joué durant la Commune. Galiffet se charge, etil y réus-

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