L'ORAGE DANS LES BALKANS
L'Autriche manteau d’Arlequin. — D’Ærenthal tonifie la politique autrichienne. — Le coup d'Etat jeune-turc. — Ferdinand de Bulgarie. — Le côup austro-bulgare. — Quieta non movere. — L'Italie en Tripolitaine. — Les pactes balkaniques. — La guerre imminente.
L'Autriche manteau d'Arlequin.
Au début de ce siècle, l'Autriche, en dépit d’une façade constitutionnelle et parlementaire, continuait à être gouvernée à peu près comme sous un régime absolu. Il existait un parlement à Vienne, un autre à Budapest. Mais ces moulins tournaient le plus souvent à vide. Les députés, de race et de langue ditférentes, discutaient, se disputaient et quelquefois se battaient, sans que la couronne attachât grande importance à leurs disputes ou à leurs coups. Les parlementaires pouvaient faire ce qu’ils
‘voulaient, l’empereur-roi réussissait presque toujours à gou-
verner en dehors d’eux.
Etrange et curieux assemblage que cet empire qui, de la
Suisse, s’étendait jusqu'aux portes de l'Orient : provinces purement allemandes, Tyrol, Haute et Basse Autriche, territoires de race et de langue italiens, Trentin et région de Trieste ; ancien royaume de Bohême à peu près entièrement slave; à côté des Slaves du Nord, ceux du Sud, Dalmatie, et la province arrachée à la Turquie au Congrès de Berlin, Bosnie-Herpeosine qui se partageait entre musulmans et slaves.
ans le royaume hongrois, les populations ntétaient pas moins hétéroclites. Au centre, dans la plaine, le long du Danube et de’la Tisza, le fleuve hongrois par excellence, un élément purement magyar. Dès que la plaine commence à s’élever en légères ondulations, de tous les côtés, au nord, au sud, à l’est, les allo-