‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 74 sur 112 · LL · texte numérisé non relu

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: PAS FEU RRT dr Mécontentement réciproque.

RC Ainsi qu'il arrive fréquemment dans un marché mal engagé, ; Fun estimait avoir trop donné, et l’autre n’avoir pas suffisam- ment reçu. Loin d’être améliorées, les relations des deux pays en furent envenimées. En France, même les plus pacifiques se rendaient compte maintenant que les dispositions évidentes de __ lAllemagne finiraient un jour ou l’autre par rendre la guerre inévitable. Deux fois au moins, durant les six dernières années (1905-1911), l'Allemagne nous avait cherché querelle et nous

avait obligés à céder. Or, nous ne pouvions pas céder toujours.

É __ En Allemagne plus encore, l’affaire d'Agadir eut un reten- tissement profond et exerça une influence désastreuse. Les mi- - lieux nationalistes ne cachaïent pas leur mécontentement, leur indignation. Le gouvernement se ne soumis aux plus vives - critiques. On lui reprochaït d’avoir fait un marché de dupe en abandonnant le Maroc à la France (comme si le Maroc apparte- nait à l'Allemagne) contre ce qu’on appelait quelques marécages congolais. C’est la France, affirmait-on, qui retire tous les avantages matériels et moraux du traité. Le prestige de - l’Allemagne a subi la plus grave atteinte. Ces critiques s’étalèrent tout au long danses journaux. Elles furent portées au Reichstag, lorsque le traité y fut discuté. On …— put voir, dans une des tribunes, le Kronprinz en uniforme et des princes de la maison es applaudir frénétiquement les orateurs qui dénonçaient l’accord. Cet état d'esprit se répandit des masses dirigeantes dans le gros du public et ses effets ne tardèrent pas à se manifester. Si l'Allemagne n'avait pas obtenu plus d'avantages, affirmait-on, c’est que ses forces militaires n’étaient pas suffisantes. Il fallait qu’elle pût parler plus haut, pour que sa voix fût entendue. D'où la nécessité d'augmenter sans retard son armée.

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Guildhall, 21 juillet 1941), fit savoir qu’elle

magne, en échange de notre protectorat au Maroc, obtenait un

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Les armements de l'Allemagne.

Une fois cette décision prise, l’état-major toujours toutpuissant, le gouvernement, le parlement se ruèrent à cette | augmentation, En moins de trois ans (fin 1911 à 1914), l’Allemagne fit plus pour accroissement de sa puissance militaire que durant les vingt années précédentes.

Voici quelques Prune indiscutables. En 1911, le gouvernement impérial avait élabli son quinquennat militaire qui prévoyait une légère augmentation de l'armée. Tout le monde

ensait qu'il s’en tiendrait là; c'est ce qui avait été affirmé lors

de l’adoption du projet par le Reichstag. Or, en mars 1912, nouvelle augmentation quatre fois plus forte que celle de l’année précédente : trente-sept mille combattants, deux corps d'armée supplémentaires, un sur la frontière française, l’autre sur la frontière russe, avec tous les services au complet : Intendance, Génie, etc... Enfin, et ceci est capital, cetie aügmentation, au lieu d’être échelonnée sur une période de plusieurs années, ainsi que cela s’était toujours fait jusqu'alors, devait se réaliser en quelques mois, avant le 1° octobre 1912.

Pour expliquer les raisons de cet accroissement et de cette hâte, le ministre de la Guerre, le général de Heeringen, s’exprime à la tribune du Reichstag avec une franchise toute militaire :

« L'expérience de l’année précédente (Agadir) nous a prouvé que l’augmentation de notre armée n'avait pas été suffisante. »

L'Allemagne allait-elle du moins s’en tenir là ? Nullement. Dix mois après, en 1913, elle procède à de nouveaux armements, beaucoup plus extraordinaires encore. Après l’accroissement de 40000 hommes en 1912, elle prévoit pour 1913, un accroissement de 80 000 hommes et 80 000 hommes aussi pour 1914, soit en tout 160 000 hommes. A la fin de 1913, l’armée active de l'Allemagne compterait 800 000 hommes contre seulement 500 000 en France. En 1914, elle serait, vis-à-vis de l’armée française, dans la proportion de 17 contre 10, soit presque deux contre un.

Pour se procurer l'argent nécessaire à cet énorme accroissement, un milliard de marks, le gouvernement, sur l’initiative, assurait-on, du Kaiser en personne, décida de recourir à un impôt exceptionnel, un véritable impôt de querre, frappant toutes les fortunes au-dessus de vingt mille marks.

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