‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 85 sur 112 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

garda avec soin de tomber dans ce piège. Même après que l’am-

bassadeur d'Allemagne à Paris avait demandé ses passeports, Jules Cambon télégraphiait à son gouvernement. de ne

pas l’obliger à demander les siens : « Il faut, disaitil, me lais-

ser mettre à la porte ».

Dès le dimanche 2 août, à l'aube, les troupes allemandes

envahissent le grand-duché de Luxembourg. Le ministre de France a juste le temps de se sauver en automobile. Dans la nuit du 1°’ au 2, des violations de la frontière se produisent en divers endroits, près de Cirey, à Longwy, Boron, Delle. Un caporal français, Peugeot, est tué à coups de revolver, sur

. notre lerrifoire, par un lieutenant commandant une patrouille

allemande, < Le gouvernement français se contente de protester diplomatiquement. :

Se rendant compte que la France, quoi qu’on fasse, ne pren-

dra pas l’imitiative de déclarer la guerre, le gouvernement allemand se décide à la déclarer lui-même. Le lundi 3 août seulement, il télégraphie à Schoen de remettre à dix-huit heures cette déclaration.

Le gouvernement allemand prend prétexte de prétendues violations dela neutralité de la Belgique, survolée par des aviateurs français, de bombes jetées par les aviateurs dans la région de l’Eifel, à Carlsruhe et à Nuremberg, pour se déclarer en état de guerre.

Jamais autant de mensonges n'avaient été accumulés en si peu de mots. Cette déclaration restera fameuse dans l’histoire sous le nom des bombes de Nwremberg. Personne, à commencer par les Allemands eux-mêmes, ne pouvait croire à cette fable. Elle avait été démentie d’ailleurs par le propre ministre de Prusse en Bavière. Mais il fallait bien trouver un prétexte.

Au dernier moment, à défaut de tout autre, et comme le temps pressait, on recourut à celui-là.

L'attitude de l'Angleterre.

Au sein du cabinet britannique, dès les premières heures de la crise, l'opinion est très divisée et, dans l’ensemble, contraire à une intervention. Seuls, M. Asquith, Premier Ministre, Winston Churchill, et dans une certaine mesure sir Edward Grey, penchaient en faveur d'un secours à donner à la France. Tous les autres étaient contre. Winston Churchill, doué d'un tempérament très allant, prend de lui-même la décision de

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