NCE, ALLEMAGNE ET BALKANS
La riposte française.
Devant de pareilles mesures, telles que l’Allemagne n’en avait pas pris depuis 1870, la France, malgré les tendances ‘pacifiques de ses dirigeants, fut bien obligée, sous peine de signer sa propre déchéance, de se mettre en état de défense. Après la chute du ministère Caillaux, Raymond Poincaré prend Île pouvoir. De président du conseil, ministre des Affaires Etrangères, il devient, en février 1913, président de la République.
Lorrain à la tête froide, à l'esprit méticuleux et précis, cousin de Pillustré mathématicien Henri Poincaré, avocat de - renom, grand bourreau de travail, il n’a pas son pareil pour . dépouiller et clarifier les questions les plus confuses; épris d'ordre et de méthode, il préfère aux-conversations les notes écrites, qui ont l’avantage de ne rien laisser dans l’ombre, È
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d'éviter les confusions et les malentendus. Ce qui est prodigieux en lui, c’est la rapidité alerte de l'esprit, toujours sur le “qui-vive, la précision impeccable de la mémoire. Besoin de précision et de clarté, sens juridique, qu'il s'agisse de politique intérieure ou extérieure, amour passionné L de son pays à qui il a dévoué une fois pour toutes son activité, . son existence, probité intellectuelle et morale, désintéressement absolu, une discipline stricte réglant minutieusement tout le côté matériel de sa vie, sous une froideur apparente, un peu distante, un grand fond de bonté, de fidélité à ses amis, peut-être de timidité : tels sont les traits dominants, les rares qualités de cette nature.
Il était impossible, dans ces années critiques de lavantguerre et de la guerre, d’avoir à la tête du pays un homme - mieux équilibré, plus mesuré, plus pondéré. Et vraiment, pour qui la pratiqué, pour qui le connaît, rien de plus incompréhensible, de plus absurde que les accusations qui ont été parfois portées contre lui, la campagne de « Poincaré-la-guerre !» S'il est un homme qui, par son caractère, son tempérament, ait en horreur la guerre, c’est assurément celui-là !
La France, par suite de sa faible population, n'ayant pas comme l’Allemagne des conscrits en surnombre, une seule ressource lui restait, si elle voulait rattraper rapidement l'avance que son redoutable voisin était en train de prendre : rétablir le service de trois ans. Soutenue, encouragée par le gouvernement, l’opinion se manifesta dans ce sens avec une force gran-
Recouzy.— La Troisième République. 16
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dissante. Des manifestations significatives se produisirent un
de la guerre, consulté, se prononça à l’unanimité, pour cette solution. Le conseil des ministres l’adopta. Le gouvernement,