‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 79 sur 112 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

ge ar £ MA

AT

ème temps que la Turquie, l'Autriche sort vaincue de

res balkaniques. Elle n’a su ni les empêcher, ni en voir à temps les résultats. \ l !

Elle s'est trompée une première fois en 1912, lorsqu'elle a

pensé que l’armée turque, dont elle surestimait la puissance, viendrait aisément à bout de ses adversaires. Elle s’est trompée * beaucoup plus lourdementencore la seconde, lorsqu'elle a poussé . en avant les Bulgares, sans se douter qu'elle les conduisait à une catastrophe. Diplomates et militaires out communié dans cette erreur. Les dirigeants de Vienne devraient en toute Jus- tice ne s'en prendre qu'à eux-mêmes. Mais ils sont aigris,

mécontents, furieux d’avoir laissé passer tant d'occasions,

cherchant de tous côtés un moyen de se rattraper.

Dès ce moment ils songent à une guerre contre la Serbie,

persuadés qu’il n’y a pas d'autre remède.

Au mois d'août 1913, désireux d’agir militairement contre les Serbes, ils s’ouvrent de leur dessein à leurs alliés, Allemagne et Italie. Les révélations si curieuses faites pendant la grande guerre par M. Giolitti jettent, sur ces intentions belliqueuses de l'Autriche, la lumière la plus saisissante. Le 9 août 1913, le marquis de San Guliano, ministre des Affaires Etrangères, télégraphie à son chef, M. Giolitti : « L'Autriche- Hongrie nous a communiqué, ainsi qu’à l'Allemagne, son intention d'agir contre la Serbie. Elle dépeint cette action comme une action défensive, espérant appliquer à la Triple-Alliance le casus fœderis que je crois inapplicable. Je cherche à concerter avec l'Allemagne mes efforts en vue d'empêcher cette initiative. Mais il pourrait être nécessaire de dire clairement que nous ne

considérons pas cette action comme défensive, et que par con-

séquent nous ne croyons pas que le casus fæderis existe, Je te rie de me télégraphier à Rome si tu m’approuves. » M. Giolitti répond : « Si l’Autriche agit contre la Serbie, il est évident que 1É casus fœderis n’existe pas. C’est une action w’elle entreprend pour son compte. Il ne peut être question de ones puisque personne ne songe à attaquer. [Il est nécessaire

que cela soit déclaré à l’Autriche de la façon la plus formelle.

Il est à souhaiter que les efforts de l’Allemagne dissuadent leur allié de cette périlleuse aventure. » |

Cet échange de télégrammes est des plus clairs. Il précise d’une façon indiscutable l’état d'esprit des dirigeants viennois, ainsi que l’attitude de l'Italie. C’est une répétition générale de ce qui va se passer l’année d’après. L'Italie fait savoir à l’Autriche qu’elle refuse de s’associer à toute mitiative

Page 1