FRANCE, ALL LEMAGNE ET BALKANS
périlleuse, à toute politique d’agression. Sa position est très solide, son argumentation inattaquable. | L
Il est probable et même certain que, si l'Italie avait été seule à-se mettre en travers, l'Autriche aurait passé outre. Mais elle est retenue cette fois par l’Allemagne, désireuse de ne pas s’aliéner définitivement la Roumanie, liée par une convention
militaire aux empires centraux, gouvernée par un Hohenzol-
lern. Car c'est sous l'égide de la Roumanie que la paix de Bucarest vient d’être conclue. Toute tentative autrichienne pour la démolir, ne pourrait donc laisser la Roumanie indiftérente.
Le gouvernement autrichien se voit donc contraint, en dépit qu’il en ait, de rengainer son sabre. Mais il ne songe qu'à le sortir à la première occasion, à défaire le traité de Bucarest,
auquel il ne parvient pas à se résigner, à agir contre les Serbes
et, éventuellement, contre les Russes.
Cet état d'esprit belliqueux se précise durant l'hiver et le printemps 1914.
Ainsi, — des faits innombrables le prouvent — le gouvernement autrichien évolue de plus en plus vers la guerre.
Or, juste à ce moment, une évolution identique entraîne également le gouvernement allemand. Tant que le cabinet de Berlin était là pour contenir celui de Vienne, le péril n’était pas très grand, l’Autriche ne voulant ni ne pouvant agir sans sa puissante alliée. Le jour où l'Allemagne, non seulement cesse de contenir l’Autriche, mais se met à la pousser en avant, le conflit est inévitable. La première occasion va le faire éclater.
Bibliographie. — Nippold. Le chauvinisme allemand (trad. française, 1917). — Livre jaune (sur les négociations d'Agadir). — L. Mauriac. La politique marocaine de l'Allemagne (1916). — A. Tardieu. Le mystère d'Agadir (1912) — P. Albin. Le coup d'Agadir (1912). D'Agadir à Serajevo (1915). — Caillaux. Agadir (1919). — R. Poincaré. Au service de la France (Le lendemain d'Agadir) (1926). — Kiderlen Waechter : Mémoires (1924). — Sir Thomas Barclay. Trente-cinq ans à Paris (trad française, 1915). — Baron Beyens. L’AIlemagne avant la guerre. — Nekludoff. Souvenirs diplomatiques (1920). — Baron de Schoen. Mémoires (1922). 4