‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 77 sur 112 · LD · texte numérisé non relu

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Après l’accord d'Agadir, la France libre de ses mouvements au Maroc, établit le protectorat, reconnu officiellement le 30 mars 1942 par le sultan Moulay Hafid. Notre établissement tunisien sert, pour une bonne part, de modèle. Comme en Tumisie, un résident général représente, auprès du sultan, le pouvoir protecteur, centralise entre ses mains la plupart des services. Ce système très souple, qui a fait ses preuves, laisse subsister le pouvoir moral, spirituel, religieux du sultan et touche le moins possible à l’armature de la société musulmane.

En avril 1912, une révolte générale des tabors, troupes indi-

gènes, éclate à Fez. Un certain nombre d’instructeurs français

sont massacrés. Une expédition dégage la capitale chérifienne. Moulay Hafid abdique en faveur de Moulay Ioussef, avec qui nous n'avons eu, depuis, aucune difficulté.

Il s'agissait, dès lors, de conquérir, de pacifier la plus grande partie du pays, en y employant le minimum de troupes, pour ne pas trop affaiblir nos effectifs de la métropole. Tàche difficile entre toutes. Pour la mener à bien, la France eut heureusement sous la main un des meilleurs ouvriers de son œuvre

coloniale, un grand administrateur doublé d’un grand soldat : Lyautey.

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| FRANCE, ALLEMAGNE ET BALKANS SE comme Poincaré, fils d’une famille de hauts foncs et de soldats (son arrière-grand-père était général armées napoléoniennes), alors qu’il était jeune capiun article dans la Revue des Deux Mondes, sur le rôle

colonies : Indo Chine, Madagascar, où il fut le disciple de Gallieni, le rompent à la pratique des affaires coloniales. Envoyé en Algérie, commandant de la division d'Oran, c’est vers les … confins algéro-marocains et par delà, vers le Maroc lui-même, que se tournent son attention et son activité. Quand le gouvernement le nomme commandant en chef . . des troupes, Lyautey est en possession d’une méthode, d’une doctrine qu'il perfectionnera sur place, et qu’il va, de longues années durant, appliquer. Cette doctrine, basée sur une con- . - naissance approfondie de l’âme, du caractère musulmans, con- ” siste à déplo er la force « pour ne pas avoir à s’en servir », à imprimer fortement dans lesprit des indigènes le respect du pouvoir protecteur; tout en sauvegardant leurs droits, leurs traditions, leurs croyances, leur hiérarchie sociale, à leur faire comprendre que l’existence est meilleure et plus agréable dans un pays civilisé, pacifié, où chacun peut jouir librement de son bien, que dans une contrée livrée au pillage et à l’anar- chie. Les indigènes ne sont pas longs à sentir ces avantages. Quant aux AE militaires de Lyautey, qui l’ont mis plus d’une fois en opposition avec létat-major de l’armée, porté d’instinct à tout unifier, elles dérivent de cette idée que les - opérations coloniales, très différentes de la guerre européenne, doivent être menées d’après des méthodes stratégiques et tactiques différentes, avec a unités plus souples que dans l’armée métropolitaine. Le commandant d’une colonne se double d’un chef politique, connaissant les régions et les tribus où il opère, toujours prêt à combiner l’action politique avec l’action militaire. :

L’application de ces méthodes a donné des résultats excel- * lents. Lyautey commençait à peine la pacification du pays (en 1914 seulement eut lieu la prise de Taza, établissant définitivement la communication entre l'Algérie et le Maroc) lorsqu’éclata la grande guerre, qui servit à cet égard de pierre de touche. , Malgré les instructions du gouvernement qui, pour pouvoir ramener immédiatement en France la plus grande partie des troupes, lui demandait d’évacuer l’intérieur, de se replier sur la côte avec les colons, Lyautey, se rendant compte que cette

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al de Pofficier, le fait déjà remarquer. De longs séjours aux |

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évacuation serait une catastrophe, provoquerait une insurrection générale et mettrait le pays à feu et à sang, se fit fort, même avec un corps d'occupation très restreint, composé surtout de territoriaux, remplaçant les troupes actives, de mamtenir l’ordre dans tout le pays. Il tint plus que sa promesse car, en pleine guerre, il développa considérablement la zone occupée.

Administrateur en même temps que soldat, portant ses efforts sur toutes les branches de l’activité, construisant des chemins de fer, des routes, des ports, soucieux, pour la première fois dans nos annales coloniales, de sauvegarder les richesses artistiques, de préserver le pittoresque et la couleur locale des cités indigènes (interdiction de bâtir aucune maison européenne au milieu des vieilles villes), développant le commerce, l’industrie, la colonisation, favorisant un grand nombre d’entreprises françaises, Lyautey fut, dans toute la force du terme, un animateur. Il brûla les étapes, accomplissant en dix ans ce qui, fait autrement, aurait exigé un demi-siècle.

. Les querres balkaniques, prélude de la grande querre.

« Fraîches et Joyeuses. » On peut appliquer ces épithètes aux guerres balkaniques (octobre 1912). Tous ensemble, d’un irrésistible élan, les chrétiens des Balkans se jettent ‘sur le Turc, leur ennemi, leur oppresseur héréditaire, qui chancelle et ne tarde pas à s’abattre sous leurs coups.

Admirablement organisée et entraînée, l’armée bulgare accomplit des merveilles. Manœuvrant d’après un plan stratégique bien conçu, ses divisions franchissent les passes des Balkans, bousculent, débordent l’armée ottomane, investissent Andrinople et s’avancent à vive allure dans la direction de Constantinople. À

Les succès des Serbes ét des Grecs sont tout aussi grands. En l’espace de quelques semaines, ce qu’on appelait la Turquie d'Europe n'existe pour ainsi dire plus.

Des victoires aussi éclatantes, l’écroulement subit d’un vaste empire que beaucoup considéraient encore comme très puissant, causèrent partout une extrême surprise; accueillis avec Joie dans certains pays, ils provoquèrent dans d’autres le mécontentement et même la colère. Succès moral et matériel pou les Russes, dont ils renforçaient le prestige dans les

alkans, ils étaient par cela même un échec pour l’Autriche

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