PALEN
fectionnées, où elle n'eut pas de peine à arrêter les armées
poursuivantes. Qu’une ligne ininterrompue de fortifications rapidement édifiées, s'étendant sur des centaines de kilomètres, se prolongeant bientôt jusqu'à la mer du Nord, püût ainsi résister à toutes les attaques, contenir l’élan de l’adversaire, ce fut pour beaucoup une violente surprise, une véritable révélato ne ;
Un des chefs les plus allants de notre armée près-de qui l’auteur de ces lignes se trouvait, avait donné l'ordre, le 13 septembre, de pousser sa division, avant la nuit, de l’autre côté de Reims. Vers 10 heures du matin, comme on était arrêté depuis deux heures déjà, son officier d'ordonnance vint timidement lui dire : « Mon Général, dois-je commander iei le déjeuner? » Il se fit rabrouer d'importance : « Vous êtes fou,
répondit l’autre, nous allons déjeuner à Fismes ; quelques misé-
rables fils de fer pourraient-ils nous en empêcher? » Or, pour arriver à Fismes, il fallut plus de quatre années. |
Une nouvelle forme de guerre commence, la guerre de tranchées, qu'on a souvent opposée à la guerre de mouvement. Cette opposition n’est qu'apparente ; elle dérive d’une vision superficielle des choses. En réalité, la solidifieation du front, la guerre de tranchées ne sont, de part et d'autre, qu’une manifestation d’impuissance.
L'art de la guerre consiste avant tout à rechercher un équilibre, aussi parfait que possible, entre ces trois facteurs : le matériel, le moral et l’entraînement des troupes, l'intelligence et la valeur du commandement, Si l’un de ces facteurs manque ou se fait insuffisamment sentir, l'équilibre est rompu. Il est impossible d'arriver à aucune décision.
out de suite après la Marne, le matériel fait gravement défaut. Les deux adversaires, la France beaucoup plus encore que l'Allemagne, passent par-une crise terrible des munitions.
Chacun des belligérants essaie de combler ce vide. C’est entre eux une course, où chacun met en œuvre toutes ses ressources, toute son ingéniosité. ;
Ce n’est pas le matériel seul qui est insuffisant, mais aussi la manière de s’en servir.
IL s’agit de trouver, pour cette forme de guerre toute différente, de nouvelles méthodes stratégiques et tactiques. La solidification des fronts, leur étendue qui ne laisse aucune place pour les manœuvres d’enveloppement, posent au commandemént un problème très diffieile.
La solution qui se présente à l'esprit tout d’abord, la fameuse