‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 89 sur 112 · M UE ÉL'GRANDB GUERRE · texte numérisé non relu

M UE ÉL'GRANDB GUERRE

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La proportion des réservistes, forcément moins bien entraînés, dans les corps allemands est sensiblement moindre que dans les corps français : trois cinquièmes en France dans les unités actives, deux cinquièmes en Allemagne. ; Ces diverses causes d’infériorité, en même temps que des erreurs stratégiques commises au début, expliquent les résultats nialheureux des premières batailles. Grâce à l'élasticité du tempérament français, aux qualités de débrouillage innées de la | race, elles furent assez rapidement corrigées dans la mesure du LE possible. Quelques semaines de campagne firent des unités de réserve, très inférieures au début, l'équivalent ou à peu près des corps actifs. Enfin le haut commandement fut, äprès quelques fautes mitiales, nettement supérieur du côté français. F

# ù Le plan de campagne.

L’état-major germanique ayant, depuis la conclusion de l'accord franco-russe, envisagé une guerre à conduire. sur les deux fronts, avait, sous l’influence de von Schlieffen, chef d'état-major, depuis 1891, conçu un vaste plan de débordement, consistant à passer par la Belgique, en tournant ainsi les puissantes lignes de forteresses, qui protégeaient notre frontière de l'Est; tandis que quelques corps allemands, se tenant sur la défensive, essaieraient d'arrêter tant bien que mal l’offensive russe sur le front d'Orient, la masse principale des armées germaniques devait, en tournant les défenses françaises, en atta- . quant la France par le point où elle est le plus vulnérable et le plus dépourvue de fortifications, atteindre la capitale et nous mettre en quelques semaines hors de combat. C’est done du côté du Nord, à travers la Belgique, que l'état-major germanique comptait porter son principal effort.

Ses intentions étaient connues. Un certain nombre de symptômes judiscutables, la construction de gares, de quais de débarquement dans l’Eiffel avertissaient l'état-major français de ce plan germanique. La faute commise par nous porta non point sur le principe du passage par la Belgique mais, ce qui était très important, sur ses modalités, L’état-major français. demeurait convaincu que le mouvement enveloppant de l’Allemagne ne dépasserait pas la Meuse, qu’il ne s’étendrait pas à la rive gauche de ce fleuve.

Sur quoi reposait cette conviction? Sur un calcul établissant. le nombre de divisions dont l'Allemagne pouvait dès le début disposer contre nous. Etant donné la quantité de, terrain à

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