EMENT DES RADICAUX
frère socialiste, accepte un portefeuille lui aussi. Peu de temps après, c'est le tour de Viviani. Pendant la guerre, Briand, alors.
ectiviste, pareil au loup s’introduisant dans la ber-
au plus haut point imprégné, viennent à tout instant altérer, fausser sa vision des hommes et des événements. En politique
étrangère notamment, ils l’amènent à des erreurs de jugement
très grossières. [l en arrive, par une sorte de parti pris, de pli
professionnel, à prendre automatiquement et en beaucoup de
circonstances, le contre-pied des intérêts français. Parlant de la Triple-Alliance, par exemple, il affirme, ce qui n’est pas loin d’être une aberration, qu’elle a été le contrepoids nécessaire de l'alliance franco-russe. C’est exactement le contraire de la vérité. S'agit-il du problème capital entre tous, la question allemande, il est convaincu, bien à tort, ainsi que les événements devaient le démontrer, que les partis démocratiques et socialistes représentent outre-Rhin une force considérable avec laquelle le Kaiser, l'état-major, les nationalistes devront un jour compter. Or, cette force, par suite de la docilité, de la malléabilité du peuple germanique, que tout observateur un peu clairvoyant peut aisément discerner, est exactement égale à zéro.
Les progrès du socialisme.
Les progrès incessants du socialisme, qui se traduisent par l’augmentation du nombre des suffrages, par l’accroissement de celui des élus, à la Chambre, au Sénat, aux assemblées cantonales et municipales, sont un des traits marquants dans l’évolution politique de la Troisième République. Le socialisme doit ses progrès à son excellente organisation, à l’action de ses comités, à la discipline du parti. Il les doit beaucoup plus encore à la faiblesse, par moment assez veule, des partis bourgeois qui, loin de s'entendre pour lui barrer la route, trouvent au contraire excellent de conclure, en de multiples circonstances, des alliances avec lui. Dans tout le Midi, notamment, ces alliances, bien avant la formation du Cartel, étaient monnaie courante. Beaucoup d’électeurs votaient pour les socialistes, sans adhérer le moins du monde aux doctrines collectivistes, tout simplement parce que le socialisme représente à leurs yeux le parti le plus à gauche, le plus rouge. Quelquefois des conservateurs, des cléricaux, uniquement pour faire pièce aux radicaux francs-maçons et « mangeurs de curés », s’alliaient avec les socialistes et assuraient ainsi leurélection.
Le socialisme a ainsi profité grandement, il continue à profiter des dissensions entre les partis bourgeois.
Le nombre élevé des suffrages remportés par lui ne repré-
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