‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 60 sur 112 · LA POLITIQUE RELIGIEUSE É · texte numérisé non relu

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s’il eût vécu, Léon XIII eût-il réussi à l’éviter: Après sa mort, …

fin juillet 1903, Pie X son successeur prend tout de suite une

attitude plus intransigeante. Il proteste diplomatiquement contre la visite du président Loubet à Rome, la première faite dans la capitale des papes par le chef d’un grand Etat catholique. Le journal de Jaurès, l'Humanité, s'étant procuré, par une indiscrétion, la dépêche du pape, un grave incident se produit. Le

gouvernement français rappelle du Vatican son ambassadeur

en ne laissant qu'un chargé d’affaires. Nouveau conflit au sujet

de deux évêques français cités devant le Saint-Office. Combes cette fois rompt les relations diplomatiques et renvoie de Paris le nonce. |

Tel était l'aboutissement de cette campagne anticléricale, légèrement et imprudemment engagée, où le moteur, glissant vite des mains qui l’avaient mis en mouvement, roule sur la pente avec une vitesse accrue. Dans les conditions où elle se produisait, par l’animosité, l’irritation qu'elle laissait derrière elle, la rupture de l'Etat français avec le Vatican présentait pour nous des inconvénients très graves. Elle divisait profondément un pays déjà assez divisé, à la fois très catholique et anticlérical, opposé certes à l’immixtion du clergé dans la poli-

tique, mais n’en demeurant pas moins profondément religieux.

Conséquences de la rupture,

Le Concordat avaitété à son époque un monument de sagesse, de raison, d'esprit politique. On pouvait à coup.sûr, après une entente entre les deux contractants, en retoucher certaines parties. Ce n’était pas une solution de le supprimer.

Seuls, des politiciens d'arrondissement peuvent s’obstiner à ne pas reconnaître la puissance morale et matérielle du pape dans le monde. Deux grands pouvoirs comme l'Etat français et le Vatican, au lieu de s’ignorer, ont un intérêt évident et réciproque à régler, d’un commun accord, leurs relations. Tant que subsistait le Concordat, le gouvernement français, intervenant dans la nomination des évêques, exerçait par là quelque influence sur le clergé tout entier. Le pacte dénoncé, le pape devint le seul maître. Le gallicanisme, très atteint déjà, disparaît entièrement.

Au dehors, les effets sont plus fâcheux encore. Les catholi-. ques du monde entier ne tardent pas à se retourner contre la France. On devait, au moment de la guerre, ressentir les conséquences de leur violente antipathie.

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