‹ La Troisime béatitudeChapitre 13 sur 91 · Toan., XV · texte numérisé non relu

Toan., XV

amour qui doit préparer sa passion et sa mort, il l'a appelée de toute l'ardeur de ses désirs ' et il est sans repos jusqu'à ce qu'il ait reçu le baptême de sang qui doit racheter l'humanité perdue 2.

0 mon Dieu, vous qui avez révélé à la terre, à l'homme abaissé dans l'erreur, l'égoisme et la corruption, ces admirables mystères, ô Jésus, faites entendre à toutes les âmes, ces salutaires et consolantes vérités. Donnez-nous les révélations, la puissance, les transfigurations, la félicité de la douleur. Faites comprendre à toutes les épouses attristées, à toutes les mères désolées, à tous les cœurs brisés, à toutes les âmes ardentes et inquiètes, à tous ceux qui pleurent, ces paroles de votre amour et de votre miséricorde : « Venez à

1. Desiderio desideravi hocpascha manducare vobiscum. (Luc, XXII, 15.J

1. Baptismo habeo baptizari et quomodo coarctor usquc xiodu perficiatur. (Luc, XII, 50.)

60 IlEUXIÈME CONFÉRENCE

moi, vous tous qui souffrez, qui êtes accablés sous le poids de la douleuret je vous soulagerai et vous trouverez le repos de vos âmes '. »

Faites-nous souffrir sous votre regard, pleurer en baisant vos pieds sanglants, mourir dans vos bras meurtris et sur votre cœur ouvert. Accomplissez en nous pour notre salut et pour votre gloire, cette promesse que je répète en finissant, comme l'accent des divines espérances : « Bienheureux ceux qui pleurent parce qu'ils seront consolés. »

l.Matth., XI, 28.

tt

La Douleur:

les Saints, l'Eglise, le ciel et I>ieu

Mesdames,

us'uuA ce jour, nous avons considéré la douleur dans son influence sur les âmes et dans l'histoire de votre propre vie ; nous avons admiré ses révélations, sa puissance, les transiigurations qu'elle accomplit et sa félicité. Aujourd'hui je voudrais élever à des hauteurs plus resplendissantes encore vos pensées et vos espérances. Je voudrais vous montrer, à la source d'où jaillissent toutes les puissances surhumaines,

sur les sommets divins de toutes les grandeurs, et pour ainsi dire, dans la substance même de toutes les beautés surnaturelles, la douleur et les larmes. Je voudrais vous faire contempler, dans une plus parfaite lumière, l'enseignement du Sauveur afin que votre cœur fortifié par ces visions célestes accepte avec une résignation parfaite, les épreuves qui désolent votre vie. « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ». C'est une seconde histoire de la douleur que je vais vous retracer, l'histoire supérieure, merveilleuse de tout ce qu'il y a de plus beau, de plus grand dans les luttes de cette terre et même dans les splendeurs du ciel et de l'éternité.

Et d'abord, Mesdames, parmi les œuvres de Dieu, parmi ces œuvres innombrables qui noua révèlent sa bonté, qui proclament sa puissance et

qui chantent sa gloire, la plus admirable est la sainteté : « Mirabilis Deus in Sunctis suis ^ »

Que sont les merveilles de l'ordre naturel en comparaison de l'âme et du cœur d'un Saint ? Ah ! sans doute, Dieu est admirable dans la petite fleur des champs, dans le lis de la vallée ; mais il est plus admirable encore dans la modestie, dans la vertu qui se dérobent ù tous les regards, dans les parfums qui s'échappent des cœurs qu'embrase l'amour divin, dans la beauté des âmes virginales. Dieu est admirable dans l'immensité de l'océan que sa puissance a renfermé entre des barrières infranchissables, dans ces flots tour à tour calmes et reflétant toutes les clartés du ciel ou soulevés par la tempête et ébranlant les rochers du rivage ; mais il est plus admirable dans la sérénité des âmes qui reflètent toutes les lumières célestes,

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