‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 68 sur 112 · PER · texte numérisé non relu

PER

A Re DR 7 NT LA POLITIQUE EUROPÉENNE. © A

FF

gæ / “LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE “2

défaites de Mandchourie provoquèrent dans le pays tout entier. ER

C4 Il permit, ou plutôt il aurait pu permettre à des observateurs <a clairvoyants, regardant non pas seulement la façade, mais Fine ee térieur de l’édifice, de mesurer son peu de solidité ; une suite de troubles violents secouèrent tout l'empire : manifestations, grèves (certaines d’un caractère révolutionnaire), émeutes et TE - fusillades dans les rues de Saint-Pétersbourg et de Moscou, 7% : jacqueries dans les provinces baltiques, désordres au Cau:7 2 $ case, etc. Tout cela, et aussi la vive opposition des classes intellectuelles, ce qu’on appelle en Russie « l’intelligence », qui demandaient à cor et à cri une Constitution, oblige le tsar, sur l’énergique intervention du comte Witte, à signer le fameux manifeste du 30 octobre 1905, instituant un timide essai de gouvernement constitutionnel et parlementaire, portant une- Aer at atteinte au régime autocratique. L'empereur, d’ail- LE eurs, n'eut pas plutôt signé ee manifeste qu'il le regretta vivement. [l ne pardonna pas au comte Witte, tombé en dis- . grâce, de le lui avoir imposé. II fit tout ee qu’il put pour limiter, simon détruire, les concessions qu’il s'était laissé arracher.

Conférence d'Algésiras.

Tandis que la Russie était de la sorte occupée en Extrême- Orient, l'Allemagne avait donc pratiquement les mains libres pour tenter sur la France un essai d’intimidation, pour l'obliger à subir ses exigences touchant Faffaire marocaine. Après la démission de M. Delcassé, le gouvernement français ne pouvait qu'accepter le projet de conférence mis en avant par la diplomatie allemande. Le 8 juillet, un échange de lettres entre M. Rouvier et le prince Radolin, ambassadeur d'Allemagne à Paris, en reconnaît le principe et en détermine le programme.

Le lieu choisi est Algésiras. À la pointe extrême de l'Europe, cette petite cité mi-africaine, en face du rocher caleiné de Gibraltar, montre ses maisons blanchies à la chaux. ses ruelles raboteuses, ses jardins de palmes et d’orangers, au milieu desquels se trouve un excellent hôtel, à l'anglaise, fréquenté par les hivernants : Maria-Christina. C'est là ‘que se réumrent les diplomates.

La France, à force d’insistance, réussit à faire reconnaître les droits spéciaux qu’elle possède au Maroc. L'Allemagne somme toute, n'eut pas à se félieiter d’avoir évoqué cette affaire devant un aréopage européen. Si le fait d’avoir contraint

qu'alliée de VAI agne, n'hésita pas à se ranger

‘ uences du travail excellent, accompli À es cr mien entesee lee Conlle rère, Une entente menée dans le Lo pme ret avec le

Visconts Venosta, ministre des Affaires Etrangères,

succès pour T8 En plus d'une circonstance,

M. Prinitts, successeur de Visconti Venosta, aprés un

… renouvellement de la Triple-Alliance, consentit à signer une convention par laquelle Fitalie s’engageait à rester neutre au

«as où la France, par suite d’une provocation, ou pour défendre

| ses intérêts, serait amenée à déclarer la guerre à V Allemagne.

Dés lors la Triple-Alliance perdait pour nous, en ce qui zon- <erve l'Italie, beaucoup de 52 gravité.

Pénétration française ou Maroc.

La France, obtenant une part prépondérante dans la'police

* des ports et la direction de la sœurs d'Etat, libre dans une

“large mesure, de ses mouvements, allait poursuivre sa politique de tion au Maroc. Dès l'instant quelle des U prendre pied, elle était amenée par la Le des choses, à S% installer de plus en plus, « L’emprise » marocaine ne pouwait pas s'exercer à moitié, Toutes sortes d'obstacles dans la métropole et au dehors s'oppossient à son développement. Mais le sentiment des ja intérêts en cause, l'influence agissante d'un petit pe d'hommes énergiques, les mémes qui avaient réussi à développer notre empire colonial, persusdés avez raison que l'acquisition du Maroc nous était indispensable, sinrent 4 bout de tous ces obstacles.

En mars 1907, à Ja suite du massacre à Marrakech d'un Français, le D' Mauchamp, le gouvernement décide d'occuper Oudjda, non loin de la frontière algérienne. Le 30 juillet, des ouvriers européens travaillant au port de Casablanca sont massacrés par La population, le consul de France menacé. Un corps d'occupation est débarqué aussitôt avec mission de protéger La ville. Cest le doigt daus l'engrenage ; les opérations dès lors ne peuvent que s'amplifier. Le général d'Amade met la main sur la Chaoufa, la grande plaine fertile entourant Casa-

blanca. Oudjda à l’est, Casablanca à l’ouest, ce sont les deux

branches de la tenaille qui, un jour prochain, par l’occupation

de Fez, doivent nécessairement se refermer. ge

L'incident des déserteurs allemands.

Eincident des déserteurs allemands de la légion étrangère :

amène une nouvelle difficulté entre l'Allemagne et la France. Le gouvernement allemand réclamait des excuses et la mise en liberté des déserteurs. Le gouvernement français demandait la révocation du consul allemand. En cas de désaccord, il proposait un arbitrage. L'Allemagne, non sans une assez vive résistance, finit par y consentir.

M. Clemenceau, alors président du conseil, secondé aux

Affaires Etrangères par M. Pichon; son intime ami et son fidèle lieutenant, soutint avec beaucoup d’énergie les droits de la France.

‘ Après avoir assez longtemps disparu de la vie politique après le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus lui fournit l’occasion d’une rentrée retentissante. En 1905. pendant la crise provoquée par le débarquement du Kaiser à Tanger, ses articles sonnent, d’une manière vigoureuse, le ralliement des énergies nationales, en vue d’une résistance vigoureuse aux intimidations teutoniques. Le joug « qu’on nous offre, écrit-il, n’est pas à la mesure du cou. Joug ou cou, il faut que l’un des deux soit brisé ! » Tout Clemenceau tient dans cette phrase.

Les événements amenaïent la France à étendre sa zone d'action, à y envoyer de plus en plus de soldats. Le faible sultan Abd-el-Azis, ouvertement compromis aux yeux de son peuple, par ses relations avec des étrangers, est détrôné par son frère Moulay Hafid (1908), qui, bientôt après, se sent compromis à son tour. Une révolte oblige le gouvernement français à faire occuper Fez (le 21 mars 1911), puis Méknès et Rabat.

L'Allemagne voit d’un très mauvais œil cette suite d'empiétements qui doit fatalement conduire à ce qu’elle appelle la « tunisification » du Maroc. Un essai de bee Lun économique et financière, lentée après l’affaire des déserteurs de Casablanca, afin d’associer aux colonies les capitaux français et allemands, ne donne aucun résultat.

On a essayé de rendre le gouvernement français responsable de cet insuccès. On à prétendu que-si l'Allemagne avait une seconde fois frappé un violent coup de poing sur la table

CE

so FH

re

QUE EUROPÉ

ce Ni" É

d'A % L k ; s$ ; k , re s

est que ses espoirs fondés sur cette entente écono- TER p À L'7.

ient été déçus. 1 LME

areils reproches ne sont pas fondés. La collaboration Ven échouer pour la simple raison que chacun des deux l’en- tendait d’une façon très différente : très large pour les Alle- mands, très étroite pour les Français. k Une fois de plus, des raisons qui relevaient avant tout de la politique générale, allaient pousser Allemagne à nous marquer sa mauvaise humeur. L’Entente cordiale, depuis qu’elle avait été conclue, n’avait pas cessé de se fortifier. Les souve- rains, les chefs d'Etat avaient échangé des visites. La mort d’Edouard VIT (1909) n’avait en rien affaibli cette cordialité. Le remplacement. des conservateurs par les libéraux n'avait

. apporté aucun Changement. Successeur de Lord Lansdowne au Foreign Office, Sir Edward Grey continuait la politique de son 1 prédécesseur. Ce gentleman correct, distant, renfermé, se mon- __ trant aussi peu que possible en public, cachait, sous une froideur | apparente, un attachement très ardent à la chose publique et à la paix. Or, il estimait que le maintien de relations très intimes avec la France éfait une des garanties de la paix. 4 | | * À . » x | À : * .

Fr. L'accord anglo-russe, :! . L'amitié franco-britannique, à mesure qu'elle se fortiliait,

pouvait difficilement ne pas exercer son influence sur les relations anglo-russes. Après la guerre russo-japonaise, le gouvernement britannique n'avait plus les mêmes raisons qu’autrefois de craindre un accroissement démesuré des Russes en Asie. L'idée devait lui venir de réaliser avec les Russes, le même règlement colonial qui lui avait si bien réussi avec la France. La diplomatie de cette dernière le poussa de toutes ses forces dans cette - yoie. M. Iswolski, devenu ministre des Affaires Etrangères, - était grand partisan d'une entente avec l'Angleterre. Au poste de Copenhague qu’il avait longtemps occupé, 1] avait appris à connaître et à estimer les Anglais. Des conversations s'engagèrent. Elles aboutirent à la conclusion d’un accord qui ie un peu partout en Asie : Perse, Afghanistan, Tibet, golfe Persique, les difficultés pendantes entre les deux pays (1907). Pémême que l'accord franco-britannique, cet accord anglorusse devait, immanquablement, passer du plan colonial sur le plan européen. En face de la Triple-Alliance se dressait main- - tenant un autre groupement auquel on donna le nom de Triple-

Entente. :

NN ae

Mn LM L2 Le 1 » ai” nt. te de AE FUn NI TT SR. A FPT & TT ( Sr fie y + ps né D. AE fi }» de.

Le pacte manqué de Bjærhoë.

L'Allemagne et surtout son souverain ne manquèrent pas d’en prendre ombrage. Vainement le Kaiser essaya-t-il, par son influence personnelle sur le tsar, de détourner de Se la Russie, de la remettre dans le sillage germanique. En quil-

let 1905, vers la fin de la guerre russo-japonaise, 1l avait ren- -contré Nicolas II dans un fjord finlandais à Bjærkoë. Profitant

de l’irritation causée au souverain russe par l'attitude de l’'Angleterre qui soutenait ouvertement les Japonais, il lui fit signer un traité d'alliance contre l’Angleterre, auquel la France devait être obligée d’adhérer. Faible et irrésolu, le tsar se laissa arracher sa signature. Quand plus tard ses ministres, qu'il avait tout d’abord négligé d’avertir, furent mis au courant, ils n’eurent pas de peine à lui présenter les graves périls de ce traité occulte, l'opposition qu'il provoquerait de la part de la France, fondée à se plaindre de ne pas même avoir été consultée. Le tsar se rendit à ces raisons. Il fit savoir à Guillaume IF que le traité n'ayant pas été ratifié par un de ses ministres, ‘devait être considéré comme nul. Ces efforts, ces intrigues de l'Allemagne ne servaient donc à rien.

Après 1870, la grande préoccupation de Bismarck avait été de maintenir la France isolée en Europe. Il y réussit longtemps. L ne pouvait pas réussir éternellement, ce qui était contraire à a raison.

Pleinsdecette idée bismarckienne que la France devait demeu-

rer seule en Europe, les dirigeants germaniques en vinrent à considérer comme une marque de défiance à leur égard, presque comme une provocation, le fait que notre pays cherchait et trouvait des alliés et des amis. La Triple-Entente, dès sa fondation,

A 2 L % 2 à mesure qu elle se développait, provoquait de plus en plus leur mauvaise humeur.

La crainte de l’encerclement hantait les cervelles germaniques, . x »° V7 0 tournait à l’idée fixe. Ce fut une des causes profondes de la ? . . .

guerre, L Allemagne se plaignait ouvertement et incessamment d’être entourée d’adversaires : Angleterre, Russie, France, ce qui l’obligeait à un effort militaire formidable, éerasant.

Ces plaintes étaient-elles sincères ou simulées? Il est dificile de le déterminer avec exactitude. Servaient-elles de prétexte aux dirigeants germaniques pour justifier la course aux armements ? La docilité, la crédulité du peuple allemand, cire molle sur laquelle on imprime ce qu’on veut, fit que cette

| ; … naïse (1906). — V. Bérard. La révolte de l'Asie (1905). — A. Gérard. Ma mission en Chine el au Japon: — Comte Witte. Mémoires... F=

Frs 24 £ + ‘ TE # :

era ESA D. t > Lo + = « ’ - j" SE tr .

. 4 + - À +4 E « | 4 Re z ° « + 2 ; ;: L2 ’ p

Page 1