‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 99 sur 112 · PES · texte numérisé non relu

PES

lu À We N À ae de te Ds

h à rh Thés

de

Ici, plus qu'en tout autre pays, en même temps que des

raisons matérielles, les « impondérables » s’exercent en faveur de l’Entente et surtout de la France.

Une longue négociation diplomatique assurait à la Roumanie la satisfaction de ses revendications nationales sur la Transylvanie, la Bukovine, le Banat. En août 1916 les Roumains entraient en guerre. à

Insuffisamment préparée au point de vue militaire, mal secondée par les Russes, leur intervention aboutit à une défaite. La Roumanie est envahie par les armées austro-allemandes et leur capitale Bucarest'occupée.

La révolution russe.

Par son régime, sa structure sociale, son organisation économique, la Russie n’était pas faite pour soutenir une guerre de longue durée. Déjà, dix ans plus tôt, la guerre russo-Japonaise, bien qu'elle se livrât au fin fond de lAsie, l’avait ébranlée jusque dans ses fondements. A plus forte raison devait-il en être ainsi lorsque la guerre se faisait sur son propre territoire.

Un souverain animé d’intentions excellentes mais d’une faiblesse incurable, soumis à l’influence toute-puissante de l'impératrice, une malade, une neurasthénique, avide de domination, s’abandonnant de plus en plus à l'emprise d’un aventurier, sorte de moine thaumaturge, moujik à demi lettré, Raspoutine.

2 Es AE CT À LAGUERRE ET LES ALLIANCES su S entre l’empereur et son peuple ; les classes diri-

anti s peu nombreuses, dépourvues de toute action ; les grands- 168 qui auraient pu intervenir (ils l'ont fait en d’autres époques

ssassinat de Paul [*), divisés entre eux, médiocres pour la upart, à l'exception de Nicolas-Nicolaievitch, l’ancien géné-

le front du Caucase. LE #4 Vers la fin de l’année 1916, au début de 1917, le tsar mani- festait de plus en plus sa faiblesse, son asservissement à l’im- RUE 6 atrice qui, entièrement dominée elle-même par Raspoutine, intervenait à tout instant dans le gouvernement, faisait-et défai- sait les ministres. Certains des grands-ducs songèrent à déposer Nicolas IL. Ce furent, ainsi qu’il arrive souvent chez les Russes, de simples velléités. RER « Les choses continuèrent à aller de mal en pis. La désorga- nisation s’aggravait. L'opinion publique était de plus en plus mécontente. Le ministère de l'Intérieur était aux mains d’un -. demi-fou, Protopopof, maintenu malgré tout par l’impératrice. = Une grève assez violente, organisée dans la capitale par les comités socialistes et révolutionnaires, se transforma, dans l’es- pace de quarante-huit heures et le plus aisément du monde, en une véritable révolution, aussitôt que les régiments de la garnison, les uns après les autres, comme une boule de neige, furent passés du côté des émeutiers.

“4 Une propagande active avait été poursuivie, depuis quelque temps, dans ces régiments qui comprenaient des milliers d'hommes et manquaient de tout cadre sérieux (la disette des … officiers sévissant à l’état aigu). Le tsar, qui se trouvait au > quartier général, fut contraint d’abdiquer. La révolution était + triomphante. Qui allait en prendre la direction ? - La Douma, les milieux parlementaires s'essayèrent à ce - rôle; ils le firent timidement, sans énergie. Leur tâche n’était pas facile; car ils ne trouvaient aucun point d’appui. La direction, le pouvoir, passèrent de plus en plus entre les mains des Soviets, les comités élus des ouvriers et des soldats, où comme toujours, les plus avancés, les plus violents imposèrent la loi aux modérés.

Avec une rapidité prodigieuse, le désordre, la confusion, Vanarchie s’introduisirent partout, dans les administrations, ? les chemins de fer, bientôt dans l’armée, où l’arrière eut vite “fait de contaminer l'avant. En l’espace de quelques mois la Russie comme force constituée, disciplinée, capablé de jouer un rôle dans le conflit, n’existait plus.

7 PONT Aa"

ssime qui avait été envoyé, presque exilé, par le tsar sur | ur.

PL re n Un s

Le coup d'Etat bolcheviste en octobre 1917, la paix séparée de Brest-Litowsk mirent le point final à cette situation.

Intervention de l'Amérique. |

C'était, pour les alliés, un . des plus rudes, sous lequel ils risquaient de succomber. Ils eurent la chance, que juste à ce moment, provoquée re les excès de la politique sous-marine des Allemands, l'Amérique entrât en guerre à leur côté. Son intervention ne devait pas tarder à compenser largement la défection de la Russie. C’est grâce à elle que l'Entente put gagner la guerre. RE:

L’état-major germanique, de même qu'il obligea fmalement À son gouvernement à déclarer la guerre en 1914, le contraignit à se Jeter dans la guerre sous-marine à outrance, ce qui devait avoir fatalement pour effet, en dépit des hésitations et des réserves du président Wilson, de ranger les Etats-Unis au côté des alliés.

Amiraux et généraux pesèrent de toutes leurs forces sur les dirigeants civils pour les convertir à la nécessité d’une guerre sous-marine, conduite sans aucun ménagement. Au conseil du * 9 janvier 1917, qui se tint sous la présidence du Kaiser, le chancelier Bethman-Holweg, bien qu'il se rendît compte des dangers de toutes sortes auxquels cette politique d'aventures risquait de conduire, finit par y donner son consentement. Le 31 janvier, une note adressée aux neutres faisait savoir que tout trafic maritime leur était interdit désormais, dans une vaste zone englobant les mers britanniques, françaises et italiennes.

. La riposte américaine ne tarda pas. Le président Wilson, pue au vif, dès le matin du 3 février, convoque au Capitole es deux Chambres et la Cour suprême, leur lit la déclaration de rupture des Etats-Unis avec l’Allemagne et fait remettre ses passeports au comte Bernstorf,

Vainement, comme en 1914, une fois leur coup de tête accompli, les dirigeants germaniques essaient-ils, par des pourparlers sinueux, par toutes sortes de manœuvres, d'en pallier les conséquences. Le président Wilson s’est maintenant trop avancé pour reculer. Il convoque le Congrès pour le 2 avril, déclare la guerre à l'Allemagne. Les États-Unis viennent, avec toutes leurs forces, au secours des alliés, à un des moments les plus critiques de la guerre, alors que les réserves

de ces derniers, militaires, navales, financières, commencçaient à s’épuiser.

GS ER A asl 4 ASE "> ET LES ALLIANCES 303

ë. ; VA. f \ , ee * 2 EN ; do > nces matérielles et morales de cette interven-

plus considérables. On peut dire qu’elle est à ce es facteurs décisifs. VERS Fe nce, en Angleterre, en Italie, les volontés qui rise fléchir se trouvent du coup ranimées. Grâce à ses ses escadres, sa flotte de commerce, ses approvisionits, ses crédits, l'Amérique donne aux alliés un appui unsi dire illimité. Ceux-ci possèdent maintenant la cer- titude que plus la guerre se prolonge et plus les ressources 4 incessamment renouvelables de l'Amérique feront sentir leur action. [ls peuvent donc envisager sans trop de crainte la pro- longation des hostilités. Les empires centraux, dont la capacité combattante s’épuise, sont obligés d’attaquer et de vaincre

ne rapidement. Les alliés, au contraire, ont tout le temps devant x | Dors

ss :

…. Bibliographie. — Livres rouges austro-hongrois sur les négocialions avec la Roumanieet avec l'Italie. — Livre verl ilalien. — Livre blanc grec. — Ray- mond Recouly. Les heures tragiques d'avant-guerre (documents inédits sur l'entrée en guerre de la Roumanie). — Take Jonesco Souvenirs. — Venizelos. … Cinq ans d'histoire grecque, 1912-1917. — G. Deville.“L'enlente, la Grèce et La Bulgarie (1919). — B. Auerbach. L’Autriche el la Hongrie pendant la querre (1925). — Lémonon L'Italie d’après guerre (1922). — A. Gorski. La Pologne et la querre 922?) — Raymond Recoulvy. M. Jonnart en Grèce el l'abdication de Constantin 198). — Prince Sixte de Bourbon. L'offre de paix séparée de … l'Autriche (1921). — A. Demblin. Czernin und die Sixlus-Affaire (1920), — . G. Alphaud. Les Elals-Unis contre l'Allemagne (1917). — Président Wilson, Messages et discours (trad. française, 1919). — Comte Bernstorf. Mes (rois - années en Amérique. — Ed. Delage. Les dessous politiques de la querre sousn marine allemande. — Amiral Scheer. Mémoires. — Mémoires d'Hindenburg … et de Ludendorf. — Lettres de l'Impératrice au Tsar Nicolas II (Ouvrage capi- — tal pour l'intelligence de ce qui s’est passé en Russie), le ‘texte original des … lettres, écrites en anglais, a été publié par les soins du gouvernement sovié- - tique, avec une traduction russe et des notes explicatives, en deux volumes, . … à Berlin (1922) (traduction française, 1924). — Journal intime de Nicolas 11

1 — Jacques Sadoul. Notes sur la révolution bolchevique (1919). — Emile Van- dervelde. Après la révolution russe (1948).

Page 1